Traduction française de A. de Wicquefort, t. I«, p
Saint-Empire Romain en Occident. C'est plus tard seulement, peut-être au temps du baron de Herberstein, que cette addition importante y fut faite.
On en fit une autre : autour de l'écusson principal, y compris celui de Moscou, on rangea encore six écussons accessoires, les armes de Novgorod, de Vladimir, de Kief, de Kasan, d'Astrakhan et de Sibérie. L/écu intérieur fut en outre entouré du collier de Tordre de Saint-André, dont l'insigne spécial (la croix de l'apôtre martyr) surmonté d'une couronne impériale repose sur la queue de l'aigle. Voici en quoi consistent ces six écussons. A la droite de celui du milieu : armes de Kief, un ange sur une colline verte; armes de Novgorod, deux ours qui s'appuient sur un siège rouge, surmonté de deux sceptres d'or; armes d'Astrakhan, une couronne d'or au-dessus d'un sabre d'argent. A la gauche de l'écusson du milieu : armes de Vladimir, un lion d'or qui tient une croix d'argent; armes de Kasan, un dragon ailé de sable (noir) avec une couronne; armes de Sibérie, deux loups tenant un arc d'or, surmonté d'une couronne et de deux flèches d'argent. 1
Le grand-sceau de l'empire est entouré des écussons de tous les principaux gouvernements, et, si nous ne nous trompons, ceux de Pologne et de Finlande y sont compris.
Telles sont les notions générales se rapportant au territoire national proprement dit, à celui de la Russie même, qu'il était essentiel de réunir d'abord. Mais à la domination russe appartiennent encore, outre l'empire avec ses possessions, plusieurs États ou fragments d'État annexés, qui n'ont pas, ou n'ont plus, d'existence à eux propre, quoique ne formant pas non plus des parties intégrantes de l'empire.
1. Une note accompagnant le texte de Strahlenberg (p. 242) mentionne encore les armes de TOukraine, un cavalier; mais cette note est pleine d'erreurs et d'inexactitudes.
Ce sont le royaume de Pologne, la grande-principauté de Finlande et plusieurs petits pays placés sous la suzeraineté ou sous le protectorat de la Russie ou même à peu près indépendants.
B. Le royaume de Pologne.
Son nom a déjà été expliqué précédemment1. Après avoir été connue d'abord sous celui de pays des Liakhs ou Lièkhs, la Pologne (Polska, dans la langue nationale; Polonia , en latin) prit, vers le XIe siècle, cette nouvelle dénomination, que l'on rencontre déjà chez Dithmar, évêque de Mersebourg de 1008 à 1018, puis chez Martin le Gaulois, historien du XIIe siècle et contemporain de Nestor. Elle lui venait des Polianes de la Vistule, appelés ainsi, selon l'opinion commune du mot polé, plaine; car ces Polianes étaient établis dans un pays plat, accidenté seulement sur quelques points par des ondulations de terrain'. Quant à la conjecture du savant Szafarzik, d'après laquelle il y aurait déjà trace du nom des Polonais dans la Géographie de Ptolémée, il nous serait difficile de la prendre au sérieux.
Dans l'historique de la formation de l'État polonais , nous serons nécessairement succinct; la nature de notre plan ne nous permettrait pas d'entrer à ce sujet dans des détails aussi étendus que ceux qu'on a trouvés plus haut sur l'élément principal de la domination russe.
Le règne de la race indigène dite des Piasts date du milieu du IXe siècle , ce qui assignerait à l'État polonais une ancienneté fort respectable, car à partir de ce moment son histoire cesse d'être fabuleuse; toutefois, elle n'est véritablement authentique que depuis Meschko ou Meczislaw (Métchislaf), qui vécut de 931 à 992 et qui commença la