‹ L'empire des Tsars au point actuel de la science J. H. Schnitzler Le territoire, tableau naturelChapitre 209 sur 359 · T. III, p · texte numérisé non relu

T. III, p

3. Nous avons sous les veut, outre la carte de Pallas et celle de Hommaire, la très-grande à l'échelle de DM et la carte du général Khatof.

HYDROGRAPHIE ; BASSIN Dl' KOUBAN. 423

route menant de cette dernière ville àKertch, le fleuve principal envoie, selon la carte de Khatof, un bras droit vers le nord, et celui-ci, qui se bifurque ensuite, va aboutir à la iner d’Asof, par deux bras dont le principal s'appelle aussi Kara Kouban, Kouban Noir, c’est-à-dire Kouban marécageux , impraticable à la navigation : en effet , il ne permet pas l’entrée aux barques d’une certaine grandeur. Quelques voyageurs et quelques cartes appellent ce second Kara-Kouban Protok'. L’autre bras est le Kasatchéî - Iérik. Le fleuve principal, après avoir de nouveau réuni ses eaux , se dirige à l’ouest vers le liman du Kouban , qui s’appelle aussi , au moins partiellement, liman de Kisil-tasch et qui est au sud de la presqu’île de Tamàn , à l’est d’une langue de terre qui commence un peu au nord de la forteresse actuellement détruite d’Anapa'. Par ce liman, l’embouchure du fleuve est en communication avec la mer Noire. Car la langue de terre qui s’avance d’Anapa vers la presqu’île de Tamàn , après s’ètre divisée en deux languettes prolongées jusqu’à cette dernière, laisse cependant entre celle-ci et la pointe des deux languettes un passage, dont l’un, celui du coté delà mer, est connu sous le nom dcBoughaz, Défilé. Malheureusement le chenal même de ce passage n’a pas deux mètres de profondeur, et le liman

1. «En face de Kopil, dit Dubois ((. V, p. 16), nous passâmes sur un bon radeau le bras du Kouban dit Protok, qui se jette dans la mer d'Asof; il n’est pas moins considérable que le bras qui conserve le nom de Kouban et qui a son embouchure à Bougazc, dans la mer Noire.»

2. Cette forteresse avait été construite par les Turcs, qui la perdirent par le traité d’Andrinople. Selon Honimairc (t. III, p. lU9),cctle localité est évidemment la cité Sindique déjà mentionnée, et dont il est question dans tous les géographes anciens, dont plusieurs cependant parlent aussi d'Anapolis. La rade d'Anapa, dit le meme voyageur, ouverte aux vents du large, est dangereuse, et son mouillage n'est ordinairement fréquenté que pendant la belle saison. On trouve une vue d'Anapa dans le Tableau de la Turquie et de la Ilus.tie , par MM. Joubert et Félix Mornand, in-folio, p. 168, n" 159. Voir aussi Gamba, t. I, p. 51, et Koch, Tlcise, t. I, p. 301.

n’admet que de très -petites embarcations, en sorte que de ce côté, non moins que du côté de la merd’Asof, le Kouban est comme fermé à la navigation. Hommaire parle d’un. troisième bras, c’est-à-dire d’un bras secondaire se détachant de celui du sud, mais sans le définir. Nous ne le voyons pas clairement sur nos cartes, cependant Bodenstedt, voyageur connu, qui a visité ces contrées', affirme ce qui suit : «Le Kouban envoie un troisième bras encore à la mer d’Asof à travers le golfe de Temruk , et forme avec le Kara-Kouban l’ile de Tamân, où se trouvait la célèbre Phanagorie des anciens.» Le premier point affirmé est possible, car, dans le voisinage de Kourki , de petits cours d’eau quittent le Kouban dans la direction du lac ou liman de Temruk, qui a un faible écoulement dans le golfe du même nom , et par conséquent dans la mer d’Asof; mais ce ne peut être avec le Kara-Kouban que ce bras , s’il existe , -transforme en une île cette presqu’île de Tamàn *, si singulièrement configurée , si déchirée sur scs côtes et dans son intérieur, si assiégée de bas-fonds eide marécages, et dans laquelle, aux limans du Kouban et de Temruk, il faut ajouter encore, selon la carte de Khatof , celui d’Andénisk , nom qui paraît corrompu de Ak Déguiz , mer Blanche. On a vu pourquoi cela n’est pas admissible. En résumé, la principale embouchure du Kouban

Page 1