‹ L'empire des Tsars au point actuel de la science J. H. Schnitzler Le territoire, tableau naturelChapitre 46 sur 359 · Russie d'Asie, p · texte numérisé non relu

Russie d'Asie, p

2. On assure, dit l'amiral Wrangel (or. alieni. , I. I., p. 6), qu’aulrefois tout le pays du lias léniccï portait le nom de Piarida, nom qui, dans le dialecte saïuoïède des habitants, signifierait plaine sans bois , espèce de toundra.

3. On sait que, dans la géographie de la Russie , on appelle ainsi ces baies

marécageuses et souvent obstruées d'ilcs, que forment les embouchures des fleur es, comme le Dniepr et le Uoug, le Dniestr, etc. Par l'effet du flux et du reflux, la mer, en se retirant , laisse submergée une portion du nvage ou aboutit le cours des fleuves. l.e mot vient sans doute du grec, golfe. Ou le traduit souvent

par estuaire , mot dérivé du latin çestuare, bouillonner.

LES EAUX DE LA RUSSIE. 97

Nous laisserons de côté à l’avenir le nom russe de ce dernier, pour ne plus nous servir que du nom français qui en est la traduction fidèle, cil serait plus convenable, ditBalbi, de l’appeler cap Nord, étant l’extrémité boréale non-seulement de l’Asie continentale, mais de tout l’ancien continent.» Mais, dirons-nous, malgré notre respect pour la mémoire d’un savant très - estimable et dont nous nous honorions d’ètre l’ami, pourquoi changer ainsi successivement les noms géographiques ? Le cap Nord , dans la Laponie norvégienne, est depuis des siècles connu sous cette dénomination : il faut la lui laisser, sous peine d’introduire la confusion dans les éludes géographiques ; d’ailleurs, le nom de cap du Nord-Est n’a rien de choquant: en effet, il désigne un second cap Nord , plus oriental que le premier , et distingue suffisamment l’un de l’autre. Celui qui nous occupe atteint la latitude de 78°26', tandis que le littoral delà Sibérie suit en moyenne la direction du 70e degré de lalitude1. Le cap du Nord-Est s’approche du pôle de deux degrés de plus que le cap Nassau , qui est le cap septentrional do la Nouvelle -Terre’; il est môme plus boréal , dit M. A. de llumboldt, que 1a moitié australe du groupe d’ilcs du Spitzberg.

Autre observation relative à la nomenclature. L’illustre auteur de Y Asie centrale et du Kosmos , à l’exemple de l’amiral Wrangel , confondant en un seul les deux noms , appelle cap Nord-Est ou cap Taimura celui qui est à l’est de

1. Celte détermination est empruntée h M. de Humboldt; d'après d'autres données, le cap du Nord-Est, ou la pointe la plus septentrionale de l’Asie, est sous 78°10' de latitude nord, et sous 142° de longitude orientale de Paris. Nous ne trouvons rien h ce sujet dans la Tuble de* position s géographiques en Russie de M. Struve.

i. Voir plus haut , p. 25. ,

la baie'. Mais nous aimons mieux nous en tenir aux cartes russes que nous avons sous les yeux en grand nombre.

Ainsi, selon nous, le cap Taïmour est à l’ouest, et le cap du Nord-Est à l’est du profond enfoncement de la côte dont les deux caps marquent les extrémités , enfoncement qu’on appelle baie de Taïmour , et dans lequel se jette le fleuve du même nom , écoulement du lac Taïmour.

Toute la partie de l’Océan Glacial arctique , entre l*île de la Nouvelle-Terre, à l’ouest, et le cap du Nord-Est, à l’est, pourrait, comme Balbi l’a proposé, être appelée mer Sibérienne occidentale. Puis , au delà du cap , commencerait la ■mer Sibérienne orientale, pour aller jusqu’au détroit de Bering.

A peine entrés dans cette seconde moitié de la mer Glaciale arctique, nous y touchons à une petite baie sans nom près du cap Saint-Tbadée (Fadéia) ; puis, plus au sud à l’origine

1. Voicî cornmcnl s'exprime M. do lluinboldt : « J'appelle , avec le grand géographe liarnn de Kntsenstem, cap Taimura, la pointe que d'anciennes cartes appellent cap Nord-Est (Siévéro- Vostotchnni). C’est le cap i l'est de l'embouchure du fictive Taimura , non le cap à l’ouest , auquel des caries très-récentes donnent faussement ce nom » (alors de quel nom f tut-il appeler celui-ci'?). « Le cap Tai- « mura, dit l'amiral Wrangel (or. allein. , t. I , p. 52 et 72), est la pointe la plus « boréale du continent de l'Asie , et les relèvements ciécutés , en 1 7:16 , par le s timonnier Tçhémoksin en traîneaux (nattes) sur les glaces , paraissent si super- < ficiels, que l’on peut regarder la position du cap le plus septentrional du continent « comme assez douteuse. Le lieutenant Prontchichlchef qui fut enferré, conjointe- « ment avec sa femme , sur les rives inhospitalières de l’OIének, ne s'éleva par mer,

• au milieu des glaces, que jusqu'au 7 7° 29' de latitude, et encore cette latitude ■ n'est qu’un résultat d'estime ( lisez d’estimation ). D'ailleurs, le littoral gagne sur

• la mer dans tous ces parages du nord , comme le prouvent les bois flottants accu-

• mulés i cinquante verstes dans l'intérieur du continent! (Wrangel, t. Il, p. 256). > Voir aussi sur ces caps, Georgi, cité par Hasscl , Russie d’Asie, p. 124 et 125. Balbi confond le cap du Nord-Est avec le cap Sacré, nom dont on a, du reste, fait un trop fréquent usage. Sur la carte des pays polaires arctiques de H. Kicpert , le cap du Nord-Est est appelé cap Tshetiutkin. Peu importe le nom après tout , mais ce qui ini|H>rte beaucoup, c’est que l'on s’entende et que l'on ne crée pas de difficultés inutiles.

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