Voir plus haut, p. 147-149 et p
on voit sur la carte de l’Asie centrale de M. de Humboldt , et aussi sur celle du Touran ou Turkestan de M. Kiepert , divers mouvements de terrain, peu liés entre eux, mais qui se succèdent et forment comme les anneaux d’une chaîne par laquelle l’Oural serait lié à l’Altaï. Le grand cosmographe, qui nomme ces chaînons Oulou-taou, Ildighis et Tchinghiz-taou , nie cependant l’existence d’une chaîne continue , de celle , en particulier , qu’on trouve désignée dans les livres russes alternativement sous le nom d'Algltgdine-Chamo et sous celui d’ Alghinskoi-Khrébeth ou Alghinskoï-Sgrt, et que, d’après cela, on a communément appelée monts d’Alghinsk. M. Ch. Rilter paraît être de la même opinion1. Klaproth, au contraire, semblait croire à la continuité de cette ride : «Elle est, dit -elle, une partie du prolongement des montagnes de la Dzoungarie, et lie cellesci à l’Oural. C’est une chaîne à filons , entrecoupée en plusieurs endroits de vastes plateaux inclinés ; elle ne montre nulle part des indices de grandes révolutions terrestres , et elle est partout habitable.» Ce qui est certain, c’est qu’elle détermine le partage des eaux , d'un côté entre l’Oural et l’Altaï, de l’autre entre le lac Aral et la mer Glaciale, c’està-dire entre les affluents de l’irtysch jusqu’à l’ischim , et le bassin de l’Aral jusqu’au Sara -sou. M. de Humboldt luimême y reconnaît un effort de la nature , ou un essai des forces souterraines de soulever un exhaussement continu , même dans ce pays de steppes. La direction suivie est celle de l’est à l’ouest. Le mouvement part de l’Altaï , mais il n’arrive pas jusqu’à l’Oural : il s’arrête brusquement sous le méridien de Sévérinogolofsk, surleTobol, où commence, dans une grande dépression du sol, une troisième région des
1. Géographie , t. II , p. 631. Voir ensuite F.-H. Mùller, Der Ugrùche Volksstamm , t. I, p. 215 et suiv. ; Asie centrale, t. Il, p. 121 et suiv. ; et du meme auteur, Fragments de géologie et de climalnktgte asiatiques , t. I, p. 36-40.
aspect général; orographie.
lacs1, qui, se prolongeant au nord par la steppe de Baraba, vient à l’appui de la croyance d'une ancienne communication entre la mer Glaciale et la Caspienne. L’Oulou-taou (ou Oulou-tagh’, Grande Montagne) est regardé par les Kirgliises, ainsi que son nom l’atteste , comme une hauteur considérable. L’Ildighis , son voisin à l’est , s’appelle Tcrekty sur la carte de Kiepert. Le Tchenghiz-taou en est à une grande distance vers l’est ; car il se rapproche de l’extrémité orientale du lac Balkasch, situé plus au sud. 11 a près de lui, au nord-ouest, le Témidjir, le Kent, le Karkarali, et, au nordest, l’Arkat et autres. Mais tous ces exhaussements ne sont guère remarquables que sous le rapport géologique.
Ils arrivent jusque sur l’Irtyscli, près de Sémipalatinsk , Oust-Kaménogorsk et Boukhtarminsk , villes qui font partie de la Sibérie occidentale ; sur l’autre rive du fleuve commence l’Altaï, et, avec lui, un système de montagnes, qui, sous différents noms, se prolonge depuis la steppe des Dzoungars, d’une part jusqu’à la mer d’Okhotsk, en séparant en grande partie l’empire Russe de l’empire Chinois, et d’autre part jusqu’au cap Oriental et à la mer de Bering.
Monts Altaï’. Une partie seulement, mais la partie essen-
1. Voir les deux autres régions plus haut, p. 118, texte et note 1.