‹ L'empire des Tsars au point actuel de la science J. H. Schnitzler Le territoire, tableau naturelChapitre 322 sur 359 · En russe balki, ravins. Dalka est le singulier · texte numérisé non relu

En russe balki, ravins. Dalka est le singulier

de la houille , du fer et des minerais de plomb. Les autres parties se prêtent plus ou moins à l’économie rurale; mais le long des fleuves il y a des bandes de terre où la vigne peut prospérer. Le gouvernement d’Astrakhan est composé en grande partie d’un sol sablonneux qui ne comporte que de maigres pâturages. La vigne, qui y est traitée à la manière asiatique, au moyen d’un arrosement artificiel, ne sert pas à la préparation du vin*. Le nord de la Caucasie est généralement sablonneux , avec des espaces et des ruisseaux où le sel est mêlé ; les nomades qui l’occupent se livrent avec avantage à l’élève des bestiaux. Le sud, en plusieurs endroits, surtout le long des fleuves, est propice à l’agriculture, notamment au froment, sur des étendues jusqu’alors vierges de tout labour. Le côté de l’ouest présente à cet égard plus d’avantages que le côté de l’est. Aux environs de Kizliar on produit du vin , mais qui ne sert que dans les distilleries d’eau-de-vie. Nul doute que la vigne ne puisse être propagée encore ailleurs. Le Pays des Kosaks de la mer Noire est en partie déprimé, en partie il ressemble à la Caucasie occidentale.

«La population est en général départie à cette zone avec parcimonie : les débuts de l’économie rurale ne remontent pas au delà de ces derniers temps. Une notable portion des habitants sont des Asiatiques, et les nomades occupent parmi eux une très-grande place. Les autres campagnards sont des Russes, des Moldaves, des Grecs et des colons allemands, parmi lesquels les m.ennonites excellent comme cultivateurs. Dans un tel état de choses, on peut espérer que des branches essentielles de la culture des champs et des jardins fleuriront successivement. La source la plus notable du revenu est l’élève des bestiaux. On entretient surtout les

i. Les beaux raisins d'Astrakhan font l'ornement des desserts sur les tables des riches dans tout l'empire.

NATURE ET PRODUCTIONS DU SOL

grands et excellents troupeaux de mérinos, dont le nombre, avec le temps, s’augmentera à l’infini. Il est permis de se livrer à l’espérance qu’à l’avenir de grandes quantités de ces animaux seront élevés même en Sibérie, etc., etc.»

Puisque la Crimée fait partie de cette région et que l’illustre auteur, en en parlant, a usé de la môme brièveté avec laquelle il s’exprime sur les autres provinces, nous reproduirons le passage du Tableau de Pallas où il décrit la végétation du littoral du sud de la presqu’île. «Là, dit-il, le laurier toujours verdoyant s’associe à l’olivier, au figuier, au rnicrocoulier, au grenadier, au cellis, restes peut-être de la culture grecque; le frêne mannifère, le térébenthinier, le sumac, le baguenaudier , le ciste à feuilles de sauge, Yémérus et le fraisier arbousier de l’Asie-Mineure croissent partout en plein vent. Le dernier surtout occupe les rochers maritimes les plus escarpés et fait, pendant l’hiver, leur plus bel ornement, par son beau feuillage toujours vert et l’écorce rouge de ses gros troncs. Dans ces vallées , le noyer et tous les arbres fruitiers sont les plus communs de la forêt, ou plutôt la forêt n’est qu’un jardin fruitier abandonné à lui-même. On y voit les câpriers spontanément disséminés sur les bords de la mer. Les vignes domestiques et sauvages s’élèvent à l’envi sur les plus hauts arbres, retombent, se relèvent encore, et forment avec la viorne fleurie des guirlandes et des berceaux, sans aucun emploi de l’art'.»

7° Région de l’olivier , de la soie et de la canne à sucre. — Du 42e degré, elle s’avance vers le sud jusque sous la latitude de 38° 20', et se compose de la plus grande partie de ce qu’on appelle la Transcaucasie. L’Arménie, dont la Bible nous a fait connaître les vignobles et qui depuis est regardée

1. Voir aussi Dubois, t. VI, p. 48 ; Koch, Die Krim tmd Orletsa , p. 40, 145, 183-200, et un bon petit ouvrage d'une dame anglaise, traduit en allemand par M. Busch sous ce titre : Die Krim, Keuu Jalire auf der Tauntchen H albin sel , 1855, in-12, p. 8.

comme la patrie de la vigne, en est une. 'dépendance. Du reste, nous en avons déjà décrit (p. 217) la végétation en général; mais pour compléter ce qui a été rapporté à ce sujet, nous traduirons encore quelques développements du mémoire du comte Cancrine. «A raison de l’état montagneux du pays, dit-il, le climat de la Transcaucasie est très-varié, comme nous rapprennent les différentes productions. Dans les vallées croissent les plantes des contrées chaudes , tandis que, sur les hauteurs, on sème le blé et fait paître les bestiaux. Le sol lui-même est d’une grande inégalité, et dans sa partie orientale se trouvent de vastes steppes. En traits généraux, on peut faire, en ce qui concerne les parties orientales, les divisions suivantes. Dans les régions élevées où, au-dessous de la ligne de la neige éternelle et de celle, un peu plus basse, des pentes âpres et stériles, commence la végétation, il ne se trouve que des pâturages; puis viennent les champs, qui produisent du froment et d’autres céréales. Dans les vallées d’une chaleur tempérée, le raisin mûrit, à côté de plusieurs autres fruits de nature délicate : là vient le mûrier , qu’on retrouve aussi ailleurs dans les parties tempérées. Dans des vallées plus chaiîdes, surtout vers les frontières de la Perse, on a le coton, le riz et plusieurs espèces de fruits du sud. Certains espaces réclament une irrigation naturelle, à laquelle les Asiatiques s’entendent à merveille. L’olivier se rencontre plutôt dans la partie occidentale (Gouria, Mingrélie, Imércth), en des lieux propices pour les arbres en général et en particulier pour celui-là. La canne à sucre, plante coloniale d’une si notable importance, se trouvait ici anciennement; on la cultive de nouveau, il est vrai, dans les districts bas, chauds et fertiles à l'embouchure du Kour, mais il n’est guère à espérer que cet objet de l’économie rurale agrandisse beaucoup le domaine où il est renfermé. . .

NATURE ET PRODUCTIONS DU SOU

«... Dans la Transcaucasie, les montagnes sont peu couvertes de forêts, circonstance qui toutefois, selon toute vraisemblance, doit être attribuée plutôt à des influences locales qu’à une cause générale. Cette contrée possède, en revanche, différentes productions d’un grand prix venant sans culture , savoir : une espèce excellente de cochenille, l’assa fodida, la garance, le safran, etc., dont on saura tirer un grand parti dans la suite.

«Mais la production la plus importante du pays transcaucasien est sans contredit la soie, qui se trouve ici dans sa patrie. . . . Après la soie, la branche la plus lucrative de l’industrie rurale parait être la culture de l’olivier. Une autre plante oléagineuse, le sésame ( sesamtun orientale), que Ton produit avec succès et en grande quantité en Égypte et dans les alentours de Constantinople, mérite encore une mention particulière. Sa semence, sous le pressoir, donne une huile de bon goût qui ne le cède point aux meilleures qualités d’huile de Provence. Il y a aussi avantage à cultiver le coton, mais il n’est pas à espérer ([tic cet article gagne un champ plus vaste. On en dira autant du riz. L’un et l’autre exercent une mauvaise influence sur le climat*. Avec le temps, on pourrait peut-être aussi tirer un bon parti de la culture de Y indigo, etc., etc.»

Des essais de plantation d’indigo et de canne à sucre ont été faits surtout dans le khanat de Talysch’, aux environs de Lenkoràn, sa capitale. Dans ce khanat, les plantes tropicales sont déjà en grand nombre. On est toujours en Itussie; mais, comme il a été dit plus haut, on se trouve néanmoins sous

1. [Iriiie verschlimmem das Klima. (?) Voir cependant là-dc-sus, Eirhwald , [trier , t. I, p. 442-443.

2. Dubois, Voyage autour du Caucase, t. IV, p. 97. On peut voir en cet endroit la liste des végétaux de Ta!\-ch , d'api és M. Meyer. — On assure qu'en 1834 on a récolté dans ce kbauat environ 2,UÜ0 ponds (32,760 kilogr.) de sucre de canne.

la latitude de Messine et de Smyrnc. Pas d’orangers, pas de palmiers, guère plus que sur les cotes de la Tauride, dit M. de Humboldt1; mais des grenadiers, des figuiers, le buis, la vigne sauvage, le chêne à feuilles de châtaignier, le gleditchia Catien, V acacia Jutibrissin, etc. L’arbre de fer ou témir-agatch, l’érable faux-platane, leplauèro, le noyer, etc., y sont assez communs.

Dans ce qui précède, nous avons successivement passé en revue, avec les diverses essences d’arbres, toutes les productions végétales qui entrent avec avantage dans le commerce. Nous ne voyons guère à y ajouter, outre le houblon, que le melon et l’arbouse ou melon d’eau, d’un si grand usage dans l’alimentation du peuple , pendant l’été. Quant à celles qui n’ont point de valeur vénale, il nous serait impossible de les énumérer ici; parmi les plus importantes d’entre elles figurent les lichens, sans lesquels l’entretien des rennes serait impossible. Notons en outre que le saxifraga crassi folia, qui croit dans les montagnes aux environs de Kolyvân, donne le thé tchaghir, qui remplacerait sans désavantage, dit-on, celui qu’on importe en si grande quantité de la Chine'; et que plusieurs plantes des steppes fournissent une soude o 1 potasse dont on pourrait se servir utilement à toutes sortes d’usages.

Revenons maintenant, pour quelques moments, sur les hranches les plus notables de toute cette production végétale, afin de nous rendre compte, mais d’une manière générale seulement , de l’importance de chacune. La discussion de ces faits et leur développement sont réservés pour la partie où nous nous occuperons de la création de la richesse.

Les céréales figurent en tête de la liste. Aujourd’hui, d’après des données officielles, on en sème annuellement dans l’empire proprement dit (sans la Finlande et le royaume de Po-

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