‹ L'empire des Tsars au point actuel de la science J. H. Schnitzler Le territoire, tableau naturelChapitre 143 sur 359 · Ritter, t. II, p · texte numérisé non relu

Ritter, t. II, p

L’Ala-laou, qui se détache au sud-est de la chaîne de Kouznetsk et court dans la direction du nord-est, entre le Tom et le Tchoulym , se confond avec elles , à ce qu’il parait.

La Poklon n ai a- G or a ou Montagne des Révérences de Falk se rattache aux montagnes d’Abakansk : c’est un plateau plus au nord, d’où descendent d’un côté le Tom, affluent de l'Obi, et de l’autre les deux Tiouss (Blanc et Noir), affluents du Iénicéï, non loin des confins du gouvernement du même nom et de celui de Tomsk. Le passage de l’Oulennii - Synn rétablit la communication entre les deux bassins , et permet de circuler entre Kouznetsk d’une part, et Minoucinsk et Abakansk de l’autre. De Minoucinsk à Iéniceisk, cher-lieu du gouvernement, il y a , vers le n’ord , une distance dé 552 verstes. Le pays est peu habité, mais de belle apparence, et plein d’établissements de toute espèce.

Avant ainsi terminé la description de tout le système de l’Altaï , revenons à l’extrémité orientale de la chaîne Saïane , et approchons-nous , en dépassant le Gourbi , de ce fameux lac Baïkal, véritable mer intérieure, élevée de 400 mètres1 audessus du niveau de l’Océan, que nous décrirons lui-même plus loin , mais qui doit fixer ici notre attention comme centre d’un système orographique nouveau. Ce système s étend d Irkoulsk à Nerlchinsk , dans un pays qu’on doit appeler la Daourie russe5 et qui forme la partie méridionale du gouvernement

d’Irkoutsk.

Mais avant d’aborder celte partie du sud-est de la Sibérie , il sera bon , à l’exemple du savant géographe et professeur de

1. Bnrklingsberg. Voir Beitrige, t. I, P- — Voir aussi Hitler , t. tl , d. 1086.

2 M Erman ( t. Il, p. 89, note) dit 1,206 pieds de Paris. Voir aussi plus haut, p. 158.

3. Voir sur les Daoures, Rittcr, t. III, p. 320 et suiv., et sur la Daourie du Baïkal et de Nerlchinsk, Md. , p. 256-320. La Daourie chinoise sVtend plus au sud-est jusqu’à l’ Amour.

aspect général; orographie.

Berlin1, de présenter encore quelques observations générales.

Le célèbre naturaliste Jean-George Gmelin , un des précurseurs de Pallas , a déjà fait celle-ci , qui mérite surtout de Jixer l’attention. En s’avançant , a-t-il dit’, de la mer Baltique vers l’orient , c’est seulement arrivé sur les bords du Iénicéï qu’il s’aperçut que c’était le sol de l’Asie qu’il foulait , tant tous les animaux , végétaux et minéraux avaient jusqu’alors ressemblé à ceux de l’Europe. Mais depuis le Iénicéï, soit qu’on aille vers le nord, soit que l’on se dirige du côté du sud, tout prend un autre aspect et montre une autre vigueur. Les soulèvements jusqu’alors épars, ou du moins coupés, interrompus, se présentent maintenant sous forme de masses de montagnes ayant pris pleine possession du haut pays oriental et le remplissant totalement de leurs chaînes continues; les plantes et les formes animales de l’Europe , qui partout s’avancent de beaucoup au delà des pentes orientales de l’Oural , se perdent insensiblement , et des formes toutes nouvelles , particulières , apparaissent en un nombre toujours plus grand. Comme, au sud, l’Indus constitue une puissante frontière naturelle entre l’Asie antérieure et l’Asie ultérieure , de même le Iénicéï seulement remplit cet office dans la partie septentrionale de l’Asie. Les

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