I. Voiç plus haut, p
ASPECT GÉNÉRAL ; OROGRAPHIE
lisent pour faire passer le voyageur d’un point échauffé par le doux soleil du midi dans la région des glaces éternelles'! »
Dans les contre-forts qui s’avancent de l’Elbrouz vers le nord , la Kounia et son affluent , la Podkouma , puis la Malka et plusieurs autres affluents du Térek , ont leur source du côté de l'est; ils en séparent le bassin de celui du Kouban , fleuve qui longe ces mêmes contre-forts dans une assez grande étendue. De la chaîne même , dans cette section, sortent, outre le Térek, le Rion , le Ralchistsquali, le Kvirili et l’Aragvi, tous affluents du Kour.
Telles sont les deux sections du Caucase qui en forment la partie occidentale, d'Anapa à Vladikavkaz. La partie orientale est séparée de celle-ci par la vallée du Térek, où passe la route militaire russe. Comme cette route concourt de sa part à déterminer la physionomie de toute celte vaste région montagneuse , nous croyons devoir la décrire ici. Elle a été nivelée baromélriquement , et l’on peut voir l’altitude de ses différents points dans l’un des ouvrages du savant Klaproth. '
Le point de départ est, comme on l’a déjà vu plus liaut, Iékatérinograd , un peu à l’ouest de Mozdok : de là à Vladikavkaz, forteresse et ville qui doit son existence au prince Potemkine, il y a 105 verstes. Vladikavkaz, dont le nom signifie Dompte-Caucase, est encore dans la plaine, qui se termine ici. Située surtout sur la rive droite du Térek supérieur, cette ville, déjà assez florissante et habitée, outre les Russes, par les Ossètes et les Ingouches, s’étend aussi sur la rive gauche de ce torrent, qui sépare les deux
I ! Tablent t du Cancane, |i. -12. — Voir, eu outre, le Voyage au mont Caucase, du même auteur, t. 1, p. 391 PI suiv. ; Cli. Kooh, Heine nach dem kaukasischen Isthmu* , l. II, p. 1 et suiv. ; Parrot, Heine mm Ararat, t. I, p. 25 et suiv.; Moritz Wagner, Dec Kattkantis , etc.
peuples caucasiques dont on vient de lire les noms, et qui, en dignes voisins, se détestent cordialement. C’est du côté gauche, sur la rive droite du Térek, que s’élève la première montagne de la chaîne proprement dite, l’il , masse de calcaire ombragée de forêts d'un épais feuillage; -le côté droit reste encore quelque temps ouvert. La roule qui, à partir de là, suit le torrent sur sa rive droite, a été rendue praticable aux voitures, par le gouvernement russe, au moyen de grands sacrilices. Encore ne l’est-elle pas en tout temps : car, s’il faut en croire là-dessus M. Koch, de sept ans en sept ans, des éboulements de neige, descendus du Kazbek, l’encombrent au point d’intercepter le passage, et, au moment de la fonte des neiges, le Térek, gonflé outre mesure par le tribut que lui apportent d’innombrables torrents des montagnes, submerge tout, et roule, dans son élan sauvage, d’immenses blocs de rochers hors de son lit , de manière à couper les communications. Des accidents arrivent en toute saison , et le voyage , quoique aujourd'hui à l’abri des violences et des rapines de montagnards hostiles, n’est jamais sans quelques difficultés sérieuses.
De Yladikavkaz à Tiflis, il y a près de 180 versles; jusqu'à Kobi , au pied de la montagne de la Croix , il y en a 70. Déjà aux environs de Dalla , qui est le premier relais après Yladikavkaz, on se trouve dans une nature sauvage, entouré de gorges et de précipices, au milieu d’une végétation appauvrie et bien différente de ces magniliques forêts , si impénétrables que le gouvernement russe s’est vu obligé d’y faire porter la cognée par des bataillons entiers. Un peu plus loin , la vallée est si étroite qu’il a fallu tailler la route dans le rocher. A Lars , village ingouche , on est au pied de l’extrémité nord du groupe du Kazbek , et la route devient de plus en plus pénible jusqu’à Oariel ou Dariela, petit fort autrefois plus important ; car , dit Klaproth , lors-
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qu’on établit la route militaire , on fit sauter une partie du rocher sur lequel il était situé, dans une position trèsavantageuse. La cascade du Karakhy, qui est auprès, a rappelé à M. Koch le délicieux Gicsbach du lac de Brientz. <t La vallée , continue Klaproth ', n’a , en cet endroit , que (JO archines (un peu plus de 40 mètres) de largeur; elle est bordée, de chaque côté, de hautes montagnes trèsescarpées. On voyait autrefois, du côté de l’ouest, les restes d’un mur transversal qui la fermait; du côté de l’est, on avait pratiqué une espèce d’escalier, taillé dans le rocher pour aller chercher de l’eau dans la rivière ; et au-dessous de la forteresse, on voyait encore des traces de jardins et de vergers, quoique le pays fût abandonné depuis trèslongtemps.» Est -ce dans le mur transversal dont il est parlé dans ce passage, qu’était pratiquée la laineuse Porte caucasienne, appelée aussi Porte sarmalique parce qu’elle menait de l lbérie et de l’Albanie des anciens dans le pays des Sarmates , et même quelquefois , selon Mannert , Porte Caspienne , parce que, dit l’érudit allemand5, les montagnards à l’entour étaient connus sous le nom de Caspii, et le pays même sous celui de Caspianaf ou bien cette
1. Voyage au Caucase, t. I, p. 460. — Une belle vue de celle contrée se trouve dans le Voyage aux Indes onenlales pendant les années 1825 à 1829 , par M. Charles Bélanger.