‹ L'empire des Tsars au point actuel de la science J. H. Schnitzler Le territoire, tableau naturelChapitre 37 sur 359 · N’esl-cc pas conformation que l'on a voulu écrire · texte numérisé non relu

N’esl-cc pas conformation que l'on a voulu écrire

3. Selle dénomination est improprement employée pour indiquer ('Ultime des

TrouUunèncs. • .

pienne. Car elle est trop éloignée maintenant des autres mers , pour que ces différents êtres aient pu s’y introduire depuis. Aussitôt que la mer Noire trouva moyen de s’épancher dans la Méditerranée par la Propontide, la première baisse de ses eaux convertit la plus grande partie de ses bords bas et unis , en steppes salins. La mer Caspienne , qui ne tenait à la mer Noire que par un détroit peu profond , s’en trouva bientôt détachée, parce que les eaux de cette dernière baissèrent au-dessous du niveau que formait le lit de ce détroit. Depuis cette commotion, la mer Caspienne ne fut plus qu’un lac isolé dans les terres. Et comme elle ne recevait pas des fleuves aussi considérables , ni en aussi grand nombre que la mer Noire, qu’elle-même ne lui fournissait plus rien , l’évaporation et la retraite des eaux laissèrent encore à découvert un grand espace de terrain , le long des côtes basses. Conséquemment cette mer se trouva resserrée dans des bornes encore plus étroites. C’est sans doute dans le même temps que cessa la communication avec le lac Aral. » 1

L’opinion , si bien exprimée par Pallas , opinion qui est aussi celle de son collègue Guldenslàdt, et qui avait déjà été celle de Tournefort, n’était pas étrangère aux anciens, ainsi qu’on le sait par Strabon et par Quinte-Curce ’. Le savant Klaproth, un des géants de la science ethnographique moderne, la confirme en ces termes : t Les traces de l’ancien état des choses se manifestent à chaque pas autour de la Caspienne, et les témoignages d’écrivains orientaux dignes

1. Il faut voir encore la suite de ce passage remarquable, hase, avec celui de Tuurnefort que nous avons cite, de tout ce qui a été dit sur ce sujet intéressant par plusieurs savants non moins dignes d'attention que Pallas, Klaproth , A. de Humboldt , Ch. Hitler , etc. Ainsi Honimaire de Hell et M. Gcebel ont fait de nouvelles recherches sur celte matière. Dans \'Ane centrale, celle-ci est trèssavamment traitée, mais surtout en ce qui concerne le lac Aral (voir plus loin).

2. Slrab. , liv. XI , p. 510; Curt. , VI , 4. Voir aussi Pline, //. iV. , VI, 11.

LES EAl’X DE LA RUSSIE.

de foi , comme Aboulghazi , se lient parfaitement à ce que Mouravief et d'autres voyageurs très-modernes ont vu de leurs yeux. »

D’après M. A. de Ilumboldt, la séparation du Pont-Euxin et de la Caspienne, de même que celle de cette mer et du lac Aral, remonterait «au delà des souvenirs qu’ont pu conserver les peuples avec lesquels nous sommes entrés en contact jusqu’ici. » 1

Quoi qu'il en soit de cette discussion, à laquelle Hommaire de Hell a cherché à donner un tour nouveau, si le pays sur les confins de l’Europe et de l’Asie, au sud-est de la première, et étendu d’environ 300,000 kilom. carr., c’est-à-dire presque égal à la moitié de l’Allemagne, n’est pas, ainsi qu’on l’affirmait , comme creusé en entonnoir , il est néanmoins relativement bas et assez fortement déprimé. Le niveau de la mer Caspienne est au-dessous de celui de la mer Noire. La différence a été d’altord exagérée. Feu Parrot , dans un nivellement qu’il a exécuté en 1811 avec M. d’Engelhardt, l’a estimée à 100 mètres; mais en 1825, MM. Hoffmann et Helmersen , par un autre nivellement et d’après des observations barométriques correspondantes aux points extrêmes*, ont réduit ce chiffre à 13 toises ou 20 mètres; et depuis, Parrot, avouant avec une noble franchise des erreurs commises3, a lui-même modifié deux fois le résultat

1. Asie centrale, I. 11. ji. 146. C'est à la page 143 <|ue commence l’exposé île tout ce qui est relatif A la dépression Caspienne. — Voir sur le même sujet Eiehwald, AUe Géographie îles caspischen Meeres , p. 88- 184; Hommaire de Hell, t. III, p. 371-394.

3. Les erreurs auxquelles ils se sont laissé entraîner sur ce point, démontrent, dit llonunaire de Hell (t. III, p. 378), «que les nivellements barométriques, surtout ceux par stations, ne sauraient inspirer aucune espèce de confiance, et que pour des hauleurs aussi faibles que celles des plaines et des collines de la Russie, les données orographiques ne sauraient être acceptées qu'autant qu’elles reposent sur des opérations géodésiques faites avec le plus grand soin. »

3. Voir le Mémoire cité dans lieise i um Araiat , t. Il, p. 13-36.

de scs calculs, la seconde à l’aide des observations de son collègue, le professeur Gœbel1. 11 a fini par reconnaître que la différence de niveau était peu de chose. A la demande de M. A. de Ilumboldt, l’Académie impériale des sciences de Saint- Pétersbourg s’empara de la question. Aidée , comme toujours, du puissant appui du gouvernement impérial, elle envoya sur les lieux, en 1836, trois de ses membres, afin de déterminer , par un nivellement trigonométrique , la vraie différence. Aux efforts de ces membres, MM. Fuss’, Sabler et Savitch , d’autres savants , tels que Lcnz et Gœbel , ont associé les leurs , et dans leurs opérations , au lieu de se servir de la méthode barométrique , ils adoptèrent celle des lignes zénithales, qui leur permettait d’arriver à une appréciation beaucoup plus rigoureuse. Le célèbre astronome Struve révisa encore leurs calculs , après eux.

D’après un nivellement entrepris, en 1840, par Ilommaire de Ilell, la différence de niveau entre la mer Caspienne et la mer d’Asof serait de — l l,n,808. Ce savant ne croit d’ailleurs pas que la mer Caspienne soit bien sensiblement au-dessous de l’Océan. Avant lui , on assurait que la concavité Caspienne est, à Orenbourg, au niveau de l’Océan*, à Astrakhan de 100 mètres au-dessous, et, sur les bords septentrionaux du lac Aral , encore à 62 mètres au-dessous de

1. Nous avons déjà cité plus d'une fois son savant voyage H eise in die Steppen des südlichen liusslands , Dorpat, 1838 , 2 vol. in-4° , avec allas , et fl en sera encore quelquefois question dans la suite. Dans cet ouvrage, t. Il, p. 192, on constate une différence de niveau de 7.1 toises, un peu plus de 14 mètres entre les deux mers. Astrakhan est de 13 mètres au-dessus du niveau de la mer Caspienne. — Voir aussi sur cette question l'édition allemande du livre de MurcJiison (p. 342-343), dont il sera bientôt parlé plus expressemen.

2. George de Fuss, l'estimable secrétaire iwrpétuel de cette Académie, a été prématurément enlevé à la science, le 22 janvier 1855. Sa mort a laissé d'universels regrets.

3. D’après d'autres autorités , elle serait à 70 mètres au-dessus. Voir Ilumboldt, Asie centrale, t. Il , p. 305.

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l’Océan. Nous ne sommes pas compétent pour résoudre ces questions; quant à celle de la différence du niveau, on sait aujourd’hui qu’elle est, en effet, d’environ 25 mètres seulement (14 sagènes et demi).

La distance d’Astrakhan à la mer d’Asof est d’environ G00 verstes; celle de la mer Caspienne au lac Aral, en prenant pour point de départ le Mertvoï Koultouk, est de moins de 150 verstes; sur d’autres points, celte distance approche de 250 verstes. 1 * * * V

Mer d'Aral.

Elle fait partie de la concavité Caspienne, et, si les hypothèses des savants au sujet de la dernière sont fondées, elle aussi aurait très-anciennement formé un seul et môme bassin avec le Pont Euxin*. On a vu de quelle manière. Ce serait alors, suivant toute apparence, par le golfe de Karaboghaz, que les deux bassins intérieurs auraient été en contact entre eux. * Quant à la mer Aral » , dit Klaproth cité par M. de Humboldl*, «je pense qu’elle communiquait autrefois (au sud du plateau de l’Oust-Ourt) avec la mer Caspienne, et que ses bords étaient très-marécageux. Les Chinois qui , vers la fin du premier siècle de notre ère , ont, visité celte mer, l’appellent Si-h ai ou la Mer occidentale * : ils ne parlent jamais de deux mers, et ne font aucune différence entre la Caspienne et l’Aral. Ils disent que les bords de la mer Occidentale étaient entourés de vastes marais. Ces marais se sont desséchés et couverts peu à peu de sable : c’est de

1 - Voir encore sur la mer Caspienne et le commerce qui s’y fait , le chap. \

du livre VI du Voyage de William Cote , et Gatlo.ni , t. I , p. 130 etsuiv.

2. Voir F.irhwald, A. de llumholdt, Klaproth, et presque tous le» ouvrages cités au sujet do la dépression de la mer Caspienne.

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