‹ L'empire des Tsars au point actuel de la science J. H. Schnitzler Le territoire, tableau naturelChapitre 36 sur 359 · Voyages , t. V , p · texte numérisé non relu

Voyages , t. V , p

3. C'est steppes koumans (ou, comme nous écririons, steppes koumahes), steppes de la Koutua , qu'il fallait dire. La K mima a son embouchure dans la mer Caspienne entre le Térek et le Volga. — L’Iaik est le fleuve Oural.

pays des Kalmouks et de l’Iaïk. Ces landes ont , dans tous leurs rapports, une ressemblance parfaite entre elles. Tout cela, dis-je, ne porte-t-il pas à se faire de fortes idées sur l'ancienne extension de la mer Caspienne et sur la communication qu’elle peut avoir eue avec la mer Noire? Ces idées et ces conjectures s’accordent parfaitement avec celles de Tournefort. Ce que ce savant nous dit1 2 3 * relativement à la séparation de la mer Noire avec la Méditerranée, sans doute lors du déluge de Deucalion*, n’est pas, à beaucoup près, dépourvu de fondement ... » Pallas insiste sur la preuve tirée de la nature du sol, puis il continue, en donnant une grande extension au bassin que, selon lui, la mer Caspienne aurait jadis occupé: «11 est tout aussi évident que le haut pays situé le long de la Sarpa, entre le Don et le Volga , ainsi que les montagnes de l’Obsclitchéi-Sirt , qui s’étendent entre ce dernier fleuve et l’Iaïk , formaient anciennement les rivages de la vaste mer

Hyrcanienne Le Manytch dirige sa course à l’ouest à

travers une vaste fondrière. Il parcourt ensuite cent verstes de pays dans une plaine immense et aride qu’on dit aller jusqu’au Don et s’étendre jusque dans les steppes de la Crimée8. 11 forme, à quelque distance de sa source, .deux lacs de sel marin , à qui les Kosaques du Don donnent le nom de Sviatiyè-Oséra (lacs Saints). Le liant pays qui sépare la Sarpa et le Manytch , vers leurs sources , présente à l’ouest des angles de terrain constitués de sable, et à l’est un steppe uni qui est entrecoupé, mais seulement dans son principe , par quelques éminences qui partent du haut

1. Délation d'un voyage an Levant, t. I, p. 80, I. II, p. 03 cl sniv.

2. Ou d'un déluge, d'un cataclysme quelconque. Ici, pour nuire pari, nous n'attachons aucune importance aux noms propres.

3. Le lecteur peut voir par ces mots qu'on dit aller , qu'une connaissance

exacte des différentes .parties de la Russie ne remonte pas encore bien haut.

LES EAUX DE LA RUSSIE

pays, et par plusieurs mares d’eau stagnante. Ce steppe, qui forme plaine, se prolonge au delà du Manytch, vers une hauteur qu’il sépare du Kouman*; il va aboutir ensuite à la source de cette rivière, qui est au pied du Caucase. Ce steppe, qui est à l’est et qui prouve par de nombreuses traces que la mer Caspienne couvrait anciennement son sol, a donc, dans les contrées basses, une pleine communication avec ceux de la Crimée et les autres landes qui bordent cette mer. Ces steppes ont en général une môme conformité* et sont en plus grande partie tout aussi salins les uns que les autres. La mer Noire était de plusieurs toises plus haute qu’elle ne l’est aujourd’hui, avant son débordement dans la Méditerranée , par le canal de Constantinople. Elle recevait sans doute , dans ces temps reculés , les eaux abondantes des fleuves qui y prenaient leur décharge, après avoir parcouru des contrées qui sont encore désertes, aqueuses et garnies de forêts.

«11 s’ensuivrait donc que cette ancienne suréminence, que les steppes de la Crimée, du Kouman, du Volga, de l'Iaïk, et le plateau de la Grande-Tatarie* jusqu’au lac Aral inclusivement, ne formaient qu’une mer, qui, au moyen d’un petit canal, peu profond, dont le Manytch nous oflre encore des traces, arrosait la pointe septentrionale du Caucase , et avait deux golfes énormes , l’un dans 1a mer Caspienne et l'autre dans la mer Noire.

«C’est à celte époque que le chien de mer (phoque), les esturgeons et autres poissons de la mer Noire , le poisson d’argent fatherinaj, le tuyau de plume ( syngnathus pelai ’/icus ) et les pettinites ont pu se rendre dans la mer Cas-

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