Voir plos haut, p
2. Sur celte ville, chef-lieu du gouvernement du même nom, située à 535 verstes de Saint-Pétersbourg, à 121 de llelsingfors (capitale actuelle de la Finlande), et qui a 2,1 70 habitants des deux sexes, voir prince Galitsyne , l. II, p. 307 et suiv.
3. Sur eetle ville , ancien foyer de seienres et centre de la société suédoise en Finlande , voir Lindeman, p. 115-120.
lande, vis-à-vis de l’archipel qui s’étend depuis la ville jusqu’aux îles d’Aland, est large, mais d’une longueur restreinte. Nous le mentionnons, pour faire remarquer que nous quittons le golfe de Bothnie , les deux autres systèmes d’eau de la grande principauté étant penchés vers le golfe de Finlande et le lac Ladoga. Ces deux systèmes sont celui du lac Pæïæné et celui du lac Saïma.
Système du lac Pæïæné. Désigné, d’après Rein, par le prince Galitsyne sous la dénomination de » système de la Finlande moyenne ou de Tawastehus» , il est placé entre le système du kumo et celui du lac Saïma. Le Pæïæné, qui a ISO verstes de long, et, au maximum, 25 verstes de large, est à environ 84 mètres au-dessus du niveau de la mer. Il est entouré de lacs plus petits, comme le Kolima-iærwi, le Keilelo, le Puulta-wesi, le Wesi-ia‘rwi et le Ruotsalainen. 1 Ces lacs, et plusieurs autres, ont un écoulement commun.
C’est le Kymmene , long de 250 à .800 verstes. 11 sort du grand lac, à son extrémité sud-est, non loin de llcinola, dans le gouvernement de Saint-Michel , mais porto d’abord un autre nom et se renforce de différentes autres eaux , ainsi qu’on peut le voir dans le passage ci-après des auteurs cités. Le lac Wesi-iærwi, disent-ils, c abandonne son excédant à la rivière Kalkis*, qui le porte ensuite au lac Huotsa-
1. Ce dernier nom esl celui que les Finnois donnaient à leurs anciens maîtres et aux étrangers en général. Il joue un rôle dans ta critique des origines des Russes (voir Ut Humie, la Pologne et la Finlande, p. 18). Cependant depuis la publication de notre livre ont paru les savants travaux du plus érudit des Slaves contemporains, Szaflarik (Chaflàrik) , ceux de M. Kunik, savant membre de l'Académie des sciences de Saint -Pétersbourg, auteur de l'ouvrage Die Rertifung drr xchwediechen Itodxen , ceux de M. Sjœgren , son collègue , ceux enfin de M. Pogodine, professeur d'histoire à l'université de Moscou. Nous en ferons connaître les résultats dans la suite.
i. Dans la traduction du prince russe, il y a kalkisome (I); niais Rein avait écrit Kalkix Sirom, torrent de Kalkis. Muller (I. I, p. 4G8) écrit h'ellie. — Malheureusement les noms de tous les grands lacs ne sont pas inscrits sur les cartes,
hydrographie; système du lac pæïæné. 499
laïnen. C’est dans ce dernier lac que la rivière Jyràngô prend sa source; elle débouche, après un cours peu étendu, dans le Konne-wesi d’où sort le Kymmené, par le moyen duquel s’opère l’écoulement général'. Cette importante rivière traverse, dans la direction de l’est, une foule de lacs de grandeurs variées. En arrivant sur les confins des gouvernements de Nyland et de Wyborg, elle tourne dti côté du sud , et, après avoir franchi des ressauts formidables, parmi lesquels la cataracte d’Hogfors tient le premier rang, débouche par cinq bras dans le golfe de Finlande. » Cette cascade appartient au bas Kymmené et au bras gauche du fleuve, qui, en cet endroit, s’est déjà divisé une première fois. On y arrive en suivant la route de Frédérikshamm , ville où fut signée la paix de 1809, à Lowisa, petit port que les Anglais ont presque détruit dans la guerre actuelle. La chute , divisée en deux étages par un rocher de forme aiguë, a, dans son ensemble, une hauteur de 15 à 20 mètres. «Au-dessous, dit le prince Galitsyne*, se jouent une multitude de cascatellcs capricieuses, dont le brisement contre les pointes de rocher produit une poussière d’eau qui s’élève comme un léger brouillard.» Plus bas, le bras gauche du fleuve se ramilie à son tour avant d’atteindre la mer près de Kymmenégard et près du port de Rotchensalm, où stationne , en temps ordinaire , la flotte russe , dite des skœrs , et composée de bombardes et de barques canonnières à fond plat et sans beaucoup de tirant d’eau. Le bras droit ou
trcs-déLaillécs pourtant, de la Finlande, dans le grand atlas russe de 1833. Sur la carte du prince Galitsyne, ils ne le sont pas davantage. Il faut des cartes excessivement spéciales pour se reconnaître dans ce labyrinthe sans fin de lacs grands et petits.
1. Nous modifions encore ici la traduction française, un peu altérée, d'après l’original allemand.
2. T. Il, p. 357. Voir aussi Fr.-G. de Schubert, Iteise durch Schweden , Norwegen , Lappland und Finland in (Un Jahren 1817-1820, t. III, p. 4ÿ|.
de Lowisa, après s’ètre également divisé, a son embouchure vis à vis de Swartholm, dans l’espèce de baie qui sépare le petit port de cette île. Le Kymmené , large et beau , a une grande abondance de poissons, surtout de saumons; mais à raison de ses nombreux rapides et cascades, il ne se prête point à la navigation.
Système du lac Saïma. Dans l’ouvrage du prince Galitsyne, il est appelé système de la Finlande orientale, ou aussi système du Savolax et de la Karélie, d’après les noms suédois des deux anciennes provinces du sud-est de la Finlande , qui avaient pour chefs-lieux Nyslot (en finnois Sawolinna) et Wyborg (Somen-limia)1. Il se compose de ce groupe de lacs décrit à la page 342, et qui a pour écoulement la Wuoxa (en russe Voxa). C’est un bassin lacustre penché vers le Ladoga et y déchargeant ses eaux. Tout le système s’étend, en un réseau de près de 300 kilomètres de long, depuis 60° 50’ jusqu’à 63° de lat. N. et meme au delà. 11 est, comme nous l’avons dit, enfermé entre la ville de Willmanstrand, en Karélie, et celle de Kuopio, chef-lieu du gouvernement actuel de ce nom. Le fort de Nyslot est
1. On peut voir la Karélie, c’esl-â-dire , la Vieille Finlande, composée des districts de Wyborg et de Keksholm , sur l'une des cartes de l’Atlas Russien , publié en 1 7-45 par l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg. On peut consulter aussi la Géographie de Büsching, édit. ail. de 176G, t. IL, p. 103-105; Muller, t. I, p. 403-469 ; Possart , etc. Les districts de Wyborg et de Kcksholm appartiennent i la Russie depuis la paix de Nystad en 1721; le Sawolax resta à la Suède jusqu'en 1809, à l'exception de la ville de N'yslot, avec son territoire, qui fut cédé, ou plutôt restitué, i la Russie par le traité d’Abo de 1743. On a regardé, sans doute i tort, le nom de Sawolax comme étant le même que celui de Zavolotchié (voir p. 486); quant i celui de Karélie, on en donne différentes étymologies. D'après Muller (t. I, p. 465), ce nom serait le même que celui de Kariala (Kyriala) et signifierait en finnois pays à bestiaux. Quant i nous, nous aimerions mieux le dériver de larlt riki, royaume du iarl ou comte, (tyf'on trouve dans l'histoire de la Scandinavie dès le XIIIe siècle et que Snorro Slurleson connaît très-bien.
Digiti
ale
hydrograpoie; système dd lac saIma. 501
dans son centre Le lac sur lequel est situé Kuopio s’appelle Kalla-wesi et a 40 verstes de long; plus au nord sont encore le Maaninka-wesi et l’Onki-wesi. Plus au sud , dans l’écoulement du Kalla-wesi qui le joint à l’Aïmis-wesi , au Houpawcsi et au Hanki-wesi, est la cascade de Werkâus dont nous avons déjà dit un mot , cascade ainsi appelée du nom que porte l’écoulement lui-mème, qui doit devenir plus tard la Wuoxa. «La largeur de la rivière en cet endroit est immense, dit le prince Galitsyne1, qui la visita depuis l’usine de fer établie sur son cours; une ceinture de rochers, à travers lesquels l’eau s’écoule en mugissant , s’étend depuis l’ilot jusqu’au rivage. Au-dessous est un saut dans lequel le tourbillon tombe en bondissant. Prise dans son ensemble, la cataracte de Werkâus rappelle la célèbre cbutc du Rhin qu’on admire à Schaffhousc. » Ainsi de lac en lac , et d’émissaire en émissaire, le système arrive à Nyslot, qui, avonsnous dit, en est le centre, et où il se déverse par la rivière de Haapa-wesi, sur laquelle on arrive dans le Pihlas-wesi, qui est en communication à l’est avec le Puru-wesi, et le Pielis— iærvvi. Du Pihlas-wesi, l’écoulement gagne enfin le lac Saïma (en russe Zaïma), déjà décrit, et qui termine le système au sud en s’étendant jusqu’à Willmanstrand. C’est de cet immense lac que sort la Wuoxa, en se dirigeant par de grands détours vers le Ladoga , dans lequel il se dégorge à Keksholm, après avoir formé, par scs épanchements, de nouveaux lacs grands et petits, au milieu desquels, comme
t. Voir sur ce fort, prince Galitsyne, t. I, p. 174 et 194. — Sur tout le système du Saïma, voir aussi Possart, t. II, p. 14 et suiv. Mais la confusion règne dans cette description, comme dans la plupart des autres, sans doute parce que les auteurs n'avaient pas d'assez bonnes cartes 4 leur disposition. Voir celles de l'Atlas de 1823, surtout n° 59 f.
2. T. I, p. 214. — La cascade d'Igoroïs, entre Ridtoïs et Katisalaz, auz environs de la station de Randasalmi et dans le voisinage du Werlceus, est loin de valoir cette dernière. Galitsyne, L I, p. 210.
dans les précédents, on se perd, faute de fil conducteur propre à güider dans cet immense labyrinthe. Au moment même de sa sortie, près de Sitola, à l’extrémité orientale du Saïma, la Wuoxa, resserrée dans un canal étroit, garni de part et d’autre de rochers et hérissé en outre de blocs erratiques, présente au voyageur le beau s|>cctacle de la cataracte d’imatra , dont le nom signiüe chute. Ce n’est pourtant pas une chute unique et que l’on puisse embrasser d’un seul coup d’œil. « En pénétrant dans le canal , dit encore le prince russe 1 , l’eau se précipite en cascade pardessus une multitude de fragments de rochers, dispersés en désordre sur une pente rapide, d’où il résulte une succession de chutes, roulant avec le fracas du tonnerre (dans un espace d'au moins un tiers de verste) jusqu’au fond de la vallée profonde où la Wuoxa reprend son cours. La hauteur totale de lu chute, à compter du point le plus élevé jusqu’au lit inférieur de la rivière , dépasse 60 pieds. Il est à présumer que le fond du canal où la chute s’opère, est pavé d’énormes fragments de granité, si l’on en juge par la fureur avec laquelle l’eau va s’y briser. En plusieurs endroits, on voit l'eau s'engouffrer dans de vastes entonnoirs ; mais aussitôt repoussée par un obstacle infranchissable , elle rejaillit en larges flocons d’écume , ou bien s’élance sous forme de gerbes splendides , pareilles à de grands jets d’eau intermittents*. »
Depuis Sitola, la Wuoxa coule au sud-est, passant à Saint- Pierre et à Saint -André, s’élargissant en lacs avec force îles, et se répandant sous cette forme à la fois à l’ouest et à