Beschreitmng des haukasus , t. I, p. 286, planche G
dessiner et dont les colonnes sont parfaitement horizontales. Des champs de toutes les nuances de verdure marquettent les pentes, ainsi exposées au sud, de la rive gauche du Térek : c’est un véritable échiquier, et l’industrie agricole ne cesse, dans.ce pays, la culture de l’orge et de l’avoine que là où la nature dit à l’intrépide laboureur : «Halte! règne «là-bas si tu veux, mais laisse quelque place à mes chamois et à mes touris!» 1 C’est, dans cette saison (mai et juin), un des beaux paysages de l’intérieur du Caucase.
«Les roches à pic de la rive droite , déchirées sous toute espèce de formes, et dont il n’y a de vert que le pied, contrastent avec ces villages romantiquement situés sur les assises verdoyantes de la rive gauche, qui rappellent la vallée de Passanour (arrosée par l’Aragvi).
«L’intérêt qu’inspire ce paysage croît en approchant du village de Sion (sur la route qui descend ici au nord , vers le Dariel), etc.»
A une verste au-dessous de Kohi, le Térek a reçu d’une vallée voisine, à droite, l’Oukhaté-don , comme il avait reçu déjà d’une autre vallée, l’Ours-don ou Tétri-Tskali ou Petit— Térek. «Depuis la réunion de ces trois rivières, dit encore Dubois, la vallée du Térek prend un grand caractère, et, se dirigeant droit au Tiord , traverse tout le Caucase jusqu’à Vladikavkaz. Les Géorgiens l’appellent Khévi, la Vallée par excellence*, et sa partie supérieure s’étend jusqu’au délilé de Dariel , qui en était la porte , et dont le nom géorgien Khévis- Kari , Porte de la Vallée , était la parfaite dénomination.
«Le Térek, dans cette partie de son cours, qui est de
1. Espèce de chèvres, particulière au Caucase. Elle est décrite ibidem, t. IV, p, 275 et 279. Voir aussi Gamba, t. I, p. 287.
2. Voir sur le Khévi , plus haut, p. 232, et Klaproth, Voyage , t. I, p. 177. — Quant b la dénomination de don , le lecteur se rappelle quelle signifie eau, comme il a été dit p. 233 et p. 102.
26'/, vcrstes jusqu’à Darial1, reçoit les affluents suivants» (on peut les voir dans le volume que nous citons, p. 317 et suiv.).
Nous avons décrit plus haut (p. 230 et suiv.), du nord au sud, la romantique vallée du Térek, souvent si rétrécie, animée par des rapides, et, non loin du Dariel, dans la partie que les Ossètes nomment Vallée du Ciel ( Arvé-Koum ), par la belle casoade du ruisseau de Karakhy, qui arrive de la droite au Térek encore tout écumanl de cette chute s. On passe et repasse ce dernier sur des ponts rustiques , appropriés au reste du tableau. A Stépan-Tzminda , la vallée s’élargit : delà à Lars, on longe un véritable torrent; sa pente est, dit-on, d’environ 30 mètres. En été, il se gonfle d’une manière extraordinaire, par suite de la fonte des neiges : alors il devient impétueux, et, débordant son lit de part et d’autre , il fait de grands ravages. Bientôt l’espace manque de nouveau; mais passé Lars, la vallée redevient large; les pentes des deux côtés sont boisées et moins escarpées. Depuis Balta, on voit s’ouvrir d’autres vallées à droite et à gauche ; puis les montagnes baissent assez rapidement, et, à 7 verstes de Vladikavkaz, à 18 de Lars, le Térek débouche dans la plaine.
Tout en continuant de s’avancer vers le nord , il s’infléchit un peu vers l’ouest, après avoir reçu, du côté droit, le Koumbaleï, qui vient des montagnes des Ingouches. C’est surtout le mont Bélantcha , parallèle à l’Atek au sud et allant de l’est à l’ouest, qui lui imprime cette direction. Il est alors dans la Kabarda, où il baigne la forteresse de Djoulad. Dans
1. On veut parler ici du petit fort de ce nom, appelé par nous Dariela, p. 230 et suiv.
2. Voir plus haut, p. 231 , et Koch, Reise, t. I, p. 10. — Klaproth, qui parle de l’Arvé-Koum (t. I, p. 459), n’a pas ét,é jusqu’à la cascade. Sur Dariela, voir ibidem , p. 459 et suiv. , et Dubois, t. I\ , p. 289.
ses alentours, il est grossi parle Fiag, auquel viennent de se réunir le Kisil-don et l’Arre-don ou Ardan *, puis par l’Ouroukh’, tous sortis de la grande chaîne et arrivant par la rive gauche. Lorsqu’il est près de la ligne des Kosaks et du gouvernement de Stavropol *, il se détourne à l’est , où il ne rencontre plus d’obstacles , se grossit au-dessous d’Iékatérinograd, de la Malka, son principal affluent, que nous décrirons séparément, et entre, en ralentissant sa marche, dans une vaste plaine, où il perd sa limpidité et commet au printemps de grands dégâts. Décrivant au nord la limite de la Kabarda et ensuite de la Tehetchna, il passe à Mozdok et à Chtchédrinskaïa , où lui arrive, par la droite, la Soundja, autre grand affluent, qui mérite aussi une mention particulière. Là il cesse de couler à l’est : il s’avance vers le nord pour atteindre Kizliar, en traçant la limite septentrionale du pays des Koumuks *. La steppe ne lui envoie aucun renfort , et le petit bras de l’Ak-saï, rivière considérable arrivant du sud, mais qui se perd en grande partie dans les sables’, ne lui est d’aucun secours ; il s’affaiblit au contraire en se divisant; car au-dessous de Kizliar, il envoie vers le nord un bras principal qui, avec celui de l’est, forme un delta, arrosé encore par quelques bras secondaires. Le bras de l’est se partage aussi en deux , le Vieux Térek et le Nouveau Térek, qui ont leur embouchure dans le golfe d’Agrakhan. Le bras du nord, après s’èlre subdivisé de son côté, débouche dans un autre golfe de la mer Caspienne. Le delta ,