‹ L'empire des Tsars au point actuel de la science J. H. Schnitzler Le territoire, tableau naturelChapitre 319 sur 359 · Voir p · texte numérisé non relu

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rabougrir'; puis le pinsylvcstre, le bouleau, le saule rampant, peut-être même le sorbier, qui offre la première apparence d’arbres fruitiers et dont l’élégance, et pour ainsi dire la gaieté, charment la vue dans cette éternelle monotonie. La culture aussi commence à devenir praticable, surtout à l’ouest, du côté de la Norvège. M. Castrén a vu mûrir V or f/c, la moins frileuse des céréales, sur les bords du lac Enaré ; le seigle peut mûrir jusqu’au 66e degré de lat. 1 , et même la ledianka ou froment d’hiver se rencontre déjà sur la limite de cette zone. Ceci ne se rapporte point, toutefois, à la Sibérie. En usant de toutes les précautions imaginables, on peut, par exception, cultiver les terres, sur la rive gauche du lénicéï et même sur sa rive droite, jusque vers le 03e degré, mais point au delà. De même, comme nous l’avons dit, à Iakoutsk, sous 62° l'50", on sème, autour delà ville la iaritza ou froment d’été, quoique à trois pieds de profondeur le sol reste perpétuellement gelé. Ce sont même des cas exceptionnels. Outre une partie notable de la Sibérie, le nord de la Finlande et une seconde portion du gouverne-

1. Eu Europe, lu fin absolue de la végétation arborescente ne se présente que sous 08° 32'; en Sibérie, le mélèze ne pénètre que sporadiquement au delà du 65e degré; il craint l'humidité. ■ Parmi les conifères dont abonde la Sibérie, dit M. de Humboldt (Asie centrale, t. III, p. 52), le mélèze (pinus larix) est l'espèce qui fuit le plus les étés froids et humides du climat maritime. Perdant son feuillage en hiver , le mélèze est indifférent aui plus fortes rigueurs de cette saison, pourvu qu’à des hivers de — 35° ou — S0" succède un été chaud et sec. M. Erman .... a vu monter le mélèze sur la pente des monts Aldans, par 60° de latitude, jusqu’à 700 toises d'élévation. Au delà du cercle polaire, aui monts Obdores, qui forment le prolongement septentrional de l'Oural, cet arbre atteint encore la hauteur de 120 toises au-dessus du niveau de l'Océan, tandis qu’il ne se trouve plus dans le climat humide de la péninsule de Kamtchatka , au nord du parallèle de 02°. «

2. On cultive encore un peu d'orge au village de Scmja, presqu'ile de Kanine, sous 66° 8’ de lat. N. , à 37 verstes de Méscn. C'est, dans la Russie proprement dite , la limite eitrème de l’agriculture. — En Sibérie , la limite pour le seigle est le 60° degré, et plus à l'est, même le 58°.

nient d’Arkhangel appartiennent à cette région, où ni les hommes ni les animaux n’atteignent encore toute leur stature.

Pour marquer la transition de la première zone des forêts (plus méridionale) à celle-ci qui en est complètement dénuée, que l’on nous permette de reproduire ici une belle page de la Géographie botanique de M. Lecoq, déjà citée1 :

«Au delà de ces forêts d’arbres verts, dit -il, qui vivent protégées par la résine dont toutes leurs parties sont imprégnées, on trouve encore des landes sans fin parsemées de genévriers. Mais l’arbre qui donne à ces tristes contrées un reste de vie, est le bouleau, qui, pendant l’hiver, lutte de blancheur, par son écorce, avec le givre attaché à ses rameaux, et qui, pendant l’été des régions polaires , montre le vert tendre de ses feuilles au-dessus des nappes de neige (?) étendues sur le sol. Cet arbre résiste avec constance aux vicissitudes du climat; il s’élève, se courbe, s’incline; il rampe sur le sol , s’abrite sous les pierres ; il s’attache à la vie et ne veut pas périr. Ses rameaux, pendants et mobiles, balancent leur feuillage sous l’impulsion du vent du nord, et ses graines, qui ne mûrissent pas toujours, descendent avec les neiges de l’automne ou restent fixées sur les branches jusqu’au dégel que ramène le printemps. Tantôt il se mélange au p inns sylvestris, qui arrive aux dernières limites de son aire d’extension; tantôt il vit seul et compose de gracieux bosquets.

«Les buissons fleuris du rhododendrum lapponicum , qui décorent les Alpes d’une partie plus méridionale de la Laponie (en Suède), se sont arrêtés depuis longtemps, mais un arbre vit encore dans ces solitudes glacées. Le sorbus aucuparia (sorbier des oiseleurs) se montre dispersé , conservant longtemps ses feuilles chaudement enveloppées sous 1. Elle se trouve t. II, p. 486.

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les tuniques de son bourgeon. Il ouvre , au commencement de l’été, ses grappes de corolles blanches et rosacées. Les insectes qui viennent aussi d’éclore , arrivent en foule sur ces corymbes neigeux, et ne cessent de bourdonner sur les chatons dorés et odorants du salix lanata. Les campagnes glacées du nord sont alors dans toute leur splendeur : le soleil, constamment sur l’horizon, active l’évolution de tous les germes et de tous les bourgeons; non - seulement le salix lanata, le plus beau de tous les saules, montre ses innombrables chatons dressés sur le sommet de ses rameaux , mais il ouvre déjà les bourgeons d’où sortent ses feuilles argentées qui contrastent par leur éclat soyeux avec le jaune pur de ses étamines. Quelques satyres, aux ailes demitransparentes, viennent aussi voltiger sur ces parterres momentanés.

«Le nord de l’Europe, au delà du cercle polaire, est la patrie des saules; ceux-ci, rampants et presque herbacés, constituent des pelouses ou des buissons, se mêlent au betula nana , qui remplace le belula alla et le bclula pubescens, au juniperus nana, représentant polaire ou alpin du juniperus commuais, et à quelques vacciniées, et la plupart de ces arbrisseaux rampants ou rabougris al teignent le cap Nord. »

3° Légion des bois et des pâturages, avec commencement d’agriculture permanente. — Elle s’étend entre le 05° et le G3e degré', couverte de forêts primitives, quelquefois peu épaisses, mais qui n’ont disparu que le long des fleuves bordés de prairies, ou dans certaines parties marécageuses de la contrée des lacs. Les conifères y dominent, moins cependant le mélèze, qui, en Europe, commence à devenir

t. Nous réunissons ici en une seule la 3* cl la -l' zone du comte («moine. Peut-être serait-il bon de prendre pour limite méridionale de cette région la ligne assez fortement inclinée des Ouvalli, sous le 62' parallèle.

rare, que le pin, la pesse, le sapin; ils sont entourés de bouleaux, de sorbiers, d'aunes, quelquefois de trembles, et l'on voit apparaître aussi les à'ables et les tilleuls, plus communs dans la région suivante. Celle qui nous occupe dans ce moment embrasse, outre la partie moyenne de la Finlande , toute la partie la plus méridionale du gouvernement d’Arkhangel, et plus de la moitié de ceux d’Olonetz et de Vologda. La culture de l’orge y est déjà très - répandue ; celle du seigle, qui n’est encore fréquente qu’en Finlande, où le voisinage de la mer abaisse la température , y prospère jusqu’aux environs de la ville d’Arkhangel, et l’on a vu qu’il pénètre même encore, sporadiquement, dans la région précédente. La culture des pommes île terre', peu ancienne en Russie, et qu’il a fallu encourager jusqu’à ce jour par des primes , commence aussi , ainsi que celle des potagers , si répandue plus au sud , surtout pour la production des choux , article essentiel et favori de la consommation des Russes.

Pourtant, dans cette région même, jusqu’à un certain point disgraciée de la nature comme les deux précédentes , on signale des beautés. «L’auteur a eu occasion de s’en convaincre par lui-même, dit le comte Cancrine, la nature offre ici, en général, un bel aspect : des forêts immenses, de grands fleuves , de superbes prairies et la vigueur de la végétation y produisent cette impression particulière et profonde qu’ont éprouvée des voyageurs célèbres dans les contrées les plus inaccessibles de l’Amérique du Sud et de celle du Nord1.»

4° Région du seigle et du lin ou de l’agriculture permanente et régulière. — Elle s’étend au nord jusqu’au 03e, au

1. Voir Erman , Archie., t. VII, 1817 , p. 578-588, Veber iten Karln/Jelbau in Russland.

2. Voir aussi ce qui a été dit de la Sibérie, p. 107, 160 et suiv.

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sud jusqu’au 51e degré, el embrasse ainsi, non-seulement la plus grande partie de la Russie moyenne, mais, en outre, une portion de la Russie septentrionale. Son étendue, qui dépasse 3 millions de kilom. carr. , est, par conséquent, le sextuple de celle de la France. Ainsi, on a beau se récrier sur les solitudes glaciales de l’empire du Nord, ce n’en est pas moins un fait que le sol favorable à l’agriculture et placé à peu près dans les mêmes conditions que celui de l’Allemagne septentrionale, offre cette énorme superficie, à laquelle il faut ajouter encore celle des régions plus méridionales, par conséquent, moins privées de soleil. Cela peut donner une idée de l’avenir qui se prépare pour cet empire. La vraie Russie, c’est celte région-là , fertile, bien arrosée, et où le progrès, malheureusement lent à agir, pourra tout vivifier. C’est sous cette forme qu’il faut se représenter la Russie comme ensemble, et les environs de Moscou en sont le type. Le sol de la vieille capitale représente bien celui de la principale masse du pays. Néanmoins cette masse est trop grande pour qu’elle soit uniforme; des nuances très-nombreuses s’y font remarquer : la position des provinces Baltiques, de la Lithuanie et de la Pologne, par exemple, est bien plus favorable que celle des gouvernements de Perm, d’Orenbourg et d’autres encore moins orientaux. M. Müller1 voudrait diviser cette région en deux, celle de l’industrie au nord, celle de l’agriculture au sud , et cette division est inscrite sur la carte récente de M. Pelermann. On a vu plus haut d’autres distinctions fort ingénieuses, tirées par M. Blasius* de la nature du sol et de la végétation.

Quoi qu’il en soit, dans cette région , à laquelle, indépendamment des gouvernements nommés tout à l’heure, appartiennent ceux de Saint-Pétersbourg et de Novgorod-, et

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