Voir plus haut , p
hydrographie; bassin aralo-caspien. 541
VEmba', plus connue, a sa source du côté opposé de la même chaîne dirigée du sud au nord. C’est la principale rivière de la steppe des Kirghises, presque un fleuve, car elle se décharge dans la mer. Les nomades l’appellent Djem. Son cours , depuis le district d’Ourkatch , est accompagné de hauteurs ; sa rive gauche est le point de départ du plateau élevé qui sépare la mer Caspienne du lac Aral. Voici ce qu’on nous rapporte à son sujet. «L’Emba , dit Hommaire s, beaucoup moins considérable que l’Oural, prend sa source dans les monts Mougodjar . . . Cette rivière ne présente dans son cours aucune des grandes inflexions qui signalent les fleuves de la Russie méridionale. Elle se rend directement à la mer, en suivant la direction sud-ouest. Les pêcheries de l’Emba sont libres depuis 1803 ; les pêcheurs d’Astrakhan, malgré les dangers auxquels les exposent les attaques des Kirghises, font annuellement aux embouchures de cette rivière des expéditions extrêmement productives. La Russie possède, sur les rives de l’Emba, le petit fortin d’Aty-Iakchi 3, véritable sentinelle perdue, jetée au milieu des Kirghises de la petite horde, dont la soumission purement nominale ne saurait inspirer aucune confiance à la Russie. En 1839, le gouvernement russe, sans doute pour assurer le succès de son expédition projetée contre les Turcomans, fit constuire un deuxième fortin sur la route de Khiva, à 180 kilom. de l’Emba. Nous ignorons si ce poste avancé a été abandonné après la malheureuse issue de la campagne du général Pérofski. »
Quant au Sara - sou , cette rivière est plus à l’est que les deux précédentes , et elle a sa source non loin de celles de l’Ichim , dans un lieu que les Kirghises appellent
1. Selon Hommaire (le Hell , le Dais de Ptolémée (voir ci-dessus, p. 477, la note). Ménandre parait désigner l'Emba sous le nom A'Ikh.
ï. T. III, p. 333.
3. Sur la carte de Kiepcrl (Turan oder Türkislan), il est écrit Aty-Djaksy, et se trouve sur l'Emba supérieure, près d'un endroit appelé Embinsk.
Knkse-laou*. 11 coule par le désert vers le sud jusqu’à la frontière du khanat de Khokand, où il se confond avec le lac Télékoul*, n’ayant pas la force de pénétrer jusqu’au Syr-Daria ou Sihoun,qui passe un peu plus au sud pour se rendre au lac Aral.
D’autres cours d’eau de la steppe se déversent dans le lac Balkasch, dont nous avons donné la description p. 361.
Enfin la troisième division est la Sibérie, division immense mais sur laquelle nous avons déjà accumulé les renseignements 1 2 3.
Comme pour la Russie d’Europe, nous rechercherons ici les limites des bassins et nous décrirons le cours des fleuves et des grandes rivières ; cependant nous serons court , car comme nous l’avons dit , ces contrées désertes n’ont guère encore d’autre importance que celle qui leur a été donnée, sur le terrain de la science , parles remarquables recherches de A. de Humboldt et de Ch. Ritter. Sous ce rapport spécial , ces bassins seraient tous curieux à étudier , sinon dans leur dépression septentrionale, uniformément triste et monotone, du moins dans leur partie supérieure, dans la zone des sources qui s’appuie au sud contre la haute terrasse de la Moyenne- Asie. Le bassin qui, comme on l’a vu, mérite sans doute le plus de fixer l’attention , c’est le bassin intérieur ayant dans son centre le lac, ou, comme disent les populations du voisinage, la mer de Baïkal. Sa nature alpestre, ses richesses minérales , le commerce qu’on y entretient avec la Chine , les vestiges de culture devenant beaucoup plus fréquents au milieu d’une population moins clair-semée, tout cela assure au plateau du Baïkal un intérêt auquel ne sauraient prétendre