‹ L'empire des Tsars au point actuel de la science J. H. Schnitzler Le territoire, tableau naturelChapitre 219 sur 359 · Koch, Reise, t. I · texte numérisé non relu

Koch, Reise, t. I

2. Outre les ouvrages cités déjà à la p. 214, surtout le voyage de Klaproth, où la matière est traitée à fond et où les sources sont indiquées, on peut consulter, sur l'origine de ces ruines, Reineggs, Beschreibung des Kaukasua, 1. 1, p. 66 et suiv. ; comte Jean Potocki, Voyage dans les steps d'Astrakhan el du Caucase, t. II, p. 187; baron de Hammer-Ptirgstall , Goldene Horde , p. 290, et Karamziue, t. I, chap. 5, dans les notes. Voir aussi Atlas de l'ouvrage cité de Pallas, t.I, pi. 11, 12 et 13.

3. T. III, p. 338. — Yladimirofka est un peu à l'est de Bourgon-Madiar , en deçà de la limite du gouvernement d'Astrakhan.

trois mètres d’élévation; mais, au delà, les roseaux envahissent complètement son lit , et la rivière ne tarde pas à disparaître dans les sables.» Elle n’a même plus d’embouchure proprement dite , mais se perd dans les dunes , sans atteindre la mer , si ce n’est pendant les crues du printemps. «A cette époque, continue le voyageur, les masses de sable, étant encore congelées et ne pouvant par conséquent absorber les eaux fluviales, sont rompues par la violence du courant et emportées vers la mer. La Kouma conserve ainsi son embouchure pendant plusieurs jours ; mais bientôt les sables redeviennent perméables , les vents d’est en amoncellent d’autres sur les rives, les canaux d’écoulement se comblent entièrement, et le voyageur traverse de nouveau la Kouma, sans se douter qu’il franchit le lit d’un fleuve dont la ligne , suivant Malte-Brun , sépare l’Europe de l’Asie.»

Toutefois, ayant visité Koumskaïa, petit endroit situé au milieu d’une steppe affreuse , un peu au-dessus de l'embouchure de la Kouma, Mme de Ilell' en parle comme d’un port de commerce. «Le même linceuil funéraire , dit -elle dans son langage animé et souvent poétique, semblait envelopper les maisons de bois bâties dans le sable, les troupes deTurcomans et de Kalmouks qui chargeaient du sel sur leurs voitures , et les chameaux qui erraient le long du rivage , mêlant leurs cris lamentables au bruit sourd des vagues . . . Cependant ce point du littoral, tout affreux qu’il nous parut, n’est pas sans importance au point de vue commercial. Il possède de grandes salines (des lacs salants) et un port où les bâtiments venant du Volga débarquent les céréales destinées à l’armée du Caucase. A notre arrivée, nous comptâmes au moins une vingtaine de navires que la tempête précédente y

I. T. Il, p. 14. — On péril voir ainsi sur les embouchures de la Kouma, Pallas, Voyage s dans les gouvernements méridionaux de l'empire de Russie, I. I, p. 309.

hydrographie; BASSIN DD VOLGA.

avait en grande partie poussés comme une troupe de goélands effrayés.»

Bassin du Volga. Colossal par ses dimensions , il est en Europe sans égal , de même qu’aucun autre cours d’eau de cette partie du monde ne peut rivaliser avec son fleuve. Le plus grand bassin de l’Europe occidentale, celui du Danube, n’a pas plus de 770,000 kilom. carr. , et le bassin du Rhin, d’un des plus beaux fleuves de ces contrées, n’en a pas môme 200,000 : celui du Volga , d’après Balbi , a l’énorme superficie de 1,360,000 kilom. carr. , ce qui est un huitième de celle de l’Europe entière, plus du double de celle de la France ; M. Müller1 2 la porte même jusqu’à 1,650,000 kilom. carr. (30,000 milles carr. d’All.). Quoi qu’il en soit, le bassin du Volga occupe , depuis le gouvernement de Vologda jusqu’à la mer Caspienne, toute la partie orientale de la Russie d’Europe, y compris une forte portion du centre et la vieille capitale, Moscou, elle -môme. Appuyé sur le plateau de Valdaï , au sud du lac llmen , où une assez faible distance le sépare de la mer Baltique (golfe de Finlande) , il s’étend de là jusqu’aux monts Ourals qui forment son bord du côté de l’est, comme le rameau des Ouvalli, qui se soude sur l’Oural après avoir couru de l’ouest à l’est, forme ce bord du côté du nord. Ce bord septentrional , sur lequel nous avons déjà appelé l’attention', parait assez élevé. «La ville d’Oustioug (gouvernement de Vologda) , dit M. Blasius , a , d’après nos calculs barométriques, une hauteur de 330 pieds au-dessus du niveau de la mer ; le plateau le plus élevé du sol forestier à l’entour de cette ville , et dans le voisinage du confluent

1. Dans le second volume de son ouvrage: lier Ugrische Volkssiamm, p. 79, volume qui porte ce titre particulier : llistorisch-geographische DarstMung des Slromsystem* der Wolga, Berlin, 1839, 679 pages in-8°. C’est uu livre plein d'intérêt, écrit avec un vrai talent et un rare savoir.

2. Voir plus haut, p. 199 et 200. — Blasius, lieise, t. I , p. 2A3.

de la Soukhona et du Ioug , de la Dvina et de la Vytchegda , peut bien s’élever généralement à 600 pieds (200 mètres) : le point de partage des eaux entre le bassin de la mer Blanche et celui du Volga est encore de près de 200 pieds plus haut. La ville de Vologda a une altitude de 420 pieds ; le point de partage est voisin de la ville de Griasovetz , dont l’altitude est de 760 pieds. On peut , sans risque de forte erreur , estimer à 800 pieds au moins, la ligne de partage qui s’avance de là , par Nikolsk, à l’est et aboutit à l’Oural septentrional.» Ce passage est important: la limite du nord est ainsi bien déterminée. Quant à celle de l’ouest, nous l’avons en partie déjà vue , en parlant du bassin du Dnièpr. Là, un émissaire du plateau de Yaldaï s’avançant au sud par Dorogobouge, et des ondulations de terrain dans les gouvernements de Kalouga et d’Orel , qui se lient ensuite au plateau de Koursk, séparent les domaines des deux fleuves. Le même plateau de Koursk se place entre le bassin du Volga et celui du Don , qui , du côté de l’est , s’avance même beaucoup plus vers le nord , le plateau central ne se prolongeant pas vers le sud-est autant que vers le nord-ouest1. Il en résulte que la limite méridionale du bassin du Volga est décrite par une ligne très inclinée et à courbes nombreuses ; car de Koursk elle remonte vers le nord jusqu’à Toula ; puis elle traverse le gouvernement de Riaisàn dans son milieu, et s’infléchit vers le sud, dans celui de Tambof, pour tourner les sources de la Tsna , affluent de l’Oka ; elle coupe le gouvernement de Penza, entre la Mokcha , autre affluent de l’Oka, la Vorona, affluent du Don , et la Soura, affluent du Volga et limite du côté de la population tatare. Enfin , laissant à droite la Vorskla , le Khoper et la Medvéditza , tous affluents du Don , elle passe près de Serdobsk pour se rapprocher de

1 . Voir là-dessus Murchi-on ; édition allemande , p. 36. Dans le même ouvrage, on trouve la description géologique du bassirf , p. 83 et suiv.

hydrographie; BASSIN DV VOLGA.

son fleuve , et courir ensuite entre lui et la Medvéditza , qui resserre le bassin du Volga , dans la direction du sud , vers Saratof, Kamychine, Tsaritsyne, et finalement par le gouvernement d’Astrakhan, entre la Sarpa et le Sal (affluent du Don) , jusqu a la mer , où elle aboutit dans l’espace situé entre les bouches du Volga et celles de la Kouma.

Ainsi, cet immense bassin, transition de l’Europe à l’Asie, n’est vraiment massif que dans sa patrie orientale , là où sa population est , non pas slavonne , mais finnoise et tatare , en avant de l’Oural , dans l’étendue répartie de la manière suivante entre sept gouvernements 1 :

mille» carrée d'Allem.

verttet

carr

Perm * .

Orenbourg 3 .

Viatka . . .

Kasan . . . .

Simbirsk . . .

Samara ‘ .

Astrakhan . .

2,8fi0

Totaux .... 16,940

1. Nous adoptons les estimations et les réductions de M. de Koeppen, dans le mémoire Veber die Diehligkeil der Bevülkerung in den Provin ten des eumpàischen liusslands , 1845.

2. Sans la portion asiatique qui, selon M. de Kœppen, est de 2,840 miU. carr. d’All., ou de 137,424 verst. carr. L'étendue totale du gouvernement de Perm est de 6,073 mill. carr. d'All., ou de 293,851 verstes carrées.

3. Même observation. La portion asiatique est de 1,819 mill. carr. d'All., ou de 87,989 verst. carr. Le total du gouvernement d'Oronbourg, de 5,762 mill. carr. d'All., ou 282,338 verst. carr. Dans ce chiffre est compris, pour 1,192 mill. cair. d'All. , le pays dos Kosaks de l'Oural. M. Vôlter, qui n'en tient pas compte (p. 50), ne donne au gouvernement d'Oronbourg que 4,570 mill. carr. d'All. Mais tout cela sera l'objet d'un travail ultérieur.

4. Le gouvernement de Samara a été organisé par oukase du 18 décembre 1850 et composé de sept districts, dont deux distraits du gouvernement de Simbirsk , deux de celui de Saratof et trois de celui d’Orenbourg. Nous avons déduit des chiffres de Simbirsk et d'Orcnbourg les districts retranchés.

Mais , le prenant ensuite à rebours , du bas en haut , on peut dire, qu’il fait en avant de cette partie orientale une espèce de trouée à l’ouest , dans les pays slavons , jusque vers le lac llmen, et à cette trouée appartiennent encore les six gouvernements suivants :

millet earr. vent.

d’All. carr.

Nijegorod 1 877 42,432

Kostroma 1,406 72,427

Iaroslavl 660 31,933

Vladimir 862 41,708

Moscou 589 28,51 1

Tver 1,223 59,191

plus , des portions des gouvernements de Penza , de Saratof, de Tambof, deRiaisàn, de Toula, de Kalouga et de Smolensk.

Aiusi, tandis que la Petite -Russie se partage entre le bassin du Dniepr et le bassin du Don , la Russie Blanche entre celui de la Duna et celui du Dnièpr, auquel appartient aussi la Russie Noire (la Russie Rouge se divise entre le même bassin et celui du Boug occidental), la Grande-Russie ou Moscovie ’ proprement dite, sans ses appendices du nord et du nord-ouest, se rapporte presque tout entière au bassin du Volga , essentiellement composé cependant de la Russie orientale ou des anciennes tsaries de Kasan et d’Astrakhan.

En résumé , vingt gouvernements différents dépendent de ce bassin , soit partiellement, soit en totalité : ce sont des pays d’agriculture et d’industrie qui, un jour, ne le céderont , quant à la richesse, à nid autre de l’Europe. Il est entouré ,

1. Le nom du gouvernement est Nijegorod ; celui de son chef-lieu, Nijnü- Xovgorod.

3. Toutes ces divisions seront expliquées dans la suite. En attendant', on peut voir A ce sujet notre ouvrage La Ibusie, la Pulvgne et la Finlande, p. 43 ctsuiv., et Muller , t. Il, p. 351) et suiv.

hydrographie; bassin DU VOLGA.

au nord , des bassins de la Petchora , de la Dvina et de l’Onéga; à l’ouest, de celui de la Néva et des lacs, ainsi que de ceux de la Duna 1 et du Dnièpr ; au sud , les bassins du Dnièpr et du Don se placent entre lui et la mer Noire avec la mer d’Asof; enfin à l’est , il confine avec le bassin sibérien de l'Irtysch-Obi 1 et avec celui du fleuve Oural , dont il sera bientôt question.

Quant à sa pente, elle varie de même que sa largeur, qui, après avoir été immense à Kasan, se rétrécit singulièrement depuis SaratoC D’abord l’inclinaison générale regarde le nord-est; cependant un peu au-dessus de Rybinsk (gouvernement de Iaroslavl) commence la vallée transversale entre le plateau central et la petite chaîne des Ouvalli, dont le Volga a fait sa vallée propre. Celle-ci , jusqu’à Kasan , est inclinée vers l’est ; mais alors les escarpes occidentales de l’Oural lui donnent une direction nouvelle. Sa pente se retourne vers le sud, sans cesser cependant de marquer une tendance vers l’est qu’elle finit aussi par suivre en approchant de la mer Caspienne. La longueur extraordinaire de cette vallée, qui, en droite ligne, est de près de 1,500 kilom. de l’ouest à l’est, et encore de 1,500 kilom. du nord au sud, doit faire supposer un escarpement graduel du terrain. En effet, les sources du fleuve , sur le plateau d’Ostaschkof, sont , d’après Müller , à environ 250 ou 280 mètres au-dessus de la mer Baltique, ce qui en fait près de 300 au-dessus de la mer Caspienne dont le niveau est plus bas que celui des autres mers , ainsi qu’il résulte de la discussion à laquelle nous nous sommes livré1.

1. Sur le point où les bassins du Volga, de la Duna et de la Dvina continent, voir ce qui a été dit plus haut, dans la description du lac ünéga, p. 337.

i. Il sera parlé plus loin de la possibilité, encore problématique, d'une jonction de ce dernier bassin avec celui qui nous occupe ici, de même qu'on a déjà fait mention (p. 407) et qu'on mentionnera encore plus loin, la jonction du bassin du Volga avec celui du Don.

3. Voir plus haut, p. 75-77. — D'après Erdmann, Ddtriiijc, t. I, p. 187, le

Cependant une telle chute totale est à peine suffisante pour donner l'impulsion nécessaire à un cours d’eau de cette longueur , et le Rhin , depuis le lac de Constance jusqu’à Rotterdam c’est-à-dire sur une longueur qui est du quart de celle du Volga, a, d’après Millier, 1,200 pieds ou 400 mètres de chute.

Il est difficile d’embrasser du regard l’ensemble d’un si grand bassin , qui se compose de parties très-distinctes qu’on peut appeler des sous - bassins. Nous traiterons séparément du sous-bassin de l’Oka, de celui de la Soura et de celui de la Kama; mais on pourrait en compter un plus grand nombre: ce seraient, depuis la source du fleuve, les sous-bassins du Volga supérieur, de la Tvertza, de la Mologa, de la Chexna, de la Kostroma, de l’Ounja, de l’Oka, de la Soura, de la Vetlouga, de la Kama, enfin du Volga moyen et du Volga inférieur.

Passons à la description du cours même du fleuve.

Le cours du Volga 1 est au total de près de 4000 kilom. ,

Volga aurait, de Kasan à la mer, une chute de 1 iü mètres; mais la base de ce calcul ne parait pas tout à fait eiactc.

1. Ce nom est celui que les Slaves donnaient au fleuve dès les plus anciens temps. Il apparaît pour la première fois dans la Chronique de Nestor, à l'annce H 00, et peut-être est-ce de ce nom que le peuple ouraliquc des Bulgares ou Boulgares a reçu le sien, à moins qu'on n'aime mieux adopter l'inverse. Le premier auteur du monde latin qui ait fait mention du nom de Volga, c'est le frère mineur Jean du l'Ian de Carpin (voir son Hisloria Mongalorum, dans les Mémoire* île la Société de Géographie de Paris, t. IV; traduction française dans le recueil de Bergcron, Voyages faits en Asie; traduction partielle, dans Charton , Y'oyagenrs anciens et modernes, t. II, p. 223-251), qui fit, en 1246, son vavagc à la cour du grand - khan des Mongols. Un autre minorité , Guillaume Rubruquis (plus exactement, de Ruysbroek), qui fit le même voyage, en 1253, au nom du roi de France saint Louis, répète cette même mention. Marc Pol, le plus célèbre voyageur du moyen âge (voir aussi dans le recueil de Bergcron et dans les Mémoires de la Société de Géographie de Paris, t. I, et une traduction nouvelle, complète, dans Charton, t. Il, p. 256-438) n'a pas entendu parler du Volga; et, même après lui, ce nom, inscrit sur quelques cartes, bien connu du baron de Ilerbcrslcin et de Paul Jove , et employé par quelques géographes, fut

en tenant compte de toutes ses sinuosités; en les négligeant, M. F. -II. Müller lui donne 430 milles d’All. ou plus de 3,000

en somme peu usité, celui de 71 ha et celui A'Ilil ou Elit restant plus en vigueur. Voir à ce sujet le savant travail de Müllcr, t. II , p. 81-109.

Chez les anciens, le nom le plus en usage était aussi celui de Rha ('PS). Ptolémée (V, 8) a déjà une connaissance assez exacte du fleuve et n'ignore pas qu'il se compose de deux rivières (Volga et Kama) venus du pays des Hvperboréens (éittpéjv oupqîotÀÀouoi Au o ixo-oqxoi pècvTc; à~o t<ùv ' YirEp^opctav ôpswv, texte de l’édit. Wilborg et Grashof, malheureusement inachevée). Il parle aussi d'une région des lies à l'est du Rha (xal àn:’ àvaroÀùv roù'Pa ixorapicG <t>5cipoçstvoi xat Motrqpot, xaî fi Nijouên; xopà), laquelle pourrait bien être la région insulaire entre le Volga et l’Akhiouba. Pomponius Mêla (III, 9) se montra, avant lui, non moins instruit, llommaire (t. III, p. 321 ) nie que la connaissance du fleuve remontât plus haut dans l'antiquité, comme le savant Manncrt l'avait nié avant lui (t. IV, p. 347); il avait même dénié cette connaissance â Pomponius, dans le texte duquel il y avait autrefois Araxes au lieu de Wia (cette dernière leçon est due à une correction de Pinlianus, adoptée par Vossius et Gronovlus). Mais le nom A' Araxes n'était-il pas synonyme de Rha, et Hérodote lui-mème (surtout IV, Il et 1, 202; le passage IV, 40 semble se rapporter à un autre fleuve) ne l’a-t-il pas employé pour désigner notre Volga? On est tenté de le croire après avoir lu la description du fleuve donnée par le père de l'histoire, qui le confond cependant avec le fleuve arménien de la même dénomination, auquel, certes, cette description n'est pas applicable. En France, le président Bouhier (Dissert, sur Hérodote, chap. 18) a déjà soutenu cette opinion, et Larcher, le savant traducteur d'Hérodote , l’a ensuite appuyée (Table géographique au mot Araxe). Elle fut également celle de Bayer, grand érudit de Saint-Pétersbourg (voir De origine et priscis sedibus Scytharum, dans Comment, acad. Petropol., 1. 1, p. 394-399). Mais elle fut combattue par un érudit français non moins grand, le baron de Sainte-Croix, dont l’argumentation toutefois ne nous parait pas absolument persuasive (voir Mémoire sur le cours de l’Araxe et du Cyrus, p. 107, dans Voyages dans les pays situés entre la mer Noire et la mer Caspienne). Eichwald (Aile Géographie des Kaspischen Meeres , lre partie, p. 13-26 et p. 36) veut que cet Araxe soit l’Oxus, ce qui reste également sujet à examen. Dans tous les cas , et sans oser trancher la question , nous ne voudrions pas nous associer à l'affirmation suivante si positive de llommaire : > Séparé des colonies grecques et du théâtre de leurs relations politiques par de vastes déserts occupés par des populations barbares et inhospitalières, le Volga est resté totalement inconnu aux écrivains et aux géographes qui précédèrent le deuxième siècle de notre ère. Strabon et Pline eux-mêmes n’eurent pas le moindre soupçon de son existence. Pomponius Mêla seul parle d'un fleuve Rha , se rendant â la mer Caspienne; mais comme il le fait sortir des monts Cérauniens, qui ne sont autres que le Caucase (peut-être, voir Mannert, l. IV, p. 367), il est permis de contester

verstes Après celui du Don , il a été longtemps considéré comme formant la limite entre l’Europe et l’Asie. Le berceau du fleuve, ainsi qu’il a été dit plus haut, est dans le voisinage de ceux de la Duna et du Dniepr , dans le pays des sources , plateau du district d’Ostaschkof (gouvernement de Tver), près du village à église (sèloj de Yolgo - Verkhovié Là, sous la latitude de 57° 10', commence , sous forme d’un faible ruisseau , le fleuve géant qui n’a pas de rival en Europe et qui , dans l’ Ancien-Monde , n’cst vaincu , que par les deux plus grands cours d’eau de l’empire Chinois, le Kiang et le Hoang-ho , puis par le Nil et le Iénicéï , qui tous sont surpassés à leur tour , dans le Nouveau-Monde , par le Maragnon et le Mississipi s. Ce ruisseau se jette dans le lac de

la valeur Je son assertion et de révoquer en doute l'identité entre son fleuve et le Volga. » Ce qui est plus probable, c'est que le père do l’histoire, qui ne connaît la Scythie que confusément, par ouï-dire et d'après les rapports sur l'expédition de Darius Hyslaspc de l'Isler au Tanaïs et au delà , parle , ainsi que l'observe trèsbien Müllcr (t. II, p. 84) et que l'a fait remarquer avant lui James Rennel (The geographical *g*tem of llerodolus, t. I, p. 1 16-118), de deux Araxes différents; et, L. IV, 122-125, il parait en outre désigner le Volga sous le nom d'Oarus, que connaît aussi Pline (H. .Y., VI, 7).

Quoi qu'il en soit , le nom indigène du fleuve n'a rien de commun ni avec Araxe, ni avec Rha, ni avec Volga : ce nom, appartenant à un idiéme de la langue turque, est Etel, Hel, Itil ou Idel, altéré par les Byzantins ( entre antres par Ménandre et par Tbéophane), et transformé en Alel. Atalis , Attila ou Attila*, adopté, sous sa vraie forme ou sous celle A' Atel, par les géographes arabes. Le mot Hel signifie fleuve par excellence, grand fleuve (comme oulotig Hel). La ville khasare d’Alcl tira son nom de sa situation sur le Volga.

t. D’après Balbi, la cours du Volga serait de 3,778 verstes; d'après Vsévoloj-ki, de plus de 4,000; d'après M. Arsénief, de près de 4,000. Storch, Geinalde de* nii**i*chen Heichs, t. VII, p. 7, donne le chiffre de 570 milles d’AU. ou 4,221 kilomètres; Klôden (Géographie, p. 229), celui de 510 (3,780 kilom.); Hommaire, celui de plus de 4,000 kilomètres.

2. Voir la carte accompagnant le rapport de M. de Kceppen Ueber den Waldund \Ya**er-Vorrath im Gebiete der uhern und mittlern \Yolga, 1841. — Sur ce pays des sources, il faut consulter Muller, t. II, p. 1 10.

3. Quand on réunit à celui-ci le Missouri, comme le fait Balbi, sa longueur totale est de plus de 6,400 kilom.; le Maragnon en a environ 5,700.

Sterje, qui a son écoulement dans le lac d’Ovséloug, lequel, à son tour, est réuni par un cours d’eau au lacPéno. L’écoulement au sud de ce dernier lac est regardé comme étant la réapparition du Volga, et cet écoulement s’avance à l’est vers le petit lac Volgo, qu’il traverse , pour se réunir un peu plus loin à la Sélijarofka , émissaire méridional du lac Séligher, sur lequel est situé Ostasclikof Après cette réunion, le Volga sort, sans entraves ni difficultés, du pays des sources, et coule , avec un volume d’eau déjà notable, dans la direction de Tver.

On l’appelle Volga supérieur , jusqu'à son conlluent avec la Chexna , près de Rybinsk , dans le gouvernement de laroslavl; Volga moyen, de là jusqu’à son confluent avec l’Oka , à Nijnii - Novgorod , et inférieur, depuis ce point jusqu’à la mer Caspienne. Tel est l’usage adopté dans le pays; mais on pourrait aussi appeler Volga moyen , la partie de son cours entre Rybinsk et Tsaritsyne , et subdiviser celte dernière en deux portions au moyen du coude ou du sommet de l’angle que forme le fleuve à Kasan , savoir : la portion septentrionale de Rybinsk à Kasan, et la portion méridionale de Kasan à Tsaristyne.

Ilommaire dellell 1 fait ressortir l’incertitude des commencements du cours du fleuve, en remarquant que rien ne saurait indiquer d’une manière plus frappante le caractère d’uniformité des plaines de la Russie. Pourtant, ne pourraiton pas, avec non moins de raison, avec plus de fondement même peut-être, attribuer cette incertitude à l’inégalité même du terrain, inégalité produite par les escarpes du plateau de Valdaï? Néanmoins, nous en convenons, ce serait abuser des mots que de placer dans «les montagnes» le berceau du Volga: le fleuve descend paisiblement d’un petit

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