Voir Hagcmeislcr , p
mer d’Asof renferme quelques petites îles, par exemple celle de Viroutchii , non loin du détroit de Ghénitchi dont il sera parlé plus loin, au sud-ouest du banc de Fédotof.
«Dès l'apparition de la mer d’Asof, dit Hommaire de llell, disparaissent tous les brillants souvenirs que les siècles passés ont semés sur les rivages du Ponl-Euxin. . . . Ici rien ne repose l’esprit : aucun monument, aucune ruine ne vient préoccuper l’imagination ; la civilisation de l’antiquité n’a pas laissé d’écho sur ces plages désertes , et lorsque la pensée parcourt les diverses périodes de l'histoire de l’humanité , elle ne s’arrête sur les contrées des Palus- Méotides que pour y signaler la grande route par laquelle s’est précipité sur l’Europe , pendant une si longue suite de siècles , le torrent dévastateur des hordes asiatiques. »
On la divise en mer d’Asof proprement dite et golfe ou baie de Taganrog , appelée aussi quelquefois golfe du Don, au moyen âge golfe de Tana , nom qu’on a souvent étendu à la mer tout entière. 1
Deux pointes ou langues de terre de part et d’autre marquent l’entrée de la baie de Taganrog , au fond de laquelle sont les bouches du Don , et avec laquelle communique au nord-ouest le liman du Miouss, lequel , comme le Kalmiouss et la Berda, est un fleuve de la steppe. Ces langues de terre sont , à gauche celle de Biélo-Saraï , à droite celle de Dolga ou Dolgaïa Kupa (le Long Banc) , entourée d’un banc de sable. Le phare de Biélo-Saraï e6t à environ 55 ou 60 mètres au-dessus du niveau de la mer, et la tour elle-même a environ 22 mètres de haut. Du même côté est, dans la haie, d’abord le port de Marioupol, sur le Kalmiouss, puis, au delà du Miouss , celui de Taganrog , où la mer n’a plus en général que trois à quatre mètres de profondeur, de ma-
1. Tana ou Tandis, jailis colonie génoise, est la ville actuelle d'Asof.
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nière que les bâtiments un peu grands restent à 20 kilom. de la plage. Le port d’Asof est vis-à-vis, au nord-est, et dans l’intérieur des terres.
Les navires peuvent approcher de Marioupol , en partie bâti sur des falaises hautes de 100 mètres, jusqu’à la distance de un kilom. et demi. Us y trouvent treize ou quatorze pieds d’eau sur un fond de sable doux. Entre cette ville et Taganrog sont les pointes Khrivaïa, Séménofskaïa ou Béghilskaïa et Pétrouchina ; entre Taganrog et Asof, est la pointe Sambetzkaïa. Le banc de Khrivaïa, qui s’étend au loin, demande des précautions ; les navires calant plus de onze à douze pieds doivent , au delà , rester à une distance d’au moins trois milles marins de la côte.
En deçà de la baie de Taganrog , voici quelles pointes on aperçoit en faisant, depuis le cap de Biélo-Saraï,'le tour de la iner d’Asof proprement dite (elles portent toutes, en russe , le nom de Koça , faux , banc de sable) : celles de Berdiansk , qui forment la baie du même nom ainsi appelée de la Berda , fleuve de la steppe , et où le petit port de Berdiansk, de fondation toute récente, mais déjà très-florissant, port abordable encore à des navires d’un assez fort tonnage, est flanqué au nord-est de Pélrofskaïa, au sudouest de Nogaïsk ; la seconde , celle du sud , s’appelle aussi Koça Vissarionova et se termine par le cap d’Obitotchna , d’une approche dangereuse à cause d’un banc de sable; puis la Koça Fcdotova , qui s’appelle aussi de Bérioutch; non loin de là est Ghénilchi, et vis-à-vis commence la flèche d’Arabath. De là, on passe, au delà de la baie d’Arabalh, le cap de Kasan-Dip et l’on arrive, près du cap Fanar, à l’issue du détroit de léni-Kalé. Au delà de ce canal, on arrive à la baie de Temruk qui donne entrée au limân du môme nom ; puis aux pointes de Baschkrasch , de Béisougha , de Kamvschévata , succède celle de Dolga, qui, comme nous
l’avons dit, marque l’entrée de la baie de Taganrog, et au delà de laquelle est encore , près d’un petit fort du même nom, la pointe d’Eisk ou Ieïsk 1 2 , par laquelle est obstruée en partie l’entrée du liman d’Ieïsk , liman auquel se termine le cours de l’leïa , fleuve de la steppe au nord de la Tchernomorie.
Sans la baie de Taganrog, la mer d’Asof n’a guère que 200 verstes de longueur ; avec la baie, elle a plus d’un tiers de plus’; suivant Hommaire de Ilell, 31 myriamètres \ Sa largeur varie de GO à 140 verstes; d’après le même auteur, elle serait même de 227 kilom., suivant le parallèle 45° 15' passant à l’extrémité septentrionale de la langue d’Arabath; dans la baie, au port de Taganrog, au contraire, elle n’est que de 20 verstes. Outre cette baie et quelques anses latérales en partie déjà nommées, elle forme , à l’est de la Crimée , le golfe appelé Sivasch ou mer Putride ( Gniloié More), que la flèche d’Arabath en sépare et qui n’a d’autre entrée que la passe de Ghénitchi , au nord, large seulement d’environ 100 ou 120 mètres, longue de 45. La superficie du Sivasch est de 2,205 verstes carrées; il a environ 140 verstes de long sur une largeur variable de 3 jusqu’à 20 verstes. Marécageux et couvert de roseaux, où viennent nicher les oiseaux des marais, il présente au nord une vaste presqu’île (Tchoungar) et des îles, dont la plus grande (Tchourouk-tup) a près de 45 verstes carrées. Toute la côte de la Crimée, de ce côté, comme, du côté opposé , la côte de la Tchernomorie , est singulièrement
1. Non pas Ghéîsk ou Gleisk , comme on a lu aUcrualivcment dans les dépêches officielles de nos généraux el dans le Moniteur, qui ne sc croil pas toujours obligé d’être grand géographe.
2. De Kertch à Taganrog il y a 200 milles marins ou 360 kilomètres.
' 8. Ouvrage cité, t. lit, p. 137. Voir le cliap. V, Géographie historique et physique de I a mer d’Asof.
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écliancrée, des bouches du Salghir, seul fleuve uu peu important qui apporte ses eaux au Sivasch , jusqu’à l’isthme de Pérékop. Du Salghir au fort d’Arabath, les côtes sont moins déchirées.
La mer d’Asof a cela de particulier que les eaux y baissent au plus fort de l’été, quand beaucoup de petites rivières sont desséchées. Ses plus grandes eaux ont lieu à la fin de mai , au moment de la fonte des neiges. De plus, dans toute saison , la profondeur de la baie de Taganrog varie suivant le vent qui souffle. Le vent d’est les fait monter, et la différence est souvent très-marquée.
Outre son grand fleuve , le Don , qui nous occupera plus loin d’une manière spéciale, cette mer, comme nous l’avons dit, reçoit la Berda, le Kalmiouss, le Miouss et d’autres ruisseaux de la steppe ; et , du côté opposé , le Kouban , qui toutefois partage ses eaux entre elle et la mer Noire , le Kirpili , qui se jette dans les lagunes au nord de ce fleuve , l’leïa , qui se rapproche davantage du Don , etc.
« La mer d’Asof » , dit Pallas1, «est assez poissonneuse ; on y pêche toutes espèces d’esturgeons, mais point d’autres gros poissons de mer. On distingue , entre autres petits poissons, une espèce d’ablette, la bordelière ( cyprinus b aller us J , appelée singa ou sinia, et quelquefois sablia, de la famille des carpes ; on les prend , dans les filets , par bandes si nombreuses (surtout les ablettes), qu’il n’est pas rare de retirer d’une seule pêche 40 et même 70,000 pièces.»
Mer Canplenne.
C’est le plus grand des lacs salés du globe*. Sa superficie
, 1. Voyages dans les gouvernements méridionaux de l' empire de Russie , t. I, p. 548. Voir aussi Clarke, Voyages, l. H, p. 112, 113.
2. Sur les différents noms qu'on a donnés i cette mer, on peut voir Huraboldt, Asie centrale , t. II, p. 297. Il y manque le nom de mer des KhvaUsses , dérivé
approche de 400,000 kilom. carr.' Il est plus long que large, car il s’étend , du sud au nord , c’est-à-dire depuis la province persane de Mazandéran jusqu’à l’embouchure de l’Oural, depuis 36°30' jusqu’à 47°20' de lat. N., par conséquent sur onze degrés, ce qui fait plus de 1200 kilom. ; tandis que sa largeur moyenne est d’environ 300 kilom., et son étendue en longitude de 44°22' à 52°. La largeur toutefois est très-variable : au cap d’Apchéron , près du port de Bakou, où elle est la moindre, elle n’atteint pas 180 kilom.; plus au nord, à la hauteur d’Astrakhan, où, du côté opposé, se resserre le Merlvoï koultouk (Golfe mort) , se rencontre la plus grande largeur, qui va jusqu’à 650 kilomètres.1
d'un peuple que les uns regardent comme d’origine slave et que d'autres affirment avoir été identique avec les Kangles, de la famille turque. Le nom de mer Caspienne est familier aux anciens, qui le dérivaient des Caspii, peuple caucasien. Hérodote ( 1 , 202 ) la nomme aussi , ou en nomme au moins une partie , mer Hyrcanienne ( voir Manncrt, Géographie der Grieclien und limiter, t. IV, p. 336 — 346). Le nom tatar est Ak-Degnii ou mer Blanche. On l'appelle aussi en turc Kousghoun-Degnii ou mer des Corbeaux.
t. L’Espagne en a 464,000. — D'après une autre évaluation, la mer Caspienne aurait une aire de 6,060 milles carrés d'Allemagne, ou 333,000 kilomètres carrés; Ilommaire de llcll (t. III, p. 228) dit qu’elle peut être évaluée à 313,000 kilom. carrés. Voir dans ce volume, cliap. VI, Céographie historique de la mer Caspienne, et chap. VII, Géographie physique de la mer Caspienne.
2. Nous avons devant nous la carte du professeur Eirhwald , dressée en 1834 d'après celle de Kolotkine, et celle de Gamba d'après Golénitchef-Koulousofi la carte de l'Atlas de l'Asie de MM. Ch. Rittcr et H. Kicpert; la grande Carie de la Géorgie du général Kliatof (1826), et plusieurs autres de l'État-major impérial russe. On peut voir au sujet des cartes plus anciennes , Eichwald , Allé Géographie des Caspischen Mener , p. 1 15 et suiv. — Une des premières descriptions détaillées que les modernes aieul données de la mer Caspienne , est celle d'Adam Olearius, qu'il ne faut pas manquer de consulter (voir la traduction française de Wicquefort, 1727, t. I, p. 507-517), de même que la carte du Voyage en Moscovie de Struys. Une autre, postérieure, est celle du docteur Schober, dans Millier , Sammlung nissischer Gescliichte , t. VII, p. 103 et suiv. Voir aussi l'article Caspienne ( mer ) du Dictionnaire de l’empire de fiussie , de Vsévolojski (t. I, p. 87 — 91); le même article dans l' Encyclopédie des Gens du Monde, par Huot; Gamba, Voyage dans la Russie méridionale , t. II, p. 305
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Le périmètre total de la mer Caspienne estde6370kilom. (près de 1000 lieues), dont environ 3700 se rapportent à la Russie, du moins en y comprenant la steppe des Kirghises- Kaïssaks. Elle est bordée de montagnes , non-seulement sur différents points du côté du sud et de l’ouest, mais aussi de l’est, nommément du côté du cap Tuk-Karagàn et du golfe de Balkhan, où le professeur Eichwald ' en a môme constaté la nature granitique ; sur la plupart des points néanmoins , ses côtes sont basses et sablonneuses.
Selon Vsévolojski, dont la description de la mer Caspienne* est d’ailleurs satisfaisante, elle n’aurait pas plus de 70 à 80 toises de profondeur. La moyenne est de beaucoup au-dessous de ce chiffre : Hommaire de Hell affirme qu’en pleine mer la profondeur ne va pas au delà de 40 mètres ; mais le professeur Eichwald, dans son Periple*, signale un grand nombre de points où la sonde a donné 100 toises, c’est-àdire 200 mètres, et le savant Adrien Guibert* assure que, vers le milieu , le fond n’a pas été trouvé à 900 mètres de profondeur. Le long des côtes, le fond est presque généralement très-élevé. La navigation n’a lieu qu’au moyen de navires d’un assez faible tonnage, à cause du grand nombre de bas-fonds. En général, la navigation de la mer Caspienne, où l’on ne connaît pas de marée , est dangereuse , comme
et suiv. ; Gœbel, Reise in die Steppm de* tûdlichen Rutsland s, t. I, p. 133 et suiv.; et, pour l'analyse chimique rfe l’eau de la mer Caspienne, t. Il, p. 98 et suiv. Nous invoquerons, en outre, le témoignage des Klaproth, des Ch. Kilter et des A. de Humboldt.