‹ L'Empire des tsars au point actuel de la scienceChapitre 72 sur 367 · T. II, p · texte numérisé non relu

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î. Voir t. I" p. 124.

conversion de son peuple à la religion chrétienne. Sous son successeur Boleslaw le Grand ou le Vaillant (992-1025), on voit la Pologne déjà puissante, mais néanmoins vassale encore du Saint-Empire, sujétion à laquelle ce prince, qui s'attribua le titre de roi, finit par mettre fin.1

Il serait difficile de dire au juste quelles furent ses frontières à cette époque reculée : n'en pas avoir de fixes, ce fut pour la Pologne un mal originel, et la faute en est à la nature du pays presque autant qu'à la nation qui devait s'y constituer. Au nord, la mer Baltique formait pour elle une limite naturelle; mais si elle y atteignit au Xe siècle et au commencement du XIe, dans la suite elle s'en laissa fréquemment couper. Au sud, la Pologne s'appuyait contre les monts Karpaths, dont elle essayait déjà de suivre la chaîne, à l'est , vers la Russie , et même vers le Danube et la mer Noire. A l'ouest et à l'est, point de limite naturelle et point de démarcation politique nettement tracée : aussi ces limites ont-elles varié d'un siècle à l'autre. Dans la suite, l'Elbe marqua pendant quelque temps la frontière d'occident, puis ce fut l'Oder; mais la ligne de celle-ci fut à son tour abandonnée avec une inconcevable incurie. A l'orient, les Polonais et les Russes ne tardèrent pas à se disputer la Volynie et même Kief, ainsi que quelques autres provinces. Ces pays furent pris et repris. De là les prétentions contradictoires des deux peuples voisins et leurs interminables guerres. Bientôt Galitch vint s'interposer entre eux, et lorsque cette partie de la Russie (la Russie-Rouge) , partie devenue un royaume, grâce à l'investiture accordée par le pape à une des branches de la nombreuse descendance de Rurik, échappa à la grande-principauté de Kief, la Pologne se trouva trop faible pour l'englober directement sous sa do-

1. Rœpell, Getchichte Polens, 1. 1«, p. 135. Cf. Szafarzik, SlauHiche Alierihûmer, t. II, p. 373 etsmv.

mination. Si néanmoins elle finit par le voir soumis à sa loi, c'est à la Lithuanie qu'elle le dut, à l'intervention d'un peuple païen, à la conversion de ce peuple au christianisme et au mariage étrange d'une princesse de la maison d'Anjou , héritière du royaume, avec le grand-prince lithuanien, encore barbare. La Pologne négligea même de dompter ses plus proches voisins, les sauvages Iatchviaghs, et les Masoviensou Masoures étaient encore indépendants sous le règne de BoleslawP. Ce fait, il est vrai, s'explique en partie par le système de partage adopté par Meczislaw et pratiqué par tous les princes du nord de l'Europe ; système pernicieux , dont le génie de Boleslaw arrêta quelque temps les fâcheux effets, mais qui, sous ses successeurs, porta des fruits amers. L'unité se brisa complètement en 1139*, après que Wladislaw Herrmann eut déjà renoncé, en 1085, à son titre royal; depuis, des membres essentiels du corps politique s'en détachèrent, la guerre civile fit d'horribles ravages, et la Pologne devint le jouet de ses voisins.

Par bonheur, un grand roi, le dernier des Piasts, Casimir III (1333-1370), vint la relever, et, par un bonheur plus grand encore, la puissance voisine dont nous avons parlé, puissance beaucoup plus formidable qu'elle-même et placée sous un sceptre absolu, vint se fondre en elle. D'abord la Pologne et la Lithuanie, jusque-là hostiles l'une à l'autre, confièrent seulement leur sort aux mains des mêmes princes, qui leur appliquèrent une seule et même politique ; mais elles finirent par rendre plus étroit le lien qui les unissait, et finalement la Lithuanie fut comme absorbée par la Pologne». Grand et fort sous les Jagellons, ce royaume

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