‹ L'Empire des tsars au point actuel de la scienceChapitre 75 sur 367 · On Ta tu d'ailleurs plus haut, p. 64 et suiv · texte numérisé non relu

On Ta tu d'ailleurs plus haut, p. 64 et suiv

2 Vt millions; celle de la Prusse de 630 milles carrés, avec environ 600,000 habitants. Le second partage, concerté entre la Prusse et la Russie seulement, eut lieu en 1793; le traité que la première de ces puissances imposa à cet égard à l'infortunée République, fut signé le 3 septembre; celui que dicta la seconde l'avait été déjà le 22 juillet; la diète de Grodno fut obligée de tout ratifier. C'était encore une perte de 5,2 1 8 milles carrés ou d'environ 286,000 kilom. carrés, avec plus de 4 millions d'habitants. Là-dessus, la Russie s'adjugea 4,157 milles carrés, avec plus de 3 millions d'habitants; la Prusse n'en eut que 1,136,000 sur une étendue d'environ 1,060 milles carrés. Nous avons dit de quelle manière la Russie procéda à cette opération, dont il est impossible de nier la violence. Ce qui restait intact continua de s'appeler royaume ou république de Pologne : c'étaient encore à peu près 4,000 milles carrés ou environ 220,000 kilom. carrés, presque le double du royaume actuel, avec environ 3,200,000 habitants. Mais un troisième et dernier partage, mettant fin à cette ombre d'existence, raya entièrement la monarchie des Piasts de la carte de l'Europe. La convention définitive ne fut signée , à Saint- Pétersbourg, que le 26 janvier 1797; cependant, dès le 24 octobre 1795, un traité avait été conclu à ce sujet entre la Russie, la Prusse et l'Autriche. Cette dernière acquit une étendue de 834 milles carrés, avec 1 million d'habitants; la Prusse s'adjugea près de 1,000 milles carrés, aussi avec 1 million d'habitants, et la Russie 2,030 milles carrés, avec 1,200,000 habitants. Le roi Stanislas - Auguste abdiqua, moyennant une pension que lui fit la Russie et dont il jouit jusqu'à sa mort, qui arriva à Pétersbourg, le 12 février 1798. Les trois puissances co-partageantes prirent à leur charge les dettes de la république.

Celle-ci avait fait son temps et était morte pour toujours.

La Pologne toutefois était destinée à renaître, après douze ans d'un anéantissement complet, de 1795 à 1807.

L'empereur des Français Napoléon Ier, en vertu du traité de Tilsit (9 juillet 1807), rendit l'existence politique au moins à une partie de l'ancien royaume, sous le nom de duché de Varsovie1. La Prusse, ne conservant de l'effet des trois partages que les provinces du Nord , dut restituer la Grande-Pologne, la Masovie, la Podlakhie et la Lithuanie plus particulièrement polonaise (Augustow). L'article 15 du traité porte : a Les provinces auxquelles S. M. le roi de Prusse renonce par l'article 13, seront, à l'exception du territoire spécifié en l'article 18 (Bialystok), possédées en toute propriété et souveraineté par S. M. le roi de Saxe, sous le titre de duché de Varsovie, et régies par des constitutions qui, en assurant la liberté et les privilèges des peuples de ce duché, se concilient avec la tranquillité des États voisins. » Cette Pologne déguisée et fragmentaire, qui comptait 2,200,000 habitants sur une superficie de 1,850 milles carrés ou environ 101,500 kilom. carrés, fut divisée en six départements, ceux de Poznân, Kalisz, Ploçk, Varsovie, Lomza el Bromberg. Elle fut encore agrandie, deux ans après, par le traité de Vienne du 14 octobre 1809*, dont l'article 3 porte (au paragraphe 4) : « L'empereur d'Autriche cède et abandonne à S. M. le roi de Saxe, pour être réunis au duché de Varsovie, toute la Galicie occidentale ou Nouvelle-Galicie, un arrondissement autour de Krakovie, sur la rive droite de la Vistule, qui sera ci-après déterminé, et le cercle (district) de Zamosc, dans la Galicie orientale, etc.» De ces nouvelles acquisitions on forma les départements de Krakovie, Radom, Lublin et Siedlcé; la superficie était aug-

1. Non pas grand-duché, comme le remarque expressément Bignon, Histoire de France sous Napoléon, U X, p. 537.

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