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t. Erman, t. III, p. 358. Voir aussi Oldekop, Sankl - Petersburgische Zeitschrift, t. IX, p. 350.
beaucoup plus énergique, car on raconte que, de 1727 à 1731, une éruption aurait duré, non pas l’espace de quelques jours, mais de trois années consécutives1; celle de 1737 paraît également avoir élé violente. M. Erman dépassa, dans sa tentative d’ascension , la limite des neiges éternelles, mais dut ensuite s’arrêter, à cause des difficultés et du découragement de son compagnon de roule, à la hauteur de 3,000 mètres.
Cette montagne n’est pas encore la plus élevée de la presqu’île : elle se trouve plus au sud , dans la chaîne centrale , et porte le nom d’Itchinskaïa Sopka, Sommet de nicha*.
Nous disons de la chaîne Centrale , car, ainsi qu’on l’a déjà remarqué, la presqu’île en renferme une seconde, plus à l’est, parallèle à la première, mais moins longue. En effet, elle commence seulement aux environs de Klioutchefsk , où le volcan de ce nom en. fait lui-même partie. Celle-ci prend différentes dénominations : chaîne de .Milkof, chaîne de Canal, etc.; mais nous l’appellerons dans son ensemble chaîne Orientale. C’est elle qui, à la pointe méridionale de la presqu’île, forme le cap deLopalka. Outre le majestueux volcan que nous avons décrit, cette chaîne présente d’autres pics très-élevés, par exemple celui de Tolhalcha (Tolhatcliinskaîa Sopka), qui est plus ou sud et presque vis-à-vis du pic d’Avatcha ( Avalchinskaîa Sopka ou aussi Gorélaia), cône magnifique, de nature ignivome, quoique non en activité , et situé près du village du même nom, sur la Byslraïa , rivière assez considérable de l’extrémité sud de la presqu’île. A l’entour de ce cône, que M. Erman a dessiné , s’élèvent encore la Koriatzkaïa ou Slréloschnaia Sopka et le Koscl. L’ascension du premier de ces deux volcans a été faite, en 1821 , depuis le port de Pélropavlofsk, par le médecin Fréd.-Guill. Slcin. 11 eut à lutter avec beaucoup d’obs-
- ' 1. Erman , t. III, p. 355. 2. l/Md. , p. 481.
aspect général; orographie.
tacles; «mais, dit-il enfin à 4 heures et demie du soir j’atteignis le sommet de celte montagne extraordinaire. Je vis à mes pieds un vaste cratère, dont le diamètre était d’environ 75 pieds et la profondeur d’environ 30, et rempli pour la plus grande partie de neige et de glace. Les parois glacées du cratère ne me permirent pas d'y descendre. J’avais donc ainsi le bonheur de mener à fin, par le côté 0. S. O. de la montagne, une entreprise qui, avant moi, n’avait réussi à personne, celle d’escalader le sommet de ce volcan depuis longtemps en inaction. A une hauteur perpendiculaire de 12,657 pieds (4,220 mètres), je jouis alors d’une vue magnifique en même temps que d’un grand air un peu froid. La baie d’Avalcha, la haute mer à perte de vue, la multitude de cimes glacées et neigeuses eide dos de montagnes, l’Opalskaia Sopka, etc., se perdaient dans l’azur lointain ; des nuages rares , lumineux , comme bordés d’or, passaient lentement bien au-dessous de mes pieds. L’azur élhéré et pur, d’une force bien plus grande que dans les couches inférieures de l’air, me permettaient d’apercevoir, mais faiblement, quelques étoiles. La respiration devint accélérée et ne larda pas à être accompagnée d’une sensation assez désagréable. La circulation du sang dans les veines devint plus active ; le son de ma voix se perdit avant d’arriver aux couches d’air inférieures. . . La plus grande partie du cône consiste en basalte , fracturé et en pleine dissolution à sa surface — Après le coucher du soleil , nous commençâmes la retraite. »
La chaîne Orientale, où se trouve encore un autre volcan, la Joupanova Sopka, a ceci de particulier que ses pentes, loin d’être unies, sont au contraire découpées, labourées de crevasses et de gouffres , ainsi qu’on peut k? voir sur un des dessins de l’Atlas du voyageur qui nous a servi de guide.
t. Oldekop, dans le recueil cité, I. IX, p. 342, arlicle intitulé : Excursion au volcan de Slréloschnaia Sopka.
Nous avons vu le principal passage traversant la chaîne Centrale, celui qui, de la Sédanka à lalélofka, meneau Klioutchefsk et au point où la Kamtchatka inférieure fait un coude à l’est pour atteindre à la mer près de Nijné-Kamtchatsk. Un autre passage qui , plus au sud , débouche à Kirgana , est plus dangereux que le premier, à cause de la nature abrupte des rochers nus et volcaniques le long desquels il conduit, lin passage de la chaîne de .Milkof, creusé par le cours du ruisseau de Povytcha , y correspond.
Il ne nous reste plus , pour terminer l’orographie du Kamtchatka , qu’à suivre jusqu’au bout l’itinéraire de M. Et man.
A Klioutchefsk, il s’embarqua sur la Kamtchatka, afin de remonter jusqu’à sa source ce fleuve qui coule entre les deux chaînes. Il est curieux de recueillir l’impression que lit sur lui ce pays, occupé par les Russes depuis les années 1690 à 1711', mais qu’on ne connaît encore guère que par le récit des aventures de quelques exilés ou prisonniers de guerre, tels que le fameux comte polonais Beniowski. « L’aspect continuel , dit-il1, à la date du 19 septembre, d’une végétation riche et brillante , le silence absolu des bassins ombragés de la Kamtchatka , et la douceur de l’air qui les environnait , exercent sur les sens des voyageurs un attrait tout particulier et qui a presque quelque chose d’énervant. Aussi me trouvai-je, sous l’empire de ces circonstances et pendant les derniers jours , dans des dispositions très-diflérentes de celles qu’on éprouve quand on est pris du mal du pays.» Arrivant successivement à Tolbatcha , à Miikova et à Verkhné-Kamlchatsk , un des pre-
1. Voir Cose, Découvertes des Russes entre l'Asie et l'Amérique , traduction allemande , p. 1 et suiv. , et Fischer, Siiiriaclir Geachichten, Sankt-Pelersburg, 1768-1769, 2 vol. in-8°. La première carie où il soit fait mentiondu Kamtchatka , est celle du Hollandais Isbrandes Ides , calquée sans doute sur une autre dont VVitsen est l’auteur. Elle est dédiée à Pierrc-le-Grand et se rapporte à l'année 1690. Voir G.-Fr. Muller, Sammlung , t. VI, p. 32 et aussi p. 97-99.