Voir plus haut, p
aspect général; orographie.
Baschkirs, à demi-nomades, font paître leurs troupeaux sur les bords des rivières et dans les vallées qu’ elles arrosent.
L’Obchtchéi-Syrt ou la Montagne commune. On peut également le regarder comme un rameau de la grande chaîne méridienne dont nous venons de nous occuper, et c’est de la branche occidentale de l’Oural méridional qu’il se détache pour s’avancer, parallèlement au fleuve Oural, du gouvernement d’Orenbourg dans celui de Samara, et arriver jusque sur les bords du Volga, entre Saratof et Kamvchinc, villes qui toutefois sont situées sur la rive opposée du fleuve. Il ne faut pas confondre la Samara avec la Sakmara, celle-ci affluent de l’Oural, descendu des monts du même nom, celle-là affluent du Volga, ayant sa source dans l’Obchtchéi - Syrt même. Le confluent de la Sakmara avec l’Oural est trèsvoisin des sources de la Samara, et c’est un peu plus au nord que la chaîne peu apparente dont nous parlons prend son origine. «Ces montagnes, dit Pallas', commencent par de petites collines qui s’élèvent peu à peu et deviennent plus considérables vers le Iaïk (Oural).» Sur le Volga, au nord de Kamychine , elles se perdent, à moins qu’on ne veuille regarder comme en étant la continuation , les hauteurs qui, sur la rive droite du Volga, longent le fleuve, et, le quittant au sud de Tsaritsyne, s’avancent dans la steppe des Kalmuks du gouvernement d’Astrakhan sous les noms de Monts Irghen ou de Coteaux de la Sarpa ( Hippici montes des anciens). A l’est de Tsaritsyne et du Volga, les hauteurs recommencent aussi sur la rive gauche du fleuve , qu’elles accompagnent jusque vers son embouchure, en se répandant même à l’orient jusqu’aux Rynpeski (Rhymmici montes des anciens’), hauteurs qui n’ont pas plus de trois à six mètres
1. T. I, p. 345. Voir aussi le passage cité plus haut, p. 186.
2. Voir la noto 1 de la page 1 45 ; de plus, Mannert (t. IV, p. 484), qui, d'après Ptolémée (VI, 14). écrit monts Rijmniiquet (ri Pupquxà), fleuve Itymmut.
d’élévation, qui se composent d’un sable jaunâtre, fin et léger, et par lesquelles la steppe des Kirghises, sur les confins des gouvernements d’Astrakhan et d’Orenbourg, est faiblement accidentée *. C’est aux hauteurs de la rive gauche du Volga que semble se rattacher le mont Bogdo, dont nous dirons tout à l’heure quelques mots.
Pour le moment, revenons à l’Obchtchéï-Svrt. Il forme, si on le prend dans toute l’étendue que nous venons d’indiquer, depuis les sources de la Samara jusqu’à celles de la Sarpa, un arc de cercle ouvert du côté de la mer Caspienne, au nord-ouest, mais encore à une assez grande distance de cette vaste nappe d’eau; arc de cercle auquel M. Müller donne une longueur de plus de 150 milles d’AH. ou 1100 kilomètres. Cet érudit lui assigne un rôle fort important. «Au sud de cette montagne de la steppe , dit-il *, se montre tout à coup une transformation notable du terroir et de la végétation. La steppe, qui ici est tout à fait ouverte et qui, à mesure qu’elle s’élargit, devient toujours plus plate, n’offre plus , si ce n’est dans quelques fonds et dans la vallée riche en herbes et en buissons du fleuve Oural , de couche supérieure de terreau noir’; on ne voit plus ici, dit Pallas , qu’une terre glaise jaunâtre mêlée de sable dans laquelle on ne trouve pas trace de cailloux ni de pierres. Cette nature du terroir règne dans toute la plaine au sud, des deux côtés du Iaïk; et en faisant des fouilles, on n’en trouve pas
.Nous n'avons pas trouve ccs noms, pas plus que celui de Uippici moules, dans la Géographie ancienne de M. Forbiger.
1. Voir dans l’Atlas du Voyage de M. Gœbel la carte intitulée IHe Kirgisentleppe swischen der W'olga und dem (Irai. — Sur les hauteurs de la rive droite, voir I.épéldnne, Tagebtich. etc., t I, p. 247 ; Erdmann, Beitràge, etc., t. 11 ,
3. Il faut savoir que le tchemoiem , dont nous avons parlêp. 128, se retrouve même dans la chaîne de l'Oural. Voir Murchison , p. 431.
d’autre jusqu’à la profondeur de plusieurs toises Toute
la brûlante steppe, qui s’élève partout de trois à quatre toises au-dessus du Ia'ik, a des éléments salins. Ceci, joint à la chaleur, augmentée encore par la couleur du terroir, a une influence essentielle sur la végétation : ici commence la flore saline. Ainsi, cette montagne de la steppe entre la Samara et le Iaïk , sépare naturellement, comme par une ligne de démarcation , le territoire septentrional, entrecoupé de collines, fertile, avec une végétation tout européenne , elle le sépare , disons-nous , de la steppe asiatique. Du côté du sud-est, le manque de bois se fait sentir partout et fait contraste avec les richesses forestières, en chênes, bouleaux et tilleuls, du côté du nord-ouest de cette croupe, près des affluents de la Kama et du Volga.» Ajoutons, avec Pallas, qu’on ne trouve plus ici des tombes des temps anciens, mais un grand nombre de petits amoncellements de terre que les marmottes élèvent devant leurs terriers.
Quant au Bogdo ou Bogda1 dont nous avons déjà fait mention , il faut faire la distinction entre le grand et le petit. Tous les deux sont au nord-ouest du gouvernement d’Astrakhan, vers celui de Samara et le lac lelton; mais le petit, éloigné du grand vers le nord , est plus rapproché des confins des deux gouvernements, et par conséquent aussi plus près du fameux lac salin. Le grand Bogdo, situé à environ GO vcrstes au nord-est de la petite ville de Vladimirofka , sur la rive gauche du Volga, s’élève, suivant le professeur Gœbel, de 103 toises et demi, ou de plus de 200 mètres au-dessus
1. Chez les K.ilrnuks, flogdo-oula , l'illustre, peut-être la Sainte montagne. liogdn signifie sublime, illustre ; on dit bogdo khan, comme on dit Sublime-Porte. Voir notre ouvrage, La llutsie, la Pologne et la Finlande, p. (Kl 2 ; l’allas, t. V, p. 3-41-349; Erdmann, Beitràge, t. Il, p. 110, 113-149; G. Rose, lleite, I. H, p. 224 et suiv. ; Gœbcl, Reise, t. 1, p. 201 et suiv., t. Il, p. 184; Murebison, p. 210; Atlas do Pallas et de Gœbel : dans le dernier, le Bogdo est représenté sous deux aspects différents.
du niveau de la mer Caspienne: c’est à peine une hauteur, et néanmoins il est le géant de la steppe , dont les habitants , habitués à la vue de déserts uniformes à perte de vue, le regardent comme une merveille. H leur sert de mesure et de point de comparaison. ^Lorsque l’on arrive par l’ouest, dit Pallas, qui a trois fois visité cette contrée, par la steppe nue que l’on est obligé de traverser, cette montagne paraît, dans le lointain, ne former qu’une seule bosse allongée qui a une cime élevée au nord, mais qui est plus basse au sud et se termine en talus. C'est à cause de sa conformation et de son apparence que les Kalmuks la comparent à un lion couché et lui donnent par rapport à cela le surnom d’.drslân oula, Montagne du lion. La bosse de cette montagne ne file pas en ligne directe : elle décrit au contraire une courbe du nord-ouest au sud-est, en longeant une autre cime plus élevée, et va aboutir à l’ouest. Elle forme par son talus, qui est au nord , et qui va en pente douce, une espèce de chaudron, qui s’ouvre au nord-ouest et aboutit au fond dont nous avons parlé. C’est là que se rassemblent toutes les eaux de pluie. La portion de cette bosse qui fait face à l’est et au sud, a, dans la courbe qu’elle décrit, sept à huit verstes d’étendue.» Le Bogdo se compose de grès rouge recouvert de calcaire; sa llore et sa faune, dit M. Murchison, sont remarquables : on peut s’en assurer en lisant les détails que donnent Pallas et M. Gœbel. Les géologues trouvent ici des pétrifications d’un grand intérêt : aussi L. de Buch regardet-il ces éminences comme appartenant au calcaire conchylien / Muschelkalk ). M. Murchison, d’accord avec ce savant, en suppose la formation plus récente que celle du bassin permien , et plus ancienne que le terrain jurassique.
Le petit Bogdo , qui est éloigné du grand Bogdo de vingt verstes vers le nord-est, ne parait pas avoir quarante mètres de haut, mais il est plus étendu. Une autre colline, ou plutôt
aspect général; orographie.
une guirlande de collines de sel gemme qui s’élève isolément dans la steppe , à environ 80 verstes au nord-est du grand Bogdo, est le Tchaptchatchi, chaîne d’éminences qui a été visitée et décrite par M. Gœbel Une autre encore , l’Arzargar ou Bitchok, composée de 50 à 70 monticules de gypse , a été décrite par le même voyageur. Tout à l’entour de ces hauteurs de la steppe sont des sources et des lacs salins.
Sur la rive gauche du fleuve Oural, un peu au sud-est de Kalmykova , sont les éminences formées de rochers de gypse connues sous le nom un peu emphatique de montagnes d’Indersk, hautes seulement de 30 à 40 mètres. Elles entourent au nord le lac salé du mêrne nom, qui a 50 verstes de circuit et près duquel se trouve le petit fort en bois d’Indersk ’, qui fait partie de la ligne destinée à tenir en respect les peuples nomades.
Monts Oiirkatcii et Mougod-iar. C’est un dernier chaînon de la vaste chaîne de l’Oural, chaînon qui s’étend au nord du plateau de l’Oust-Ourt , jusqu’au fleuve Oural , et fournirait, selon M. de Humboldt*, le vrai commencement de la chaîne méridienne que nous venons de décrire en détail. Nous nous servirons des propres termes de ce prince des voyageurs pour le caractériser. «Du plateau de l’Oust-Ourt, dit-il, dont nous avons cru devoir fixer l’axe central par les 54? 25' de longitude, part une rangée continue de collines vers le N. N. E. Elles bordent les steppes salées de l’Emba , prennent d’abord le nom de montagnes ou escarpements de Tchin (Tchink des Kirghises), puis, jusqu’au 48° 50' (de lat.), point marqué par la colline à double sommet d’Airough-