Voir p
3. Voir, en outre des ouvrages cités plus haut, Erdmann, Beitrâge , t. H, p. 81 , avec la carte intitulée : Südlicher Theil de» Saratow'schen Gouvernements; Erman, Reise, t. I, p. 422, et Muller, t. Il, p. 504-511.
celles qui sont dans le lit même du Volga *. Une île de cette dernière nature se rencontre au-dessous de Tsaritsyne, à l’endroit où le fleuve reçoit la Sarpa , son tout dernier affluent, venant du sud et qui a sa source dans les monts Irghen (Hippici montes), qu’on appelle aussi, d’après elle, coteaux ou plateau de la Sarpa. C’est près de cette île, dont le nom est Sarpinskoï Ostrof , île de la Sarpa , que , arrêté par la petite chaîne dont nous venons de parler, le Volga, faisant un dernier coude, s’infléchit encore une fois vers l’est, pour suivre cette direction jusqu’à la mer dans le gouvernement d’Astrakhan.
Le sol qu’il arrose alors est le vrai Deschté-Kiptchak , la steppe du Kiptchak occidental, où le khan de la Horde (mieux de l’Ordou) d’Or, issu du conquérant mongol Témoudjine dit Tchenghiz-khan, par son fils Djoutchi, établit, au XHI° siècle, le siège de sa puissance, et fonda Saraï. On ne connaît pas au juste la place de ce campement transformé ensuite en ville, où, pendant longtemps, tous les princes russes, alors si nombreux et si divisés, étaient obligés de venir baiser les pieds de leur farouche vainqueur; mais, comme Atel ou Itel, la capitale du peuple ouralique des Khasars, prédécesseurs des Petchénèghes et des Romans ou Poloftses, Sara! paraît avoir été dans le voisinage du bas Volga , un peu au-dessus peut-être de la ville d’Astrakhan, qui en devint l’héritière , comme capitale d’un royaume et comme centre d’un grand commerce*.
1 . Voir dans Pallas , Voyage s dans les gouvernement s méridionaux de l'empire de Russie, t. ! , le chapitre intitulé : Voyage au sud du Volga, p. 78-288.
2. Voir sur tout cela, Karamzine, t. IV, fin du cliap. I et notes; K.-ll. Muller, t. II, p. 554-587 ; Ritter, Géographie, t. H, p. 505, et notre ouvrage, La Russie, etc., p. 700. Voir aussi le livre de M. lo baron Hammer-Purgstall, Geschichte der golden en Horde in Kiplschak, p. 141 et 431. Ce savant ouvrage du Vénérable orientaliste de Vienne est une source abondante de renseignements précieux sur le peuple des Mongols et sur la conquête qu'il fit de la Russie.
hydrographie; bassin du volga. 459
Dans cette partie inférieure de son cours , toujours plus lent et plus divisé, le fleuve baigne les forts de Tchernoïlar (Rive noire) et de lénotaïefsk, où passe la route de Moscou à Astrakhan, en venant de Tarabof et de Tsaritsyne. Un peu au-dessus du grand port de la mer Caspienne , il commence à former son vaste delta, célèbre par la culture de la vigne 1 et dans lequel ce même port , distant de la mer de 50 verstes *, est pour ainsi dire encadré. C’est le Bousân qui détermine la formation du delta en se détachant du cours principal du côté de l’est3. C’est à lui que se réunit I’Akhtouba, et il arrive à la mer au-dessous de Krasnoïarsk. D’autres bras sont le Bogda et le Koutoum ; mais on en compte jusqu’à soixante-douze, plus ou moins longs. Le cours principal , appelé Iarkofsk et qui sert à la navigation , mais sans offrir partout plus de deux mètres de profondeur, nulle part plus de quatre, est celui de l’ouest : il conserve plus de 700 mètres de largeur et a environ 90 verstes de long , tandis que tous les bras secondaires sont plus courts. La base du delta dont nous parlons est d’environ 150 kilom. , et elle se compose d’îles de sables souvent verdoyantes et couvertes de pâturages. Rubruquis connaissait déjà , quoique imparfaitement, cette nature de l’embouchure du Volga. Après avoir fait mention de Sara!, «bâtie nouvellement sur l’Etilia,
t. Voir Pallas, à l'endroil cité, p. 244; Erdniann, Beitrâge, t. Il, p. 175 et suiv.; et Gœbel, t. I, Reise, p. 173.
2. Gœbel, t. I, p. 170, dit de 85 verstes, mais cette distance nous parait exagérée. Il en compte de 125 i (30 jusqu'au phare de Tchétiri Bougra (voir p. 68). — Le même auteur décrit la Quarantaine établie sur une lie, non loin de la mer. Il fit différentes courses sur les bouches du fleuve débordées et ne formant qu'une seule nappe d'eau.
3. Voir sur le delta du Volga et sur Astrakhan, Gmelin le jeune, Reine, t. Il, p. 70 et suiv.; Pallas, à l’endroit cité; comte F. Potocki, Voyage dan » les steps (t Astrakhan et du Caucase t t. Il, p. 27-56; Erdmann, Beitrige, t. II, p. 1 35- 175; Eichwald, Reise, t. I, p. 3-45; Muller, t. II, p. 535-554; Gœbel, Reise, t. I, p. 152-173, avec une carte du bas Volga et de la steppe des Kirghises.
dit-il, du côté du levant», il ajoute : «Lavallée de la rivière, qui se divise là en trois branches, dont chacune est plus grande deux fois que celle du Nil à Damiette, et puis se sépare en quatre autres moindres bras, a plus de 7 lieues de large'.»
Le Deschté-Kiptchak d’autrefois, aujourd’hui steppe des Kalrauks et steppe des Rirghises , que le Volga arrose en terminant son long cours , est la transition manifeste entre l’Europe et l’Asie. En ce qui concerne la partie méridionale de la Russie, on n’avait pas tort de regarder le Don comme la limite entre ces deux parties du monde : au delà , commence la vie nomade sous l’invocation de l’islam.
Nous avons déjà vu , et nous verrons mieux encore dans la suite, de quelle immense importance est pour le commerce la navigation du Volga, qui ouvre une communication entre la mer Caspienne et la Baltique et pourvoit à l’approvisionnement des deux capitales de l’empire. Pourtant elle n’a lieu avec toute sa grande activité qu’entre Tver et le village kosak de Doubofka, qui est un peu au nord de Tsaritsyne. Là s’arrêtent la plupart des bateaux, leurs cargaisons devant être transportées à travers le volok , sur le Don , afin de descendre, par cette voie fluviale, dans la mer d’Asof et la mer Noire*. L’entrée du Volga, depuis la mer Caspienne, est interdite aux bâtiments d’un tirant d’eau de plus de deux brasses et même au-dessous , de manière que le transport des marchandises ne peut se faire qu’au moyen des allèges. Les bas-fonds et les bancs de sable lui opposent en beaucoup d’endroits des difficultés sérieuses, et, sans les crues prin-