‹ L'empire des Tsars au point actuel de la science J. H. Schnitzler Le territoire, tableau naturelChapitre 271 sur 359 · Plus haut, p. 289. Le lecteur voudra bien s'y reporter · texte numérisé non relu

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4. Balbi (Élément* de Géographie , p. 233) lui donne même jusqu'à 5,000 kilomètres , el ainsi le lénicéï serait le plus grand fleuve de l’Ancien-Mondc ; mais c’est en ajoutant au fleuve inférieur et en regardant connue sa branche principale la Toungouska supérieure , avec l’Angara , continuée au delà du llaikal par la Sélcnga. — Vsévolojski donne au lénicéï 4,000 verstes de longueur.

5. Voir Rilter, t. Il, p. 997, et Humboldt, Asie centrale, t. I, p. 372.

G. Voir plus haul, p. 282.

HYDROGRAPHIE j BASSIN DU IÉNICÉÏ. 555

s’étend à sa droite. Ainsi , à son origine, il parcourt une vallée très-longue et se dirigeant dans le sens des parallèles, vallée à laquelle se réunit celle du Kcmtchik dont il va être question, et qui, ayant ainsi environ 670 kilom. de long, serait, d’après M. Hitler, la plus allongée de toute la terre1.

Le nom du Iénicéï parait d’origine toungouse. En chinois, il est appelé Kim ou ou Ta -Kim ou, ce que les Mongols traduisent par Oulou-Kem, les Russes par Kem et Grand Kcm. Il coule, ainsi qu’on vient de le dire, de l’est à l’ouest, jusque vers le 90e méridien ’ ; puis il fait un coude vers le nord pour approcher de la frontière russe , et presque aussitôt il reçoit à gauche le Petit Kcm ou Kemtchik venant du côté opposé et qui par conséquent coule de l’ouest à l’est. Bientôt après leur réunion , le Iénicéï , torrent rapide , brise la chaîne Salarie, afin de pénétrer sur le territoire russe. Celte rupture, dont il résulte une vallée très-pittoresque , s’appelle boni dans la langue mongole. Elle sc trouve à environ 360 kilom. au sud de Krasnoïarsk. De hautes montagnes accompagnent encore longtemps les bords du fleuve hérissés de pierres et de rochers. Avant d’atteindre le cheflieu du gouvernement où il coule alors , chef-lieu dont nous venons d’indiquer la distance, il reçoit à gauche l’abondance des eaux de l’Àbakàn, sorti des extrémités de l’Altaï russe, et à droite la Touba, renforcée de l’Amoul. On a remonté

1. Il la désigne par le mot de Lœngenllial , qu'il faut bien se garder de traduire par vallée longitudinale, puisqu’elle se dirige au contraire dans le sens des parallèles. Le mot signifie seulement vallée allongée. Notre savant géographe connaît toutes les autres existant sur la terre , et les a toutes mesurées. La vallée du Rhône, suivant lui, n'a que 30 lieues ( Stunden) de longueur; celle de l'Inn, de sa source h Kufstein, en a 60; celle de la Drave , qu'on regardait comme la plus longue, en a 80. Meme celle de l'Irtyscli supérieur ne peut pas être comparée é celle du Iénicéï supérieur, car elle n'a, dit-il, qu'une quarantaine de milles d'Allemagne.

2. Non pas de l'ile de Fer, comme il est dit dans Ritter (p. 907), par inadvertance, mais de Paris.

l’Abakân jusqu’au poste AbakanskoïKaraoul, mais depuis là le chemin est impraticable aux voitures et personne n’est encore arrivé jusqu’à la source, qui ne parait pas éloignée du lac Téletzkoï'. Le fleuve principal arrose successivement, du sud au nord, Saïansk, Minoucinsk, et coule si près du bassin de l’Obi que le Tchoulym, rivière qui en dépend, touche presque à son cours. Krasnoïarsk, ville fondée en 1028 et à laquelle on donne près de 7,000 habitants, se trouve sur la grande route allant deTobolsk àlrkoutsk, par Omsk et Tomsk, et à 5,020 verstes de Saint-Pétersbourg. Une riche végétation se fait remarquer à l’entour de la ville’, qui est encore dans une belle vallée, à environ 230 mètres au-dessus du niveau de la mer. Au delà, les montagnes disparaissent, la beauté de la nature s’efface, et la grande plaine commence. De la Suisse on entre dans la Basse-Saxe; puis viennent encore les toundras, contrées sans joie ni douleur, dit un poêle, images du repos éternel’. Le fleuve, depuis longtemps navigable, a déjà près d’une verste de largeur; il tourne un peu vers l’est, pour revenir plus loin à l’ouest, et continuer ensuite sa direction droit vers le nord. Avant d’arriver à Iénicéïsk , chef-lieu d’un district immense , petite ville de 6,500 âmes, dont M. Hansteen a fixé la latitude à 58° 27' 19”, il forme plusieurs cascades et reçoit par la droite la Toungouska supérieure, qui, sortie duBaïkal sous le nom d’Angara , fournit un cours de près de 800 verstes entre le lac et ce confluent. Balbi voudrait la considérer comme le vrai commencement du Iénicéï; mais en pareille matière, c’est aux indigènes à décider. Quoi qu’il eu soit, le Iénicéï

1. Voir pour les détails, Rittor, t. II, p. 1080 et suiv., et p. 1008 et suiv.

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