‹ L'empire des Tsars au point actuel de la science J. H. Schnitzler Le territoire, tableau naturelChapitre 318 sur 359 · Possart, t. I, p · texte numérisé non relu

Possart, t. I, p

3. Il a élc qucslion plus haut des sources de naphte. Pallas (Voyage*, t. I, p. 151 , 1 00 ) parle de sources d'aspballe. Il nous fait connaître aussi beaucoup de lacs sulfureux (l. I, p. 158, etc.). Quant aux bus salants, les uns salants purs, les autres amers, on en a déjà mentionné un grand nombre. Voir aussi le

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graminées de toute espèce propres aux steppes 1 , avec les mousses qui couvrent le sol dans la zone polaire , avec les broussailles fertiles en baies alimentaires des contrées un peu moins boréales’, ce sont les arbres forestiers et les céréales qui composent la verdure servant d’ornement à la terre. Mais depuis les lichens des toundras, jusqu’à la canne à sucre et à l’indigo de la Transcaucasie, quelle variété de formes, quelle flore bigarrée, quelle richesse de la nature, même dans des conditions en général peu favorables!

Au sujet des grains et du bois, et aussi au sujet des autres productions végétales dont la valeur vénale est importante , telles que le chanvre et le lin, les légumes, les fruits communs et le raisin , nous dirons plus loin quelques mots de plus ; mais , comme rien de ce qu’on pourrait noter d’observations ne se rapporterait au pays tout entier, à cause de son immense étendue , nous commencerons par faire les distinctions nécessaires, en partageant celui-ci en zones, selon le genre de végétation qu’il comporte.

Ces zones se rapportent principalement à la Russie d’Europe : la Russie d’Asie se rattache naturellement aux deux plus septentrionales d’entre elles.

D’une manière générale , on peut , pour la végétation comme pour le climat et la nature du territoire , adopter trois divisions: le nord de la Russie, le sud delà Russie et la Russie moyenne. Voici en quels termes M. Blasius, observateur attentif, les définit 1 : «Le caractère habituel de la

chapitre de Ilommairc de Dell , Recherches sur l’origine des salines et la constitution des amas d'eau salée appelés limanes, t. III, p. 392-414.

1. Sur ces graminées, voir Kohl, Heite , t. II, p. 117-124. On y lira aussi avec intérêt les paragraphes Steppenbrànde et Schilfbrtïnde.

2. Par exemple, le ru/ius arcticus , très-répandu et d'un goût d'acidité vineuse qui rappelle un peu l'anauas.

3. T. II, p. 221. Voir aussi le passage cité plus haut, p. 110, note 5, et celui que nous avons traduit, p. 115.

végétation ligneuse ou des forêts suffirait à lui seul pour distinguer ces trois régions. Celle du nord est couverte de forêts continues , éclaircies seulement de loin en loin , dans les vallées des rivières, et dans lesquelles dominent les conifères. Les fruits cultivés y manquent complètement. La plaine de la région du sial est dénuée d’arbres : une végétation ligneuse n’y peut plus prospérer que dans les bas fonds marécageux et dans la profondeur des vallées fluviales , les seuls points qui , dans le nord , soient au contraire éclaircis ; mais là-même ne se trouvent nulle part des forêts continues. Toutes les fois que se montre une végétation ligneuse , elle est entremêlée d’arbres fruitiers sauvages. Dans la région moyenne, il y a un mélange de forêts et de terre arable. Du côté du nord, de grandes étendues forestières s’avancent au loin dans la plaine ; du côté du sud , toutes les parties boisées , lors même quelles couvrent le liant du pays, se rattachent à la végétation ligneuse des profondeurs des vallées fluviales. Dans la moitié septentrionale de cette région, continuation du nord et dans laquelle le chêne commence à paraître, les arbres à feuillage ne tardent pas à devenir dominants; dans la moitié méridionale, formant la transition à la région des steppes, les conifères font totalement absence. Les pommiers et les poiriers ne s’y présentent qu’à l’état de culture.

«Dans les contrées septentrionales, riches en rivières, lacs et forêts , la chasse et la pêche sont les principales occupations des habitants. L’agriculture est restreinte aux espaces éclaircis dans le voisinage des vallées fluviales, et la plus grande partie de l’étendue est inhabitée. La Russie moyenne est peuplée partout et partout cultivée. L’agriculture est la grande affaire des habitants du plat pays , en même temps que , dans les villes un peu considérables , s’est développée une industrie variée. Le revenu fondé sur la chasse est

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devenu insignifiant , et les grands fleuves seuls offrent encore matière à la pêche. Dans la Russie méridionale, on ne rencontre des villes et des villages que dans les vallées des fleuves ou dans leur voisinage. A la lisière de la steppe , dans le domaine du terreau noir, on pratique l’agriculture sur une grande échelle ; mais avant qu’on ait atteint le milieu de la région , elle fait place à l’élève des bestiaux, devenue l’unique occupation. Toutes les autres , toutes les branches de revenu en dehors de celle-ci , paraissent sans importance, comparativement. C’est seulement petit à petit que les Kosaks, maintenant sédentaires, se sont habitués à des demeures fixes, et, plus vers le sud, le pays, encore aujourd’hui, n’est habitable que pour les nomades.»

Ces observations ont, certes, leur valeur; mais la division de la Russie en trois régions ne nous parait pas suffisante pour motiver ou expliquer toutes les nuances et la gradation de l’activité végétative de la nature. Nous préférons celle qu’a indiquée un grand économiste, le comte Cancrine, alors ministre des finances ' : elle nous servira de base dans les développements suivants , où nous avons mêlé pourtant des faits et des idées dont nous sommes seul responsable.

D’après la végétation , on peut diviser la Russie en sept ou huit régions , qui sont les suivantes en commençant par le nord :

1° Région des glaces. — Elle s’étend du 78° au fi7e degré de lat. N. , et embrasse par conséquent , outre les îles de Novaïa Zemlia , Vaïgatch et Kalgouïef, la partie la plus boréale du gouvernement d’Arkhangel , ainsi que la Laponie russe et finlandaise; de plus, près de la moitié de la Sibérie.

La végétation n’y est pas impossible encore , car la nature

1. Le mémoire (tu comte Cancrine parut d'abord en russe, en 1834. Il fut ensuite inséré, en langue allemande, dans le recueil de M. Ennan, Archiv, t. I, 1841 , p. 7U2-722 , sous ce litre : Die kttmatitchen Verhàilnitte Ruatlandt.

ne renonce nulle part à son travail bienfaisant; mais elle est indigente, et l’on ne peut fonder sur elle aucune espérance de revenu. Tout au plus peut-on cultiver encore dans cette région , et l’amiral Lütke en a eu la preuve près de Kola 4 , quelques légumes et recueillir une. certaine quantité de ces baies ou airelles qu’on recherche sur les tables russes sous le nom de maroschka ( rubus chamœmorus et ardicus ) et dont il a déjà été question. Les troupeaux de rennes n’y ont pas disparu totalement, mais en général l’homme n’y est suivi que du chien , et, à l’exception des veaux marins, des ours blancs, et autres mammifères maritimes, on n’y voit guère d’êtres vivants que trois ou quatre espèces d’oiseaux. Les rares habitants n’y sont à demeure fixe que par exception ; ils n’ont d’autre ressource que la chasse et la pêche.

2° Région des lichens et des mousses. — Comprise entre le 07e et le 05e parallèle, celle-ci est, généralement parlant, encore dénuée d’arbres et presque d’arbustes. «Toute la végétation, dit un botaniste écrivain habile’,, est dominée par le climat ; elle se plie à ses caprices, s’accoutume à sa rigueur, et cherche à cacher la nudité de la terre sans oser s’élancer dans une atmosphère ennemie.» Les immenses déserts de cette région, couverts de toundras ou marais tourbeux , gelés pendant une grande partie de Tannée , n’oflrent à la vue que les cryptogames nommés, ceux surtout qui sont nécessaires à la nourriture du renne , puis le genévrier , les airelles et quelques buissons s. A mesure cependant qu’on s’approche de la zone suivante, on rencontre déjà le mélèze, arbre résistant et qui ne se laisse fias

1. Yiermalige Reise durch t la s nôrdliche Eismeer , traduction allemande de M. Errnan, Berlin, 1835, in-8° , p. 220, 223 et suiv.

2. Henri Lecoq, Éludes sur la géographie botanique de l’ Europe . 1854, t. II, p. 490.

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