‹ L'empire des Tsars au point actuel de la science J. H. Schnitzler Le territoire, tableau naturelChapitre 148 sur 359 · T. IV, p · texte numérisé non relu

T. IV, p

2. Voir de grands détails sur les deux villes dans Pallas, I. IV, p. 147-222 , et p. 378-381 ; dans Eririan, II eise, t. II, p. 107-155, et dans Ritter, Géogra-

ASPECT GÉNÉRAL ; OROGRAPHIE. 297

« Cette place frontière est célèbre , parce que le commerce entre la Russie et la Chine s’y fait presque entièrement. Elle est située sur un terrain uni et élevé, clans un vallon fort vaste, coupé par le ruisseau de Kiakhta, auquel aboutit le Monastirskoï - Pad. Ce vallon est entouré de hautes montagnes de rocs , boisées en majeure partie. Les Mongols ( Daoures ) appellent la plus considérable Bergoultéi , Montagne des Aigles. Elle est si près de la forteresse à l’est ', qu’elle la commande un peu. On découvre de son sommet toutes les rues de Kiakhta et de la ville chinoise ( de Maïmatchinc ). C’est probablement la raison qui a engagé les Chinois à se réserver cette montagne dans le dernier traité de démarcation , sous prétexte que son sommet renfermait les tombes de leurs ancêtres. Elle appartenait auparavant à la Russie , qui l’a cédée en entier ; on a tiré la ligne de démarcation plus au nord , en longeant le pied de celte montagne. On voit sur une autre montagne, à l’ouest, deux buttes en face, qui marquent les limites: l’une a été placée par les Russes et l’autre par les Chinois. La première , construite en pierres et en terre , est surmontée d’une croix ; la seconde , faite de pierres entassées , forme un cône creux dans son intérieur. »

Un peu plus au sud-est , autour des sources de l’Onôn et du Kerlôn , est le nœud du Kentéï , au delà duquel commencent le Iahlonnoï-Khrébeth et leKhingàn occidental, deux chaînes parallèles , qui séparent le bassin du Raïkal de la Daourie de Ncrtchinsk , dont le chef-lieu , Nerlchinsk , fameux par son district de mines et par les déportés qui travaillent à l’exploitation des filons, est déjà à plus de mille verstes d’Irkoutsk. Les mines mêmes sont encore à 300 verstes plus loin. Ce nœud

phie, I. III, p. 184-224. — M. Erman écrit Maimatchen : c’est une nuance de prononciation.

1. La forteresse russe (très-peu imposante) de Troïtiko-Savsk , dont Kiakhta n’est, à vrai dire, <|uc le faubourg.

est formé par le croisement de plusieurs systèmes , surtout par l’apparition d’arètes dans la direction S. S. 0. à N. N. E. , croisement par suite duquel , comme le dit M. de Humboldt , les traits les plus saillants de la forme du relief s’embrouillent aux yeux du géologue. C’est encore à ce nœud qu’appartient le mont Tchokondo , dont le grand cosmograpbe ne dit presque rien et au sujet duquel nous entrerons plus loin dans quelques détails.

Lf. Kentéï, qui renferme le tombeau de Tchenghiz-khan , se trouve dans la patrie de ce grand conquérant, et la ville de Karakorum, sa résidence, n’en est pas éloignée*. Là est le berceau du peuple des Mongols. Le Kentéï appartient donc plus à l’empire Chinois qu’à l’empire Russe; mais il touche au moins à ce dernier et concourt à en marquer la frontière. La roule de Kiakbta à Péking, qui rehe entre elles ces deux vastes dominations , le traverse.

C’est d’ailleurs une région de sources : il faut y chercher celles du Tchikoï, de l’ünôn-Chilka, du Kerlôn-Argoun 3 et de la Toula. Le Kentéï sépare le système de la Sélenga de celui de l’Amour.

Cependant , s’il ne nous a pas été permis de le passer sous silence , nous ne devons pas , en revanche , nous y arrêter longtemps. Le lecteur trouvera dans la Géographie de M. Ritter toutes les notions dont il pourra avoir besoin. Il suffira ici d’indiquer les différentes parties dont ce groupe ou oe nœud de montagnes de l’empire Chinois se compose.

11 se divise en Kentéï-Oula ou Grand Kentéï, et Baga-Kentéi ou Petit Kentéï : le premier est du côté du nord ; le second, du

t. Asie centrale , t. I , p. 359.

2. Voir Ritter, I. II, p. 507-513. — Atlas de Ritter et O'Etzel, Hochasien , . 1" livraison , n° 3.

3. Ces doubles noms seront expliqués plus loin , dans le chapitre de l'hydro- Rraphio.

côté du sud. Entre les deux est placé, à l’est, leTsilung-Daba, et à l’ouest, le Téreldsi-Daba. Le mot (loba désigne, en mongol, un dos élevé, un plateau, comme le mot russe khi'ébelh , au lieu que le mot oula , comme le russe aopka, s’applique à une haute sommité. Non loin du Téreldsi - Daba est le Bourkhôn - Oula ou Montagne sacrée, au sein duquel se trouve le sépulcre de Tchenghiz. Le Mongol foule là un sol sacré pour lui , et si l’histoire de la Haute-Asie avait trouvé dans l’histoire universelle la place qui lui appartient , on pourrait dire qu’on est là sur un des grauds théâtres des événements dont elle est le récit.

Du Kentéi se détachent , vers le nord (car nous ne parlons pas des ramifications méridionales qui s’avancent jusqu’au plateau de Gobi), d’abord les monts Baïkaliques qui entourent la Sélenga , et dont bous avons déjà parlé , et ensuite , plus à l’est, le lablonnoi-Khrébeth et le Khingàn-Onôn. La transition du Kentéi au premier est le Tchokondo, dont il a déjà été question , mais qu’il nous reste à décrire. »

M. Hitler le place entre le 47e et le 48e degré de latitude; quant à la longitude, c’est sous 108° 80' qu’elle parait devoir être fixée- Quelques auteurs le considèrent comme étant le point de départ du lablonnoi-Khrébeth. Un compagnon de voyage de Pallas, Sokolof, y monta depuis Allanskoï - Karaoul. C’est d’après lui que l’académicien russe lui - même nous en a donné la description.

«11 existe dans cette contrée, dit-il1, une des plus hautes et des plus remarquables montagnes de la Daourie. Les Russes l’appellent Tchokondo (plus souvent Tchokondo) ; mais c’est proprement Sochonda ( lisez Sokhonda ) , comme disent les Toungouses. Ce n’est qu’à 40 verstes d’Altanskoï que cette montagne élève ses cimes. Notre jeune voyageur s’y était

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