Ermau, Archiv, t. IX (1849), p
Soudar-Boulak , entre le Grand et le Petit Ararath. On eut à lutter contre des maux de toute espèce , bourrasques de neige, froid insupportable, orage, ouragan terrible, etc.; et, au pied du sommet proprement dit, on fut obligé d’attendre pendant trois nuits et deux jours le retour d’un temps passable. Enfin, on se remit en marche. Les voyageurs, qui montaient par le versant opposé à celui qu’avait suivi Parrot, avaient déjà escaladé deux cimes, lorsqu’à leur grand étonnement ils virent se dresser devant eux une troisième, incomparablement plus élevée que les deux autres et séparée de celles-ci par une longue excavation. Les rebords escarpés de cet enfoncement, qui descendaient à pic à une profondeur de plus de trois mètres , rendaient le passage difficile. Néanmoins ce dernier obstacle fut encore vaincu avec le secours des soldats, et à dix heures du matin on arriva sur le point culminant. La dernière balte avait eu lieu sur une plateforme supérieure de la montagne ayant 1,132 pas de long et d’où s’élevaient les trois cimes.
La base du groupe de l’Ararath a , à la hauteur de 900 mètres au-dessus du niveau de la mer , un diamètre d’environ 40 verstes. Nous avons dit plus haut que ce groupe s’élève presque isolé. En effet , il n’est pas tout à fait isolé , car, comme on l’a déjà vu, il fait partie du système du Taurus septentrional. Tandis que le versant du sud - ouest se confond avec les hauteurs de Bayazed et de Diadine, l’escarpement occidental se prolonge sous le nom de Slnal et se rattache à l’Ala-tagh , qui a des hauteurs de plus de 3,300 mètres. «Le Petit Sinak est au nord, dit Dubois; le Grand fait de temps immémorial la frontière entre Erivân et Baiased. Le Sinak est de pierres noires et couvert de débris;
I . Dubois (le Monlpéreux, t. III, p. 454; Kiepcrt, Au r/c rfer Kaukamn-Ldnder. — Voir aussi le voyage du général Mac-Inlosh, dans le Recueil de M. Koch,
c’est du sommet de cette montagne qu’a coulé la lave que nous passâmes au-dessus de Sourmali et de Karakala. » L’Ala-tagh, qui, sur les confins du territoire ottoman et de la Perse, renferme les sources de l’Euphrate méridional ou Mourad , se divise, vers l’ouest, en deux branches, entre lesquelles se trouve Erzeroum : la branche du sud est le Bing - Gœul - dagh ou Montagne des Mille -Sources, où se trouve le berceau de l’Araxe, et qui s’élève, dit-on, jusqu’à 4,000 mètres1 2 3 4 5; la branche septentrionale est le Saghanloug ou Soghanlou , entre Erzeroum et Kars \ Dans son prolongement vers le nord, appelé monts Tchildyr, aux alentours du lac de ce nom’, cette branche sépare le bassin du Kour de celui de l’Araxe, et se rattache à l’est au Caucase inférieur, et à l’ouest, par les monts Meskhi et Adjars, au Caucase proprement dit du Gouria et de l’Iméreth. Tels sont, d’après les voyageurs les plus récents, les rapports entre l’Ararath et le Taurus septentrional *, ainsi que les monts Pontiques.
Nous quittons maintenant l’isthme caucasien pour nous replacer, en dépassant la mer Caspienne, au point où nous étions arrivé plus haut, quand nous terminions la description des monts Ourals. C’était aux sources du Tobol , à la chaîne accessoire des monts Mougod-iars.
Hauteurs de la steppe desKirghises. A l’est de ces monts, dans le pays desKirghises (petite horde et horde moyenne)1,