HYDROGRAPHIE J BASSIN DE DNIÈPR
passages pratiqués, à grands frais et avec de grands efforts, par les ingénieurs permettent aux radeaux et aux barques , conduits par d'habiles pilotes, de descendre à travers tous ces écueils battus par l’eau soulevée et bouillonnante. Pendant dix mois de l’année au moins, la navigation du Dniepr reste comme suspendue.
Ainsi que l’a déjà fait remarquer Ségur' , chacune de ces chutes a un nom particulier. Voici dans quel ordre elles se suivent: Staro-Kaidatzkii , chute du Vieux - Kaïdak , village voisin, Sourskoî, près du confluent de la Soura, Lakhanskii, Svanetikii, Nénna/tetzkii , c’est-à-dire l’insatiable. Celte dernière , la plus considérable de toutes, n’a cependant pas, suivant Ilommaire, plus de 4 m. 25 de hauteur; renfermée entre les îles de Vitki et de Tkatchévo, elle consiste en un canal encaissé, très-dangereux, long d’environ 800 mètres, où la rapidité des tournants et les pointes des murs de rochers présentent sous mille formes l’image menaçante de la mort. Le danger le plus grand est près des écueils qu’on nomme Ad (?ôt]c), l’Knfer. Cet Insatiable est sans doute le Brigand de Mme de Hell; Ségur, qui ne savait pas davantage le russe, a défiguré le nom en Ninajétinsk. Puis viennent, toujours à la distance de 5, 10 ou 15 verstes l’un de l’autre, le Volnilchskii , le Boudinofskii ou Boudilmj, le Lischny , qui forme l’ilot rocheux de Koulougoursk , et enfin le Vilnoi, terminé par deux hautes masses granitiques isolées, le Voltchigé Gorlo , ou Gueule de Loup*. Ces der-
1. Mémoires ou souvenirs , t. III, p. 134. 14 le cortège impérial , jusqu'alors mollement balancé par les eaux du fleuve , dut regagner le rivage et continuer sa route en voitures. Catherine II venait de poser la première pierre de la ville d'iékatérinoslaf ( 1787 ).
2. Les memes noms , avec quelques légères variantes toutefois, sc trouvent dans Hasscl , Géographie de la Russie d'Europe, p. 597 ; dans Possart, t. I, p. 37, et dans Ilommaire, t. III, p. 281 , note 2. Ceux qu'a indiqués Constantin Porphyrogénète sont curieux à connaître par rapport à l'élude de la langue slavonne et des
niers sont peu dangereux; mais le Nénacitetzkii, le Yolnltchskii et le Lakhanskii le sont à un haut degré.
Au-dessous de ces rapides sont les colonies des Allemands mennonites, à la fois agriculteurs et livrés à l’industrie. Leurs villages sont en partie établis sur les îles granitiques du Dniepr, très-nombreuses jusqu’au liman, et en particulier sur l’ile Korlitzkoi ou deKortilza, célèbre dans l’histoire des Kosaks Zaporoghes, comme siège fortifié de leur communauté ( setcli ou set cli a) «J’ai parcouru l’ile, dit Mn,e de Ilell, après avoir évoqué ces souvenirs*, et j’y ai vu partout de nombreuses traces de fortifications et de camps retranchés. Il aurait été du reste difficile de choisir une position plus favorable au but que se proposaient les Kosaks. L’ile est une forteresse naturelle, élevée de plus de cinquante mètres audessus du niveau des eaux et défendue de tous côtés par des masses granitiques qui ne laissent presque rien à faire à l’art pour la rendre imprenable.»
Bientôt après disparaissent, selon llommaire, en s’enfonçant sous les alluvions et les roches tertiaires , les dernières traces de cette curieuse formation primitive, dont les affleurements se prolongent, nous le répétons, des bords du Dnièstr jusqu’au rives de la mer d’Asof. «Après l’apparition des dépôts tertiaires, ajoute le voyageur, dont les escarpes calcaires alternent tantôt avec les argiles des alluvions, tantôt avec des rives à pentes douces , le régime du fleuve change complètement. Au lit fortement encaissé , aux eaux
origines des Slaves. Ils ont été expliqués par le savant Bayer, dans Commentationes Acad. Pelrnp., t. IX, p. 394. Voir aussi Lehrberg , Unlertuchungen , etc.,p. 317-382. Cher, les annalistes polonais du XVIe et du XVII® siècle, on les retrouve avec de légères modifications. Bayer donne au Nénacytetikii , iVcrrorr dans le teste de Constantin Porphyrogénète, une étymologie particulière : il dit que neiacylh signifie en russe pélican, et qu’en effet les pélicans nichent entre ces rochers.
1. Voir La Hutrie , la Pologne, et la Finlande, p. 432 et 712.