‹ L'Empire des tsars au point actuel de la scienceChapitre 88 sur 367 · Voir t. 1", p. 130. Cf. Klaproth, ibid., p · texte numérisé non relu

Voir t. 1", p. 130. Cf. Klaproth, ibid., p

3. Voir Klaproth , ibid. , p. i 35. Ce fut le prince Valérien Zoubof qui, le premier, conquit les khanats de Chirvan , de Chéki et de Karabagh. Ils furent cédés en vertu du traité de Gulistan (voir p. 77). Mekhti-Kouli-khan s'était sauvé en Perse, en 1822. M. le baron de Haxthausen, qui nous apprend ce fait (Transkaukatia, t. Il, p. 72) , entre dans beaucoup d'autres détails au sujet du Karabagh.

le moius restreint, occupaient une superficie d'environ 1,245 milles carrés ou 68,400 kilora. carrés, avec 560,000 habitants. 1

La province d'Erivan forma aussi, jusqu'à la guerre de Perse de 1827, un khanat particulier.

Vers cette époque-là, le gouriel ou prince de Gouria, pays géorgien d'environ 36,000 habitants', lesquels sont, à ce qu'on assure, les plus beaux et les plus braves entre tous les peuples du Caucase, était encore en possession de ses droits, mais à titre de vassal de la Russie. Il résidait à Ousourghéti. C'était David, fils en bas âge de Mamia, mort en 1826, et qui était sous la régence de sa mère, la princesse Sophie, veuve de Mamia, laquelle mourut à son tour en 1829.

Les anciens éristavats*, ainsi quel'atabégat d'Akhiskhah, nommé aussi Sa-Atabago et Sémo ou Zémo-Karthli4, avaient depuis longtemps disparu : aussi est-ce seulement dans l'intérêt de l'histoire et pour faciliter l'explication des titulaires variées qu'on y rencontre, que nous évoquons ces souvenirs des temps passés. Ils se rapportent aux traditions d'im ancien empire chrétien, digne de toute notre attention, et sur Thistoire duquel Klaproth, Dubois de Montpéreux et M. Brosset ont répandu beaucoup de jour. Voici quelques faits que

1. On en a vu le détail plus haut, p. 78. Sur sa population, on peut consulter Kœppen, Gesammtbevôlkerung , p. 195 et 196.

2. Voir t. II, p. 671; Eichwald, t. Il, p. 302 et suiv.; Kbiproth, loc. cit., p. 133 et 162. Dans Koch, Reise, t. II, p. 229, on trouve un aperçu de l'histoire du Gouria. Voir aussi Gamba, t. Ier, p. 121.

3. Voir Koch, Reise, t. II, p. 241. Dans ce passage, M. Koch parle de l'éri;tafde Radjaou Ratcha d'Aragvi et de Ksân, au centre du Caucase (chef- lieu Ananour), pays entre la chaîne du Caucase et lïméreth. Cf. ibid., p. 124 et suiv. Reineggs (t. H, p. 6) parle, de son côté, des éristafs de I'Abazie. Sur la famille des princes Eristaf, voir Haxthausen, Transkaukasia , t. II, p. 2.

4. Klaproth, loc. cit., p. 157. M. Brosset donne la liste complète des atabegs d'Akhallsikh, dans sou Explication de diverses inscriptions géorgiennes, etc., p. 62.

nous empruntons au second de ces savants caucasologues (que Ton nous passe cette expression un peu barbare)1. «Les rois d'Abkbasie (Avkhasie) et de Karthli, à l'époque de leur grande puissance (dans le XIVe siècle), avaient partagé leurs Etats en grandes satrapies (!) , qu'ils avaient confiées aux plus hauts dignitaires de leur cour. Le Sa- Atabago (Akhaltsikh) avait été le partage du gouverneur des enfants du roi; l'Egrissi , aujourd'hui Mingrélie, fut celui du grand-échanson, dadian en géorgien1. Ces gouvernements n'étaient point héréditaires, mais ils le devinrent bientôt par l'habitude qu'avaient les rois de nommer le fils pour succéder au père. » Et de même qu'il y avait alors des atabegs, des dadians, il y avait aussi des mthavari, des éristafs, des bedielou bediàn, des gouriels, etc. Au premier des savants ci-dessus, àKlaproth, nous empruntons en outre le renseignement historique que voici. Sous le gouvernement du roi George VIII (? au commencement du XVIe siècle), l'atabeg Kvarkar, homme profondément astucieux qui était parvenu, à force d'intrigues, à circonvenir le monarque, persuada nombre de princes voisins de se révolter, leur donnant l'assurance qu'il ne prêterait aucun secours à son bienfaiteur. Ce complot réussit, et Kvarkar parvint à s'affranchir avec les autres. Le royaume de Géorgie fut alors divisé en trois parts, le Karthli, le Kakheth et Hméreth, et en cinq principautés, le Sa-Atabago, la Mingrélie, le Gouria, l'Avkhasie et le Soanethi. Tous les efforts de George VIII, pour réunir à lui les parties ainsi démembrées de son royaume, échouèrent contre la résistance qu'on lui opposa de l'intérieur

Voici maintenant une note relative aux khanats tatars ou

\. Dubois, Voyage autour du Caucase, t. III, p. 25. 2. Suivant Reineggs, t. II, p. 25. Chardin, Voy. en Perse,!, p. 99, affirme au conti aireque dadian signifie grand -justicier. Voir Bi ossct, Explication, elc. , p. 81 .

persans, qui nous paraît également propre à jeter quelque lumière sur leur origine ou leur histoire en général.

Depuis le Ve siècle, le Karabagh forma avec le Chirvan et d'autres districts voisins un royaume soumis au padischah d'Iran (de Perse). Les rois, qui s'appelaient successivement roi de Sisagan, d'Aguan et d'Albanie, avaient leur résidence à Kaïatsakh ou Gandja, aujourd'hui Iélisavethpol. Ils eurent ensuite leur siège à Berda, puis dans le bourg de Boïat, et, dans le XVIIIe siècle seulement, d'abord dans la forteresse de Chah-Boulakh fondée par Nadir-Chah, et ensuite à Choucha, d'une origine plus récente (mais qu'on a pu appeler, à raison de son site et de ses fortifications, le Gibraltar de cette contrée).

3° La Montagne ou les peuples caucasiens encore

indépendants.

Nous avons dit plus haut1 qu'ils occupent au total une étendue de 1,992 milles carrés ou 109,280 kilom. carrés, renfermant une population d'environ 1 y. million; de plus, nous les avons passés en revue soigneusement, et c'est à eux que se rapportent la plupart des principautés et des communautés libres dont nous avons fait mention ci-dessus. Il ne resterait donc à ajouter que les détails qui appartiennent soit à l'histoire, soit à la topographie. Comme, toutefois, cette dernière est réservée pour un des volumes suivants, nous pouvons la passer ici, de même que la nomenclature détaillée qu'on nous donne dans certains mémoires spéciaux5, mais qui serait peut-être trop fatigante pour nos lecteurs. Quanta l'histoire du Caucase et de la guerre d'indépendance que cette

1. Voir p. 20, et t. II, p. 130. — On trouve sur ces peuples de la Suisse caucasienne des détails très-étendus, t. II, p. 657 et suiv.

2. Kœppen, Gesammlbevôlkerung , p. 144-150, et 179; Berger, chez Petermann, 1860, p. 9-10, et p. 165-184.

région a soutenue contre les Russes, surtout de 1833 à 1862, l'espace nous manque ici pour la raconter.1

Après les pays caucasiens simplement vassaux de la Russie ou placés sous son protectorat, nous devons nous occuper encore d'une autre classe de pays soumis à un régime analogue. C'est ce que nous ferons succinctement dans le paragraphe suivant.

b. Pays de la steppe.

On a vu quel espace immense est occupé , dans la domination russe, par les peuples nomades, notamment par les Kirghises et par les tribus diverses de la race mongole, Kalmuks, Khalkas, Dzoungars, etc. Ces peuples ne sont pas en réalité plus complètement subjugués que les montagnards du Caucase; leur soumission, du moins en ce qui concerne un certain nombre de leurs tribus, est plus nominale que réelle, ou, s'ils sont véritablement tributaires , ils se regardent pourtant plutôt comme des protégés que comme des sujets du tsar.

Les Kirghises, en particulier, sont répandus sur une superficie d'environ 36,500 milles carrés ou 2 millions de kilom. carrés, ce qui approche de la moitié de l'étendue de toute la Russie d'Europe. Le nombre de ces enfants du désert, cependant , ne paraît pas atteindre le chiffre 1,300,000*. Ils ne payent point tribut à la puissance suzeraine. Nous avons dit qu'ils sont divisés en trois hordes (ordou), sans compter celle du gouvernement d'Astrakhan, et que ces hordes ont conservé leurs sultans particuliers. Le moins indépendant de ces chefs est celui de la horde intérieure,

1. On en trouvera les éléments dans les ouvrages cités t. II, p. 658, note 3 , et p. 659 , note 2 , ouvrages auxquels on peut ajouter Transkaukasia du baron de Haxthausen, t. II, p. 130 et suîv.

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