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formes végétales qui, sur celte côte, occupent une place secondaire , commencent à prendre le dessus. Il s’y ajoute aussi des plantes toutes nouvelles, ou qui du moins ne sont connues qu’en Europe ; mais avant tout c’est le caractère d’une croissance pleine de sève et d’une influence extraordinairement favorable de l’air et du sol sur les végétaux, qui se manifeste
ici dans le riche tapis de verdure dont le sol est couvert
Cette verte couverture semblait se prolonger, à perle de vue , dans une plaine sans fin. . . bientôt commencent à paraître les arbres à feuillage, et plus on s’avance, en remontant le Tigliil, plus ils gagnent , des deux côtés , en vigueur de croissance et en riche développement. Les aunes vertes (ohms viridis) , le pip'tis scunbucifolia , etc. , formaient le long de la rivière comme une haie impénétrable et un ombrage épais encore à distance. . . » Plus loin , il arriva à une vaste coulée de lave qu’il compare aux moraines des glaciers suisses ', et où , en l’explorant , il remarqua partout des failles béantes. Enfin , quoique éloigné encore de plusieurs journées de marche du Chivéloutch , il en vil la magnifique coupole couverte de glace et de neige, et bientôt aussi, après avoir touché au premier cours d'eau qui descend du versant oriental de la chaîne vers la Kamtchatka, la pyramide gigantesque mais régulière du Klioutchefsk, couronnée de fumée et en pleine éruption.
Pour s’approcher de ces deux géants et en tenter l’ascension , M. Erman suivit , depuis le village de lélofka , le cours de la rivière du même nom, allluent de la Kamtchatka, et au bout de deux jours , se tournant vers le sud-est , il se trouva au pied du premier.
1. T. III, p. 221, avec une vue dans l'Atlas , où sont aussi figurés le Chivéloulch et lo Klioulchef.'k , à des points de vue différents, ainsi que plusieurs autres montagnes et aspects remarquables. M. Erman a aussi publié une carte spéciale du Kamtchatka. — Un peut consulter encore sur la presqu’île, l’ouvrage plus ancien de Kracheninnikof, O/uranic Zanli Kamlcliatki , 1755, 2 vol. in 4°; trad. allem. de Kœhler, Lcmgo, 17G6,in4”.
Le Chivéloutch ou Chévélitch forme un groupe fort considérable à deux cimes , ayant une pente assez rapide du côté du nord-est où est le sommet le plus élevé, une pente plus douce et à ondulations diverses du côté du sud-ouest. 11 est entouré d’une plaine et de plusieurs lacs, parmi lesquels on cite ceux de Kronotsk1 et de Kharlcliiusk, lacs qui séparent son pied du pied du Klioutchefsk. D’autres hautes sommités se trouvent dans le voisinage. En toute saison , le Chivéloutch est couvert d’une neige brillante. Le sommet principal a environ 3300 mètres de haut , l’autre 2750. On n’y voit point de trace de lave ; les indigènes un peu âgés affirment cependant avoir vu la fumée s’en échapper *. Ils en appellent tout le groupe grebni, crêtes, èt ne se servent ni du mot de sopka , dôme, coupole, ni de celui de khrébeth, croupe de montagnes. Notre voyageur n’arriva, dans son ascension, que jusqu’à la ligne de la neige permanente, qui est, selon ses observations, à une hauteur de 1650 mètres.
Le Klioutchefsk ( Klioutchefskaïa ou aussi Kamtchatskaïa Sopka) est plus à l’est : il s’élève dans les riants alentours du village de Klioutchi dont il a déjà été parlé plus haut3. Son élévation est de 4,030 mètres au-dessus du niveau de la mer4. Une énorme coulée de lave se montre au-dessous de son cratère jusqu’à une grande distance. Ce cratère supérieur n’est pas le seul : la fumée et les étincelles s’échappent aussi un peu plus bas de la surface du cône. Le volcan , toujours en activité , fait souvent trembler le sol sous les pieds des habitants de la plaine. Autrefois l’action des feux souterrains parait avoir été