‹ L'empire des Tsars au point actuel de la science J. H. Schnitzler Le territoire, tableau naturelChapitre 265 sur 359 · HYDROGRAPHIE; BASSES DE LA SIBÉRIE · texte numérisé non relu

HYDROGRAPHIE; BASSES DE LA SIBÉRIE

les froides et silencieuses plaines du nord , encore vierges de toute exploitation, de toute industrie, sauf la pêche pratiquée avec succès sur leurs côtes glacées, et la chasse faite auxiêtes à fourrures dans les steppes et marécages de l’intérieur du pays. Cette vaste contrée polaire, où le caractère oriental, dont le type a été emprunté aux Turcs, aux Arabes et aux Persans, s’efface complètement, et qui ressemble plus aux plages arctiques des Eskimos qu’aux autres principales divisions de la plus vieille partie du monde, est partagée longitudinalement , par trois grands fleuves ou systèmes d’eaux , entre autant de bassins principaux, auxquels il faut ajouter ensuite plusieurs bassins secondaires, où des chaînes de montagnes nombreuses, quittant la chaîne méridionale limitrophe, répandent plus d’accidents de terrain. Dans ces bassins secondaires, ce que nous nommons la Basse -Asie, l’immense dépression du nord asiatique, s’éloigne beaucoup moins de la côte et ne présente plus la même désolante uniformité.

M. Ch. Ritter , qui donne à la Sibérie dans son ensemble une étendue de -186,300 mill. carr. d’All. ou de 10,246,500 kilom. carr. 1 , assigne aux mêmes trois bassins principaux les dimensions suivantes auxquelles nous ajouterons la réduction en kilomètres carrés.

millet carrés d’All.

kilomètres

carrés.

Bassin de l’Obi, à l’ouest , . .

— du Iénicéï , au centre ,

— de la Léna , à l’est, . .

Total . . .

4. On a vu, p. 34, que nous, d'après les calculs de M. Engelhardt et ceux de la plupart des statisticiens, nous portons ce chiffre jusqu'à 42,400,000 kilom. carr. , en assignant 3,080,000 à la Sibérie occidentale , et 9,34 7,000 à la Sibérie orientale. Il doit y avoir eu quelque omission dans les calculs de M. Ritter. Toutefois , il est presque étrange de dire qu'ici les millions ne tirent pas i conséquence.

2. Les chiffres de Balbi , toujours digne de confiance quand il était possible

Comme le même savant compte 3,000 milles carr. d’AUem. (165,000 kilom. carr.) pour le pays des Tchouktches, arrosé par l’Anadyr , et 4,000 (220,000 kilom. carr.) pour la presqu’île de Kamtchatka , cela ferait 8,459,000 kilom. carr. , et il resterait 1,787,000 kilom. carr. pour les différents bassins secondaires, ceux de la Iana , de l’Indighirka, de la Kovyma ouKolyma, et du district côtier d’Okhotsk, ainsi que pour la partie du bassin de l’Amour qui relève de la Russie. Les mathématiciens vérifieront ces chiffres sur les indications plus ou moins précises que nous allons leur fournir.

Baiaioi penchés vers la mer Glaciale.

Bassin de l’Obi. Ce bassin qui, à lui seul, constitue la Sibérie occidentale, est composé du gouvernement de Tobolsk et de celui de Tomsk. Il renferme la Sibérie originaire, le khanat de l’infortuné Koutchoum, dontlsker, en russe Sibir, sur l’Obi inférieur avec la vallée du Tobol, était la capitale1 , et dont le nom fut ensuite étendu à toute la Russie d’Asie. S’appuyant au sud-est sur l’Altaï, il est limité à l’est par la chaîne de Kouznetzk ou de Téletzkoï, qui se détache de l’Altaï de la Katounia pour suivre la direction du méri-

d'atleindre la vérité , se rapprochent assez de ceux du grand géographe de Berlin

Les voici :

Bassin de l'Obi 3,171,468 kilom. carr. ,

— du Iénicéï 2,690,329 — —

— de la Léna 2,038,409 — —

Total 7,900,206 — —

Hitler (Géographie, t. Il, p. 59) ajoute le bassin de l'Amour et lui donne 38,300 milles carr. géogr. ( 2,106,500 kilom. carr.); mais sur ce chillre une très-grande partie revient à l'empire Chinois.

1. Voir là-dessus G.-F. Muller, Sammlung, — Sibirische Geschichle , t. VI, p. 109 et suiv. ; Fischer, Sibirische GeschicMe , t. I, p. 200 et suiv. ; Karatnzinc, t. IX, chap. i, à l'année 1581; F.-H. Muller, t. I, p. 272. — M. de Haithausen , dans un travail un peu superficiel , mais intéressant , sur la Sibérie (Etudes sur la Hussie, L II, p. 202-243), écrit Kaschoum le nom de Koutchoum (p. 211) : c'est peut-ptre une faute d'impression.

hydrographie; bassin de l’ori-irtysch. 5i5

dien ; à l’ouest par les monts Ourals , ou, comme il a été dit p. 1 90 , par sa crête principale , l’Oural-taou , barrière réelle entre le bassin de l’Obi et celui du Volga. Au nord , il est penché vers la mer Glaciale. Sa partie méridionale, entre rirtysch et la Iliya, l’Aléï et le Tehoulyschmân , est trèsmontagneuse, et ces montagnes séparent le domaine de l’Irtysch de celui des deux rivières dont la réunion compose l’Obi'. Le bassin de çe fleuve pourrait être subdivisé de la manière suivante: sous -bassin de l’Obi supérieur, sousbassin de l’Irtysch , et sous-bassin de l’Obi inférieur.

Nous décrirons successivement l’Obi et l’Irtysch , chacun avec ses nombreux affluents*.

Le premier s’appelle indistinctement Obi et Ob. Cependant ces deux noms ont une étymologie différente. A en croire du moins Müller1 2 3 4 5, Ob signifie en langue zyriaine grand’mère et désignerait une vénérable mère des eaux, taudis qu’Obi, ou plutôt Obè, mot russe, répond au latin ambo, tous deux. En cflet, le fleuve résulte d’une dualité, de la réunion de la Biya et de la Katounia, dont nous allons avant tout nous occuper.

La Katounia est son véritable commencement. Celle-ci a sa source dans le gouvernement de Tomsk , non loin des frontières de la Chine, au sud de la Biéloukha et des montagnes dites Colonnes ( Katounskiya StolbyY : le docteur de Bunge, plus heureux que son maître Ledebour , en a fait la décou-

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