‹ L'empire des Tsars au point actuel de la science J. H. Schnitzler Le territoire, tableau naturelChapitre 38 sur 359 · trie centrale , t. I| , p · texte numérisé non relu

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V D'après M. Ch. Rittcr, Pari Oanga: Géographie, t. VII, p. 751.

cette manière que je m’explique la séparation progressive des deux bassins. D’ailleurs , l’Aral ne paraît pas avoir reçu son nom' des îles nombreuses qui existent actuellement à l’embouchure de l’Oxus*, mais plutôt du pays nommé Aral ou l’Ile, pays qui sépare aujourd’hui la Caspienne du lac Aral. »

D’après le nivellement du général de Berg , ce lac est de 117 pieds anglais plus élevé que le niveau de la mer Caspienne : c’est moins de 40 mètres. D’autre part, on lui donne pour altitude absolue 4 à 5 mètres 5 ; mais sa position au-dessus du niveau de la mer Noire est de plus de H mètres.

Le lac Aral ne mériterait pas le nom de mer si son eau n’était salée (comme, au reste, l’est aussi celle de quelques autres lacs du Turkestan), et s’il n'était habité par des phoques ou veaux marins. Sa salure toutefois est bien moindre que celle de l’Océan. D’après M. Engelhardt, la superficie du lac est de 1380 milles carr. d’AU. , 75,900 kilom. carrés. Sur ces 1380 milles carr., 541 feraient partie

1. En latar, elle s'appelle Aral begnit, Mer des tics. Les Russes l'ont anciennement appelée Sin&i More ou nier Bleue.

2. Non-seulement à l'embouchure de l’Oxus ou Amou-Daria, mais tout le long de la cèle entre cette embouchure et celle de l'Iaiarte ou Syr-Daria. lin poupe connu depuis longtemps vient de recevoir ale M. Boulakof le nom d 'îles du Tsar. R n’est habité que par une espèce d'antilopes appelées saiyaks. — Voir la carte de l'Atlas de l’Asie de MM. Cb. Ritler et II. Kie|»ert, et celle de M. J. de Khauikof publiée dans le bulletin de la Société de Géographie , juillet 1851.

3. D’après M. Ch. Rilter (Géographie, t, II, p. 50), le lac Aral est de 186 pipds son s le niveau de l’océan. Mais ce chiffre, ainsi que celui relatif é la mer Caspienne , < la plus grande dépression de la terre » , est antérieur au dernier nivellement des savants russes. Voir aussi Ilumboldt, Asie centrale, t. II, p, 309. M. Khanikof, auteur d'un voyage en Boukhario, avec cartes (Saint-Détcrslioiirg , 18-13), a puisé dans l'aspect des localités la conviction qu'il ne doit pas y avoir de différence considérable entre le niveau du lac Aral et celui de la mer Caspienne. Il nie, comme iioiiunaire de Dell, que les opérations barométriques puissent , sur ce point, amener la connaissance de la vérité.

LES EAUX DE LA RUSSIE

•le la Grande-Boukharie ' et 839 de la steppe des Kirghises- Kaïssaks. Car le lac ne touche nulle part à la Russie proprement dite. M. Ungewitter* ne lui donne que 1100 milles carr. d’All. ou 00,500 kilom. carr. ; on ne parlait même autrefois que de 25,000 kilom. carrés. C’est trop peu : la mer d’Aral est le plus grand lac connu après la Caspienne ; le lac Supérieur, dans l’Amérique du Nord, ne vient après elle qu’à une longue distance.

D’après Vsévolojski, qui comprend déjà la mer d’Aral dans son Dictionnaire de l’empire de Russie’', elle serait à 500 verstes à l’est de la Caspienne; mais nous avons déjà vu que la plus, grande distance est seulement de 242 verstes , et que, sur un point, il n’y a même que 150 verstes d’intervalle. Le même auteur lui donne 809 verstes de circonférence, et l’on assure que la plus grande longueur, du sud au nord , est de 450 kilomètres.

Sans communiquer avec aucune autre mer, celle-ci, continue-t-il, « a les mêmes poissons, en aussi grand nombre et d’une aussi bonne qualité, que la mer Caspienne. Sa profondeur n’est pas encore bien connue; on sait seulement que presque partout elle a un fond de sable. Les peuples Arals qui habitent dans ses lies , naviguent sur de grands bateaux et assurent que des vaisseaux d’une certaine grandeur pourraient y naviguer facilement. » D’après des renseignements plus récents , consignés dans un de nos meilleurs recueils * , la plus grande profondeur serait de 37 fathotns anglais ou de 67m,67.

1. N’est-cc pas une erreur, et no faut-il pas dire : du Idianal do Khiva?

2. A ’euetle Erdheschreibung utul Staatenkunde , 1851, t. U, p. 220.

4. Nouvelles Annales des Voyages , juillet 1855, p. 91 et suiv. On y diurne l'analyse d'une lettre écrite par le commandant Boutakof qui, en 1818, a été rtiargé par le guuverueuent russe de faire une nouvelle exploration de celte mer.

Des grands fleuves qui débouchent dans la mer d’Aral , aucun ne concerne la Russie, si ce n’est le Syr- Daria (Iaxarle), qui est limitrophe de cet empire (en y comptant la steppe des Kirghises-Kaïssaks) et le sépare du klianat de Khiva jusqu’au point où commencent ceux de Boukhara et de Khokand1 2 3 4. Comme ce fleuve, qui passe aux environs de la ville de Taschkend, vient de la capitale Khokand, où l’on n’est pas éloigné deSamarkande, d’une part, etdeKaschgar, dans le Turkestan chinois , de l’autre , il peut servir à rapprocher les marchands russes et les nombreux émissaires du gouvernement, de la grande roule royale qui conduit de la Perse dans l’Inde.*

Les bords de la mer d’Aral ne sont pas encore exactement connus tout à l’entour. Vers l’est et le sud , ils sont plats ; vers l’ouest et le nord-ouest, ils sont élevés et abrupts. C’est que là s’élève le plateau de l’Oust-Ourt', dont les faites ont de 175 à 210 mètres de hauteur.

Elle forme plusieurs golfes: au nord-est, celui de Tchiganak ou Tchagauak (golfe Jaune) qui avance dans les terres jusqu’à la distance de près de 100 kilom., et se dessèche en été; à l’est, l’Oudjany Koultouk, qui reçoit le fleuve du même nom (Oudjany)*; à l’ouest, le golfe de Barsoul et celui de Djanha-sou , qui en est voisin.

1. Voir sur ce fleuve, Eichwald, AUe Géographie de» Ca»pi»chen Meere» , p. 182 cl suiv.

2. Cette route passe il lierai, Kandahar, Gazua, Kaboul, Peschawer et Atlok. Voir la grande Géographie de M. Ch. Hitler, t. VII, p. 93; t. VIII, p. 177 ; t. IX, p. 329 et 343.

3. Voir sur ce plateau, Eichwald, ibid. , p. 191 et suiv. , différents passages de V Asie centrale, et Géologie de la Russie, par Murchison, édition allemande, p. 346.

4. Il il 'est pas indiqué sur la carte de Ch. Hitler et Kiepert. Sur une des caries d'Eichwald , nous lisons , à la place de l'Oudjany, le nom de Kutcan ; cher M. de humholdl, c'est Kuuvan-Üéiia dont le Kliyl-Déria ne serait qu'un bras (Asie

LES EAUX DE LA RUSSIE

Le niveau de celte mer ne reste pas toujours le même. «Aujourd’hui» , dit M. de Humboldt, «le lac Aral, surtout dans son anse nord-est , diminue d’étendue d’une manière extraordinaire. La baie Sari-Tchaganak par exemple, s’étendait, il n’y a peut-être pas quatre-vingts ans, jusqu’à la colline de Sari-Boulak, éloignée du rivage actuel de douze lieues. La considération de ce dessèchement a fait supposer à quelques physiciens que l’Aral doit avoir offert une nappe d’eau bien moins considérable encore avant que la grande rivière de l’Oxusj à laquelle Burnes donne, à quinze lieues de distance au-dessous de Termed , près de Kodjousalou , 380, et près deChardjoui (auS.S.E. deBokhara), 305 toises de largeur, y débouchât en partie ou en entier»'. Cependant l’illustre savant, dans un autre passage, affirme ce qui suit : «Le dessèchement qu’éprouve d’une manière indubitable le bassin de la mer d’Aral et les changements qu’on observe dans cette longue file de lacs qui marquent la trace d’un sillon depuis l’Aksakal-Barbi jusqu’aux mares de la steppe deBaraba, ne tiennent à aucune révolution violente dans l’ordre de la nature. Ce sont tout simplement les effets d’un manque d’équilibre entre l’évaporation et le volume de l’eau qu’amènent les affluents et lesprécipitationsdel’atmosphère.» Et il fait d’ailleurs cette réserve: «J’avoue que toutes les suppositions qui excluent une liaison primitive entre l’Aral, l’Oxus1 et la Caspienne, me paraissent contraires à l’aspect des lieux , à l’analogie qu’offrent d’autres bassins hydrauliques , qui changent de forme ou se divisent , soit par un

entrait, I. Il, p. 2G2; mais voir p. 257, sur le Kizyl , l’opinion de Klapcolh). Eicbwald (.Mtr Géographie tir* Caspi*clien Altérés , p. 1 30) parle d'un Or-Daria qui viendrait du nord-ouest.

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