Korh, Pie Krim und Odesua, p
NATURE ET PRODUCTIONS DU SOL
voyageur1, il y en avait d’une taille gigantesque. Quelques khans ou principaux riches en possèdent jusqu’à 300. Le nombre total peut s’élever à 30 ou 40,000 tètes.
Dans la race canine, il faut remarquer surtout le chien sibérien, si utile comme bote de trait et même comme bête de somme. Il a extérieurement quelque rapport avec le loup, son congénère : le museau allongé, les oreilles pointues et dressées, la queue touffue et longue; les uns ont les poils lisses, les autres crépus. Ils sont tantôt noirs ou fauves, tantôt blanchâtres et tachetés. Dociles, laborieux et sobres, ces animaux, dont M. le baron de Wrangel* nous a décrit les mœurs, sont d’un prix inestimable pour les contrées, déshéritées d’ailleurs, auxquelles la nature a fait ce don.
Les bêtes à cornes sont de deux races bien distinctes : le bœuf ordinaire est petit, maigre et osseux, mais celui d’Ouk raine, de Podolie et de Volynie est beau et d’une grandeur peu commune. On prise aussi les bêtes bovines du gouvernement d’Arkhangel , de couleur grisâtre et à long poil. Cette race provient, dit-on, des bêtes à cornes que Pierrele-Grand a fait venir de Hollande. Les veaux de Khohnogori ont une chair très-délicate. On évalue le total de l’espèce, Pologne et Finlande comprises, à 25 millions de tètes’.
A l’espèce ordinaire, il faut ajouter le buffle , par exemple celui de Talysch* et celui du gouvernement de Tauride, réduit à l’état de domesticité, et le bison ou urus. On fait
l. T. Il, p. 3t.
3. Iteise, t. I, p. 313-215; t. II, p. 262-267; et Krinan, Hase, I. Il, passim , avec une planche.
3. Le total , pour la France, reste au-dessous de 11) millions. Autres points de comparaison, Statistique de la France, t. III, p. 355.
A. Dans la Caucasie , l’animal domestique principal est , sur le Kouban , le cheval ; sur le versant oriental de la chaîne , l'àne ; à Bakou , le chameau ; à Tillis, le mulet; sur la route d'Lrivân , le buffle ; i la frontière du sud, le bœuf. On va en voiture avec des bceufs ; on les monte , on les charge de bagages , etc.
ordinairement une distinction entre le bison de Lithuanie, en polonais zubr, et l 'aurochs du Caucase; mais c’est toujours le bos urus. On assure cependant que le bison de Lithuanie, dont la peau est deux fois plus forte que celle du bœuf ordinaire qui a d’ailleurs deux côtes de plus, n’existe plus que dans ce pays même, gouvernement de Grodno, dans la forêt de Bialovèja. On connaît le nombre de tètes d’animaux encore existants (environ 150), et l’on ne permet pas qu’il soit tiré sur eux1 2 3. L’aurochs du Caucase était encore assezcommun il y a un siècle, mais il ne se trouve plus maintenant.
Les baies à laine sont nombreuses en Russie : d’après M. Arséuief, il y aurait près de 42 millions de brebis; M. de Tengoborski fixe le total à environ 55 millions*. La race ordinaire est peu distinguée : elle ne donne qu’une laine grossière et dure, comme celle des moutons kirghises; mais on a beaucoup fait depuis trente ans pour le perfectionnement de la race, surtout dans les gouvernements de Iékatérinoslaf, Kherson, dans une partie de celui de Tauride, en Livonie et en Kourlande. En 1841, on a compté, dans 1,100 bergeries, près de 2 millions de brebis mérinos, y compris sans doute celles de race dite électorale*. Aujourd’hui ou porte déjà, peut-être non sans quelque exagération, à 7 '/, millions les brebis à laine fine. La toison des brebis tcherkesscs les place dans la même catégorie, naturellement. Les agneaux de Tauride sont connus pour la belle fourrure
1. Voir Eiclnvald, llistorische Skiae von Lilliauen , p. 211-248, et le Tableau de la Pologne, par Malte-Brun et M. L. Cliodzlto , l. t, p. 7 1-75.
2. En France, on eu compte un peu plus de 32 millions de tètes; en Autriche, environ 36 millions.
3. Nous demandons humblement pardon aux lecteurs pour les 60 millions dont il est question dans notre Statistique générale, p. 30, par une confusion que nous ne nous expliquons pas, ainsi que pour quelques auties bévues presque aussi fortes que (enferme le cliap. 1" du même ouvrage, chapitre que nous regardons maintenant comme remplacé et supprimé.
SATI RE ET PRODUCTIONS DU SOI
Cf)7
frisse qu’on cri relire : ce sont les Kalmuks surtout qui préparent les peaux des agneaux embryons. Les moutons à grosses queues des Kirghises et des Kalmuks sont , quoique d’une forme peu agréable à la vue, difformes même selon Pallas', très-utiles par la graisse qu’ils portent sous une ipieue jiesant quelquefois jusqu’à 20 kilogr. Les Nogaïs en entretiennent aussi d’innombrables troupeaux. On affirme que, parmi ces nomades, les (dus riches en ont jusqu’à 50,000 tètes. Les moutons de la Daourie sont remarquables par leur grande taille.
Aux hôtes à laine appartiennent aussi le moufflon, le musimou et Yargali. Ce dernier (capra ammon) est aussi rangé parmi les chèvres. Cependant Pallas l’appelle mouton sauvage, et dit de lui * qu’en hiver il a le poil très-long et frisé, et mêlé de beaucoup de laine; qu’en été, au contraire, son poil est court et lisse. L’argali , d’un gris cendré, est trèsrépandu en Sibérie, où il se trouve encore sur les bords de la lana et de l’Indighirka*. Il se lient, selon Pallas, dans les montagnes désertes, arides et dépourvues de bois, et sur les rochers, où il trouve beaucoup de plantes amères et âcres.
Les chèvres de toute espèce sont communes chez les peuples nomades, où la même famille en possède souvent des troupeaux de mille tètes et au delà. La chèvre tachetée des Kirghises, à poil fort long, est sans cornes et singulièrement laide de ligure. Celle de Géorgie se reconnaît par la (inesse de son poil. La kaberga ou chèvre sauvage de la Tauride, vit au milieu de la laila, dans les lieux les plus
1. Voyages, t. I, pour tes moulons kirghises, p. 625 et suiv. ; pour les moutons kalmuks, p. 522.
2. T. IV, p. 325. — Errnan, t. II, p. 351, l'appelle aussi mouton sauvage ou mouton des rochers.