Voir Ch. Hitler, l. X, p. 376, 399, 463, 512 et
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et des points escarpés , qui , vus du sommet de l’Ararath , semblent former le bord d’une excavation semblable à un cratère.
Avant de quitter le Caucase inférieur , disons encore que les montagnes de Bambak s’étendent , en contournant le lac de Sévanga ou Goktchaï , très-loin vers l’est et le sudest , entre le district d’iélisavethpol ou Gandja et l’Arménie russe, transformée aujourd’hui en gouvernement d’Erivân. Le district d’iélisavethpol , qui nous est décrit par Gamba ' comme une plaine vaste et aride, en est accidenté dans sa partie la plus méridionale. Le nord de l’ancienne province de Nakhitchévân et la partie occidentale de celle de Karabagh le sont bien plus encore. Un des noms les plus connus de cette chaîne est précisément celui de monts du Karabagh , qu’elle prend déjà près du lac, et que néanmoins elle parait emprunter à cette dernière province , anciennement persane , en partie habitée par les Kourdes, et dont la principale ville est Ckoucha*. D’après la grande carte du général Khatof, elle reprendrait, dans le nord-est du district de Nakhitchévân , le nom de monts Alaghœz, puis celui de Migri, etc. ; les détails nous manquent sur ces ramifications.
Le Kour et l’Araxe, dont ces chaînes entourent les bassins, ont, comme on l’a déjà vu, et comme on le verra dans la suite plus en détail , leurs sources en dehors d’elles dans le Taurus septentrional; mais plusieurs de leurs affluents sortent de ces mêmes chaînes, notamment l’Arpatchaï, l’Abarân et la Zanga, affluents de l’Araxe; la Dalka, le Bambak et autres affluents du Kour; puis quelques affluents de gauche du Rioh , comme la Kviala et le Kliami.
1. T. Il, p. 217 et suiv. — Sur ces montagnes, voir Eichwald, t. H, p. 500 et 519, et Dubois, t. IV, p. 38.
2. Voir sur elle et sur tout l’ancien klianal de Karabagh, Dubois, t. IV', p. 73
et suiv. ' . ,
ASPECT GÉN'finAL ; OROGRAPHIE. 2Ô9
Orographie de la Riuüe d'Asie.
La chaîne principale du Caucase nous a déjà introduits dans cette autre partie du monde , et le Caucase inférieur y appartient tout entier. Cette chaîne secondaire nous a menés vers le Taurus septentrional, où nous devons nous arrêter, quant à ce côté-ci, pour ensuite pénétrer dans l’intérieur de l’Asie plus au nord-est , depuis la chaîne de l’Oural.
Mont Araratii. Dès que l’on a quitté le monastère d’Etchmiadzine, siège du patriarche arménien, on a devant soi, à l’autre bout d’une immense plaine, l’Araralh, le saint mont , à la vue duquel les fidèles se découvrent avec respect; car là, selon la tradition, s’arrêta l’arche de Noé; l’Éternel avait choisi ce sommet pour en faire le point de départ d’un genre humain nouveau. Aussi les Arméniens le regardent-ils non-seulement comme le centre de leur pays , mais comme le vrai milieu de la terre. 11 est à 220 verstes de Tiflis , et à une distance à peu près égale d’Erzeroum (Arz-Roum, Arx Romanorum) , précisément au point où, sous 39° 42’ de lat. N. , et 41" 57 ’ de long. or. , la Russie, la Turquie et la Perse se touchent. La Genèse' l’a désigné sous le nom du pays où il se trouve , mont de l’ Ararath (omx -nn ??) ; nom vénérable, puisqu’il est un des plus anciens de l’histoire, mais inconnu aujourd’hui aux habitants d’alentour , qui appellent cette montagne Macis, tandis que les Turcs la désignent sous le nom d’ Agri-daglt (Montagne à pic).
Nous la décrirons d’après Parrot. 1
t . Vlll , 1. Pour le commentaire , on peut voir Rosenmüller, Handbuch der bibtuchen Allrrthumskundr , t. I, p. 256 et suiv. M. Ch. Ritter rappelle toutes les traditions historiques au sujet de l'Ararath, et recherche l'étymologie de ce nom (Géographie, t. X, p. 356 et suiv.). Parrot avait déjà donné les mêmes renseignements, t. t, p. 117 et suiv.
2. Outre les dessins que ce voyageuren a donnés (dont l'un avec le couvent de Saint-Jacques), nous avons sous les veux celui du Voyage (Travels in Genrgia
Au bord méridional du plateau de l’Araxe, vaste plaine sans arbres , d'environ cent verstes de long sur cinquante de large, s’élève, presque isolée et, dans tous les cas, sans rivaux autour d’elle , une masse montagneuse , surmontée de deux cônes d’inégale grandeur , l’un couvert de neiges éternelles , l’autre quelquefois débarrassé de cette couverture pendant les chaleurs de l’été. Ce groupe, c’est le Grand et le Petit Ararath , le premier au nord-ouest du second , laissant entre son sommet et le sien propre un intervalle de dix verstes et demie, en ligne droite. Leurs bases viennent se confondre , par des pentes insensibles , dans une large vallée, autrefois fréquentée par les Kourdes, qui, dans leurs habitudes de brigandages, en avaient fait un de leurs repaires , aujourd’hui abandonné à de paisibles pâtres arméniens, qui gardent leurs troupeaux dans les pâturages dont ces pentes sont couvertes.
Incomparablement plus élevé que son voisin , le Grand Ararath, mesuré par une ligne perpendiculaire, a une hauteur de 5,400 mètres environ au-dessus du niveau de la mer 1 ; on peut estimer à trente verstes la longueur de sa pente du côté du nord-ouest, et à vingt, celle du versant du côté du nord-est. Sur cette dernière pente on remarque, déjà à une
Peisia , Anncnia , elc., during Ihe gears 1SI7 , 1818, 1819 ami 1890. Lond., 1822, 2 vol. ii]-8°) de sir Robert Kcr Porter, et celui de Dubois de Montpéreux. Toutes ces vues sont prises du colé du nord, de même que celles qu'ont données Chardin, Tournefort, William Ouseley et M. Maschkof. Morier a dessiné l'Ararath du côté do l’est. Voir sur tout cela Parrot, Reise ium Araral, t. I, p. 121 et suiv., et aussi Roscnmfdler, Bibiische Aller Ihumskunde . t. I, p. 257 et suiv. — Dans les Voyage a en Moscovie (tCÏO) de Jean Struys, I. Il, p. 99, on trouve aussi un dessin, où l'arche de Noé est figurée au sommet de, la montagne; son traducteur français écrit comme noms le nom, Ararath. Il dit déjà de cette montagne : « Les Arméniens l’appellent Messine ( Macis), et les Persans A/jri. •
I. Exactement, suiiant Parrot, 16,254 pieds de Paris, ou prés de 5 verstes au-dessus du niveau de la mer, et 13,530 pieds de Paris, ou un peu plus dp quatre verstes, au-dessus de la plaine de l'Araxc.
ASPECT GÉNÉRAL ; OROGRAPHIE
très-grande distance , un gouffre noir et profond , qu’on a comparé à un cratère éteint, mais qui ressemble plutôt à une immense crevasse, comme si le sommet s’était un jour fendu du haut en bas. Son front, meurtri par le tremblement de terre du 20 juin 1840', par conséquent postérieur de plusieurs années au voyage de Parrot, et qui en a détaché des masses de rocher assez grandes pour engloutir des villages entiers, présente un magnifique dôme de neige. Ce dôme blanc, moucheté seulement de quelques pointes ou dentelures, a, en ligne droite, une verste de hauteur, et, en tenant compte de son obliquité, quatre verstes; il repose sur une base noirâtre qui compte encore 3,300 mètres d’élévation.
Le Petit Ararath n’a que 12,284 pieds de Paris, ou trois verstes trois quarts, au-dessus du niveau de la mer, et 9,561 pieds de Paris, ou presque trois verstes, au-dessus de la plaine de l’Araxe; le géant voisin le dépasse donc de 1,330 mètres : aussi la neige, comme nous l’avons dit, n’estelle pas en permanence sur le Petit Ararath. S’élevant plus rapidement et plus à pic , il forme un cône plus régulier , raviné toutefois ou labouré de cannelures , de manière à offrir un aspect à la fuis attrayant et curieux.
Tous les voyageurs, à l’exception de Tournefort, ont parlé avec extase de l'aspect imposant de ce groupe*. L’Ararath parait déjà bien colossal depuis le couvent d’Elclnniadzine et au pied de la gorge de Saint-Jacques, mais il fait cet effet à un bien plus haut degré encore, vu depuis le plateau d’Alischgerth , aux environs d’Erzeroum , où la route s’élève
t. Ritter, t. X, p. 500 — M. Maurice Wagner, flans la partie fie scs pérégrinations en Orient, intitulée Heise mm Ararat, nous a appris encore depuis diverses particularités curieuses.
2. Voir dans Rosenmûiler, Bihluche Atterthumskuiulr , l. I, p.' 257 et suiv., les descriptions de Ker-Porler et de Marier.
jusqu’à 2,250 mètres au-dessus du niveau de la mer, et où cependant on est à trente lieues de distance Là vous apparaît, par une belle journée , une énorme pyramide de neige dont l’éclat argentin tranche sur l’azur d’un ciel le plus souvent pur. A côté de lui, on aperçoit une autre pointe blanche, qui est le Petit Ararath.
Quoique rien ne confirme ce fait allégué par Reineggs * que « le gouffre épouvantable de cette montagne , que personne ne regarde sans frissonner,» a vomi de la fumée et du feu le 13 janvier et le 22 février 1785 , l’Ararath est de nature toute volcanique et couvert de coulées de lave. Les scories alternent avec la lave et le trachyte , et le porphyre perce presque partout. Les débris y sont amoncelés du haut en bas’.
Depuis les temps du déluge jusqu’au XIXe siècle, personne n’a osé entreprendre l’ascension de la montagne sainte. Un préjugé religieux, qui avait la force d’un dogme, s’y opposait chez les Arméniens. Ils croyaient, et croient encore , que l’arche de Noé était restée intacte sur le som-
1 . Sur la route d'Erzeroum à l'Ararath, enlre cette ville et Diadine, qui domine l’entrée du plateau du côté de la vallée du Mourad, un des bras de l'Euphrate, est le fameux couvent d'Outcb-Kilissa (Trois Églises en turc), en arménien Sourp Ohanncs (Saint-Jean), lieu de pèlerinage célèbre et révéré presque a l'égal d'Etchmiadzine, qui s'appelle aussi Outch-Kilissa et avec lequel il ne faut pas le confondre. Ce dernier Outcb-Kilissa n'est pas sans jalousie à l'égard de l'autre, parce que celui-ci renferme, assure-t-on, les ossements de l’apôtre Saint-Jean. A Etchmiadzine, on conserve seulement ceux de saint Grégoire le Grand ou l’Illuminé. Voir Ritter, Géographie, t. X, p. 350. — Une route militaire conduit aussi de Bayazod à l'Ararath et jusqu'à Erivàn. On connaît le site remarquable de la première de ces forteresses, chef- lieu d'un des pachaliks turcs limitrophes. Bavazed est à trente vendes vers le sud de l'Ararath, sur un plateau élevé. Là sont, dans l'Ala-dagh, les sources de l’Euphrate oriental. Voir Ritter, Géographie, t. X, p. 339 etsuiv. , et Voyage du général Mac-Intosh, dans le Recueil de M. Koch, p. 232.