Géographie, t. II, p
2. Flora sibirica , t. I, p. xuv de la préface. C'est lui qui est l’auteur des Voyages en Sibérie ( Reisen durch Sibirien, i vol. in-8°), publiés en allemand dés 1750 et dont il existe deux traductions françaises plus ou moins abrégées. Plusieurs membres de la famille de Gmelin sont aussi célèbres, et un de ses neveux, Samuel-Théophile, attaché comme lui à l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg , et auteur de Yllisloria fucorum, marcha sur ses traces, comme voyageur aussi bien que comme botaniste. On lui doit des Voyages en Russie, entrepris pour faire différentes recherches relatives aux trois règnes de la nature , Saint-Pétersbourg, 1771-1781, i vol. in-A°. Cet ouvrage, écrit en allemand, et qui a été terminé par Pallas, dont Gmelin le jeune avait été un des compagnons de voyage, n'a été traduit en français qu'en partie, dans te recueil intitulé : Histoire des découvertes faites par divers savants voyageurs , etc. , La Haye , 1779; 2 vol. in-A° ou 6 vol. m-80.
observations de Pallas ont confirmé le changement remarqué à partir de là par Gmelin , le contraste entre l’ouest et l’est , qui commence ici et qui va en augmentant, quand, traversant la région du Baïkal ou de la Daourie , on marche , dans la direction de l’est, vers les côtes du Grand-Océan. Ainsi, il faut se figurer deux groupes parfaitement différents, ayant chacun sa nature particulière , ot produisant ainsi l’impression de lu variété, même au milieu de ces espaces incommensurables. Celle distinction est-elle applicable encore, au sud de la Sibérie, dans le plateau intérieur de la Haute- Asie? C’est ce qu’il est pour le moment impossible d’affirmer, les explorations ayant ù peine effleuré ces contrées si riches encore en mystères ; mais 1a distinction est légitime dans les régions de l’Irtysch et du jénicéï , et c’est sur des points de cette nature qu’on aimerait à trouver des renseignements dans les ouvrages qui paraissent sous le titre de Géographie botanique, dans ceux surtout qu’un nom révéré recommande plus particulièrement à notre attention. Au reste, ce qui est vrai des végétaux, l’est également , comme on l’a vu , des animaux et même de la nature inorganique.
Dans la Sibérie occidentale, le pays bas commence déjà , comme nous l’avons vu , à une latitude assez méridionale. Sur le Iénicéï, le pays élevé commence à s’étendre un peu plus au nord; cependant, «à Krassnoïarsk seulement, le niveau du fleuve est à près de 230 mètres au-dessus de celui de la mer ; plus à l’est , les hauteurs ne s’arrêtent plus à cette latitude : elles pénètrent dans l’intérieur de la Sibérie , qu’elles coupent et diversifient de leurs mouvements en tous sens, et s’approchent même de la mer Glaciale.
Les parties les plus intéressantes de la Sibérie orientale sont la région haïkaliqne et le district côtier du Grand -Océan, y compris la presqu’île de Kamtchatka. L’une et l’autre ne sont encore qu’imparfailcment connus , quoique l’une et l’autre
aspect général; orographie. 291
aient pris de nos jours une grande importance. La dernière partie , voisine de l’empire du Japon , est singulièrement rapprochée de nous depuis que le commerce et les intérêts européens ont conquis , dans la mer Pacifique , un nouvel et grandiose domaine; depuis que la grande république confédérée des États-Unis a poussé ses avant-postes jusquo sur les côtes de cette mer, et a pris possession de la Nouvelle - Californie. La première est la principale porte , sur le continent , du colossal empire Chinois : c’est par la région du Baikal qu’on y pénétrera , quand elle sera devenue plus abordable ; c’est, la Russie qui en tient la clef par Kiakhta et le fort de Troïtzko- Savsk , d’où part la route de Péking celle par laquelle on s’élève au plateau du désert de Gobi ; de même que l’Onôn et la Chilka, affluents de l’Amour, conduiront, et conduisent peut-être déjà maintenant , à travers d’autres provinces chinoises , ses marchandises et , s’il le faut , ses forces militaires dans la mer d'Okhotsk *.
Monts Baïkamques. Nous étions arrivés jusqu’au mont Gourbi, à l’extrémité orientale de la chaîne Saïane et du Tangnou , qui la rejoint. On le désignait autrefois sous le nom de mont Tounkinsk, et sa continuation jusqu’à laSélenga prend celui A'Ouden-song. Alors commence le Tchokondo ou la chaîne limitrophe de Daourie, avec ce nœud puissant qu’on peut comparer à celui du Saint-Golhard , et où viennent se confondre le Kenteï - Khan chinois et le Jablonnoï - Khrébeth des Russes.
Voilà comment se compose la chaîne fransbaîkalique. Mais déjà en deçà du lac tout est couvert de hauteurs. Irkoutsk , la plus belle ville de la Sibérie et le chef- lieu de la Sibérie
1 . Elle se dirige d'abord sur Oui ga , le clieMicu de la province chinoise voisine. Voir Rilter, 1. III, p. 2U-229.
2. Sur le système du fleuve Amour, voir Mil., p. 27-i et siriv. ; et t, II, p. 530-518.
orientale', est encore dans la plaine, quoique à la hauteur absolue de 1 ,355 pieds ( 450 m. ) ; mais bientôt l’aspect change , et, avant d’arriver au lac, éloigné d’Irkoulsk d’environ 50 verstes', on se trouve au milieu de la chaîne qui le borde tout à l’entour , chaîne que perce ici l’Angara inférieure , comme elle est percée du côté opposé par la Sélenga , et du côté du nord par l’Angara supérieure.
C’est seulemeql de ces surgissements, et non du lac en luimême , que nous voulons nous occuper ici.
«Plus on approche du Baïkal, dit Pallas 3, plus les montagnes deviennent élevées et sauvages , quoiqu’elles s’étendent en pente assez douce dans les environs d’Irkoutsk. L’embouchure de l’Angara est bordée des deux côtés de rochers fort élevés , entre lesquels on découvre , comme à travers une arcade , le vaste bassin du lac et la haute montagne qui lui sert de limite en face.*
Au nord-est de l’Angara inférieure commence la chaîne de la Léna , ainsi nommée du grand fleuve qui y a sa source ; un peu plus loin , vis - à - vis de l’ile d’Olkhon ' et du Sund d’Olkhon, qui la sépare du rivage, cette chaîne est continuée vers le nord - est par la bordure de rochers granitiques qui , percée , comme on vient de le dire , par l’Angara supérieure , contourne le lac. Du côté de l’ouest , l’Oundour - Soudoun , dont Georgi a fait l’ascension en 1772% est le point le plus élevé : on y arrive assez facilement par quatre gradins ou étages. L’Aléï est aussi au nombre des points culminants. Le
t . Il faut en voir la description dans Erman , Reise, etc. , t. Il , p. 65 et suiv. , et dans Ritter, Géographie, t. lit, p. 128-131. Voir aussi Spéranski, dans Oldekop, Sanct-Petenburger Z'itsrhrifl , t. X, p. 263.
2. Voir les distances dans l’allas, t. IV, p. 136, et sur la même roule, Erman, l. 11, p. 96.