Asie centrale, t. I, p
LÇS EAUX DE LA RUSSIE
et en général très-agitée. Ses côtes sont peuplées par des pélicans , des cormorans et des hirondelles de mer.
Grand - Océan.
Nous n’entreprendrons pas de décrire j dans son ensemble, cette plus grande des principales divisions hydrographiques de notre globe, appelée par excellence le Grand-Océan, et qui s’étend d’un pôle à l’autre, par conséquent sur 180 degrés ou près de 20,000 kilom. de longueur; division dont la partie au nord de l’équateur, est communément appelée mer Pacifique. C’est seulement d’un coin de son immense surface, de la partie la plus septentrionale , qui touche à la fois à la Russie d’Asie et à la Russie d’Amérique , que nous avons à nous occuper ici; et néanmoins il s’agira, relativement à la seule Russie d’Asie, de plus de 8000 kilom. de côtes baignées par ces eaux , labourées de courants divers et d’une trèsforte salure.
Dans le fait , ce ne sont guère que des golfes du Grand- Océan qui baignent les terres russes. Toutefois, une partie de celles-ci , au sud des îles Aléoutiennes , est aussi située sur la mer ouverte , qui , depuis les Kouriles , s’étend jusqu’à l’archipel du Prince de Galles, dépendant de l’Amérique russe. De ce côté, cette mer prend le nom de mer de Cook. Du côté opposé, au cap Lopatka qui termine au sud le Kamtchatka, presqu’île de plus de 1200 kilom. de long, et à laquelle M. Ch. Ritter' donne une superficie de 4000 milles carr. d’All. ou 220,000 kilom. carr. , ce qui répond presque à celle de la Hongrie, à ce cap, disons-nous, commence la mer de Kamtchatka qui longe la presqu’île.
Le golfe le plus méridional du Grand-Océan , se rappor-
t. Céugrapliie, t. II, p. 22. — La Hongrie a 4,113 milles carrés d’Allemagne.
tant à la Russie, est la mer d'Okhotsk' , ainsi nommée de la ville principale qu’elle baigne et qui en forme le port le plus important1 2 3. Entourée des Kouriles russes et des Kouriles japonaises, de la côte occidentale du Kamtchatka, de la côte orientale du continent de la Russie d’Asie , et de la Mandchourie chinoise, elle n’est cependant pas une mer fermée commune aux trois puissances riveraines, mais ouverte au commerce. Sa plus grande longueur dépasse 1700 kilomètres. Outre quelques petites îles, elle renferme la trèsgrande, très-longue surtout, de Sakhaline, qu’on appelle aussi Tarrakaï et Tchoka, et qui dépend de la Chine, sauf l’extrémité méridionale appartenant au Japon.
Cette île, qui longe la Mandchourie, en est séparée par la Manche de Tatarie , détroit très-long , profond , partout navigable, ainsi appelé par La Pérouse, et que d’autres nomment mer de Mandchourie. Du sud-est , on entre dans ce détroit, où les noms de baie de Suffren , baie de Castries, etc., rappellent le souvenir de la France, par cçlui de La Pérouse qui sépare File de Sakhaline de celle d’Iéso. Il reçoit , vers son issue septentrionale voisine de l’extrémité sud-est des côtes de la Russie d’Asie, le grand fleuve Amour 5 dont nous aurons à rechercher les sources dans la Sibérie,
1 . Balbi l'appelle aussi mer de Tarrakaï, du nom que porte aussi l'ile de Sakhuline. Voir plus loin.
2. Okhotsk, sous 59° 20' de latitude nord et sous 1-11° de longitude orientale (d’après la Table de M. Struve, 160“ 53' 30" longitude de l’ile de Fer), est, comme nous l’avons dit, à 9,783 verstes de Saint-Pétersbourg, et à 9,105 de Moscou. De lé à Pctropavlofsk , sur la côte orientale du Kamtchatka, il y a encore 3,800 verstes. La route longe la mer jusqu’à Penjinsk, sur le golfe du même nom; là, elle entre dans la presqu’île de Kamtchatka, en se dirigeant tout de suite sur sa cèle orientale. Avant d’arriver à Penjinsk , elle passe à Ghijikin.sk, qu’on a décoré du nom de chef-lieu de district , et qui est à 2,820 verstes de Iakoutsk, chef-lieu de province , d’où arrive la roule que nous décrivons. Voir l’Atlas de l'empire de Russie, de 1823, carte GO c.