Beschreibung des Kaukasus , t. I, p
3. Voir sur ce point et sur la flore de l'Ararath, Ritter, t. X, p. 396 et suiv.
aspect général; orographie.
met, et que, pour la préserver de destruction, Dieu avait défendu qu’on en approchât. Cette croyance repose sur une légende relative à un moine parent et contemporain de saint Grégoire, qui par piété, avait voulu monter sur le sommet, mais avait été arrêté en roule par Dieu même. Un sommeil de plomb, durant lequel il redescendait tout l’espace qu’il venait de parcourir péniblement, tombait sur lui par intervalles; et, à la fin, Dieu, ayant pitié de ses efforts infructueux, lui envoya un ange qui, pendant qu’il dormait ainsi, vint lui dire que le haut de la montagne était inaccessible , mais que, pour le récompenser de ses efforts, Dieu lui envoyait un fragment de l’arche qui s’y trouvait. Ce fragment est encore aujourd’hui conservé , comme la relique la plus précieuse, à la cathédrale du monastère d’Etchmiadzine. Un pacha turc de Bayazed, étranger à ce préjugé , essaya de le démentir en effectuant l’ascension, mqis n’eut pas assez de persévérance ou de bonheur pour y réussir. Tournefortqui, l’an 1700, tenta un essai, n’y apporta pas non plus une résolution assez sérieuse. Avant d’être arrivé aux deux tiers de la hauteur , il se laissa rebuter par les difficultés et battit en retraite sans regret. « Nous descendîmes avec une vigueur admirable, dit-il ', ravis.. . de n’avoir plus rien à faire que de nous retirer au monastère.» Plus tenace dans son entreprise, le docteur Frédéric Parrot, professeur de physique à Dorpat (mort le 15 janvier 1841), après deux tentatives infructueuses faites avec une nombreuse escorte et sous les auspices du gouvernement russe, eut la joie de réussir dans la troisième, et d’arriver, au bout de deux jours démarché, au plus haut sommet, où, le 27 septembre 1829, il planta la croix des chrétiens. De l’arche, il n’y trouva sans doute point de trace ; mais il eut au moins celte consolation de
t. Motion d'un Voyage du Levant, Amst., 1718, p. 149.
pouvoir se dire qu’elle était ensevelie dans la profonde couche de neige et de glace qui recouvrait depuis des milliers d’années la cime rocheuse du géant, et qui formait encore, tout en haut, une plate-forme d’environ deux cents pas de circuit , dont les bords abrupts et glissants ne montraient aucune trace de terre. A cette hauteur de 5,400 mètres, par lui constatée, le voyageur vit à ses pieds le petit couvent de Saint-Jacques fSourp Hakob /,. voisin du village arménien d'Argouri ou Aghouri, avec lequel il a été enseveli sous les rochers de l’Ararath lors du tremblement de terre de 1840, dont les ravages n’atteignirent pas toutefois le village tatar de Syrbaghân, plus éloigné du pied de la montagne vers le nord , mais qui fut visité par une catastrophe semblable quatre jours plus lard. Le professeur de Dorpat jouit d’ailleurs d’une vue très-étendue: bien que la brume couvrît toute la vallée de l’ Arase, il put reconnaître l’emplacement d’Erivân, sur laZanga, affluent de ce principal cours d’eau, et celui de la forteresse de Sardar-Abad , avec sa double ceinture de murailles et ses énormes tours '. Plus au nordouest se montrait la tôle hérissée de pointes de l’Alaghæz; couronne de rochers, dit le voyageur, probablement inaccessible et dans les enfoncements duquel des monceaux de neige étaient entassés. Du côté de l’ouest, à peu de distance, une série de petites montagnes, la plupart coniques et
1. Voir sur Erivén, Hitler, t. X, p. 610; Description officielle (Oboirènic, etc.) de la Transcaucasie, I. IV, p. 288-291 ; Dubois deMontpéreux, t. III, p. 332 et suiv. ; Parrol, t. I, p. 233; Koch, t. Il, p. 398. Le dernier de ces auteurs décrit la magnifique vue dont on jouit au château de cette principale ville de l’Arménie russe. Hitler (t. X, p. 354) fait connaître les routes d'alentour. Sur Sardar-Abad, voir Oboirènic, t. IV, p. 291. — Sur Elchmiadzine, appelé aussi Outch-Kilissa (Trois Églises), voir Dubois, t. III, p. 358 et suiv.; Koch, t. Il, p. 4U2-413; Ritler, t. X, p. 514-538; Recueil de M. Koch, p. 273 et suiv.; et beaucoup d'auteurs plus anciens. On a une vue de ce monastère souvent décrit dans le Voyage de Parrot, et une autre de l'église patriarcale dans le Voyage dans les cinq parties du monde, p. 159.
pointues avec des enfoncements au milieu qui semblaient des cratères éteints; au sud, les hauteurs derrière lesquelles se cachait Bayazed; à l’ est-sud-est le Petit Ararath, présentant comme un des côtés d’une pyramide tronquée; enfin, au nord-est, une grande partie dulacSévanga ouGoktchaï. Parrot monta aussi sur le Petit Ararath, sur le sommet duquel aucun Européen n’avait non plus mis encore le pied.
Dans les années qui suivirent immédiatement ces ascensions remarquables , des hommes envieux , faisant cause commune avec des fanatiques religieux, ont osé révoquer en doute le fait accompli par le savant de Dorpat : il suffisait, pour leur imposer silence, de la connaissance du caractère de ce dernier, de son honneur et de sa haute probité; mais les témoignages les plus irrécusables sont encore venus se joindre à cette preuve intrinsèque et confondre les calomniateurs. Les croix que Parrot a plantées ont d’ailleurs été reconnues depuis. Car deux autres ascensions ont succédé à la sienne, celle du Russe Spaski-Artonomof, le 5 août 1834, et celle du colonel Chodzko, le 18 août 1850; plusieurs autres , celle de M. Ch. Behrens , le 20 juillet et le 9 août 1835, celle du docteur Abicli, le 29 juillet 1845, celle de l’Anglais Seymour, en 1848, enfin celle de Tchougounof, le 12 juillet 1850, n’ont pas été poussées jusqu’au sommet. L’ascension du colonel Chodzko , chef des travaux de triangulation dans la Transcaucasie, était accompagnée des circonstances les plus remarquables4; il la fit en compagnie du conseiller d’Étal N. V. Khanykof, bien connu par différents voyages et travaux scientifiques, de trois autres personnes notables, et avec une suite de soixante soldats. Le point de départ fut Aralvkh, station d’un régiment des Kosaks du Don, et le premier camp fut établi à la source de