‹ L'empire des Tsars au point actuel de la science J. H. Schnitzler Le territoire, tableau naturelChapitre 246 sur 359 · Voir le plan qui accompagne notre ouvrage La Russie, etc · texte numérisé non relu

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hydrographie; bassin de la néva et des grands lacs. 509

forteresse , également bâtie sur une île, et au milieu de laquelle s’élève la cathédrale de Saint-Pierre et Saint-Paul. De petits bras du fleuve en détachent encore d’autres portions, à l’ouest l’ile Pétrofski ou de Saint-Pierre, au nord l’ile des Apothicaires, ainsi nommée parce qu’elle renferme le Jardin botanique, un des plus beaux que l’on connaisse. L’ensemble de cette île, la première qu’on rencontre en descendant le fleuve, est forme par ses deux principaux bras, la Nevka et la Petite Neva. La Nevka, en se ramifiant de nouveau, plus au nord, forme la Petite Nevka et d’autres bras; ceux-ci découpent à leur tour les îles occupées par des résidences d’été et des promenades publiques, et qu’on peut appeler rurales, de Kamennoï-Ostrof (île de Pierre), Krestofsko! (île de la Croix) et lélagliine. Rien de plus délicieux qu’une course en bateau, au mois de mai ou de juin , entre ces îles brillantes de verdure et jonchées de fleurs. La ville, avec ses palais, scs monuments de toute espèce, ses canaux, ses quais de granité et sa perspective de Nevski vraiment royale, est au sud du fleuve, qui lui-même, roulant paisiblement une onde limpide, bleuâtre, large et bien encaissée, n’en est pas le moindre ornement. Une espèce de faubourg, le quartier de Wyborg est sur la rive droite (continent du nord), et forme avec les îles une dépendance de la grande cité impériale, que les voyageurs ne se lassent pas d’admirer, en dépit des boutades de certains écrivains et de leurs critiques maussades qui ont eu un si grand retentissement dans l’Europe entière '.

Saint - Pétersbourg est incontestablement une des plus belles villes qui existent. Mais toute médaille a son revers. Si

1. Dans l'ouvrage La Hittsie , la Pologne et la Finlande, plus de cent pages compactes ont été consacrées à la ville de Saint-Pétersbourg (187-289). On y trouve l'histoire de la ville , aussi bien que la description de son ensemble et de ses curiosités de détail. Une statistique y a été jointe (p. 280-289). Les pages suivantes (290-301 ) sont ensuite consacrées aux environs de la capitale.

lu Néva d’une part, est non-seulement une des beautés de cette capitale, mais aussi une des sources de sa richesse, comme lien de communications , grâce à un vaste réseau fluvial et artificiel, avec toutes les parties de l’empire , d’autre part, elle en est aussi malheureusement un implacable ennemi qu’il faut surveiller incessamment. Qu’on nous permette de reproduire à ce sujet une page écrite pour un autre de nos ouvrages. Son embouchure tournée vers l'ouest, avons-nous dit, est ouverte aux ouragans, qui, dans le golfe de Finlande, accompagnent ou suivent souvent l’équinoxe d’automne. Ils refoulent subitement les eaux du golfe dans le fleuve , et alors celui-ci se gonfle, mugit, déborde ou tourne ses quais de granité, et envahit les quartiers bas des deux rives. On se ligure les ravages que ces flots déchaînés produisent dans une ville bâtie sur un marais desséché, à la veille d’un hiver glacial qui dure sept mois de l’année.

On prétend que Pierre-le-Grand était averti, mais qu’il n’en persista pas moins dans son entreprise. Voici ce qu’on raconte à ce sujet. 11 avait déjà jeté , dans ces marais de l'ingrie , une partie des fondements de sa nouvelle ville , lorsqu’il aperçut par hasard un arbre marqué , à une certaine hauteur, d’une entaille significative dans son tronc. Il lit approcher un paysan finnois et lui demanda ce que pouvait signifier cette marque. — « C’est la, hauteur à laquelle est montée l’inondation dans l’année 1G80», dit ingénument l’homme du pays. — « Tu en as menti , s’écria le tsar avec impétuosité; ce que tu dis est impossible !» et de sa propre main il coupa l’arbre ; heureux si du même coup il eût pu à tout jamais réprimer la révolte des éléments.

Hélas! le fleuve ne changea pas pour cela d’allures; seulement du vivant de Pierre, il respecta sa nouvelle création. Mais à peine le fondateur de Saint-Pétersbourg fut - il descendu dans la tombe, que les inondations se succédèrent :

il y en eut de très fortes* en 1728, 1729, 1735, 1740, 1742, et surtout en septembre 1777, peu de jours avant la naissance d’Alexandre Ier. Lors de cette dernière , les eaux de la Neva s’élevèrent à une hauteur de dix pieds au-dessus de l’étiage ordinaire. Une catastrophe du même genre, mais plus épouvantable encore , devait assombrir la fin de la vie de ce prince bon, sensible, compatissant, sur lequel elle ne pouvait manquer de produire l’impression la plus accablante. Le 19 novembre 1824, un de ces ouragans dont nous avons parlé , soufflant de l’ouest et du sud-ouest avec une extrême violence , s’opposa à l’écoulement du fleuve , le repoussa dans son lit , et le fit remonter jusqu’à Saint-Pétersbourg , où il s’éleva à une hauteur de plus de quatre mètres au-dessus de son niveau habituel. Non -seulement la ville presque entière se trouva ainsi submergée, mais dans plusieurs quartiers l’eau envahit les maisons , inonda les rezde-chaussée et arriva jusqu’au premier étage; elle entraîna les chevaux et les voitures circulant dans les rues , enleva les ponts et arracha de terre une multitude de petites maisons en bois. Les campagnes des environs furent comme rasées ; à Kronstadt , un vaisseau de ligne désarmé fut lancé pardessus les habitations jusque sur le marché; rien ne résista au choc impétueux de ces flots déchaînés.

Kronstadt , avec son port à la fois militaire et marchand , est à 30 verstes de l’embouchure de la Néva ’ , sur 111e de Kotline dont il a été parlé s. Entre cette île assez étroite , mais qui a 12 kilom. de long, et la ville, s’étend la haie de Kronstadt , qui est tout au fond du golfe de Finlande. C’est donc à la baie de Kronstadt que la Néva aboutit. L’entrée de

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