Voir K.-ll. Muller, Lter Lljrische Vulktsfamm, p
ASPECT GÉNÉRAL
bombées , arrondies , provenant du choc de l’onde qui les a poussées, comme les cailloux roulés, les unes contre les autres. Cependant, les observateurs constatent que ces masses, le plus souvent granitiques, ne sont pas toutes du même genre; qu’ elles affectent les formes les plus variées, et qu’il en est beaucoup dont les arêtes sont vives et la surface raboteuse'. On ne les trouve pas seulement en Finlande et jusque dans le voisinage de Saint-Pétersbourg , mais dans une grande partie de la llussie septentrionale, accompagnées d’énormes amas de grabeau’, qui quelquefois aussi les remplacent et attestent leur présence dans un passé éloigné. On les rencontre tantôt réunies en grandes quantités , tantôt disséminées et séparées par de longs intervalles. Elles se sont avancées sans résistance, du côté du sud, jusqu’aux hauteurs de Valdaï, que M. Murcliison en a trouvées couvertes. Le long de l’Oural, les blocs erratiques , selon ce savant , ne se montrent point , mais il en a découvert sur le Don et dans les environs de Voronègo et de Poutivl*. Leur vrai domaine est le voisinage de la Finlande : là, par -ci, par-là, la terre en est comme semée. Ils figurent tantôt des cabanes, tantôt des palais; quelques-unes se dressent en obélisques ou en pyramides. Le voyageur qui fait route de Saint -Pétersbourg à Wyborg, en rencontre déjà sur sa route une grande quantité , et comme cet aspect est inattendu pour lui , il les prend , surtout la nuit , pour autant d’habitations. Entre Wyborg et Helsingfors, ils se multiplient d’une manière étonnante. Les dimensions extraordinaires des blocs qui s’y trouvent entassés les uns sur les autres dans le
1. Prince Em. Galitsyne, Im Ffnlùwle, t. Il, p. 181; Murrliison, p. 506 et suiv.
2. Nous noos servons de ce mot pour rendre l'allemand (irur , qui désigne les amas de pierres provenant de la dissolution de masses considérables dont il ne reste plus que des pièces broyées.
3. Sur la frontière du sud des blocs erratiques, voir Blasius, Reise, etc., t. II. p. 189.
plus effroyable désordre, surpassent, dit- on, en grandeur tout ce que l’imagination peut se représenter dans ce genre.
L’explication de l’origine de ce phénomène des blocs erratiques appartient, de droit, à la géologie, science qui s’est ingéniée à la rendre la plus spécieuse possible. 1
Du nord, nous nous dirigeons vers l’ouest , et là s’offre à nos regards, de la mer Baltique à la mer Noire, la vaste plaine sarmatique, qui se partage entre la Pologne, la Lithuanie et une partie des provinces Baltiques. La Pologne , jadis un beau royaume qui, au milieu du dix-septième siècle, s’étendait encore sur un espace de 880,000 kilom. carr. , c’est-à-dire, grand comme la France et la moitié de l’Allemagne , paraît avoir Gré son nom de cet état de plaine (en slavon pôle); du moins, les Polènes, son ancienne population, s’appelaient ainsi parce qu’ils habitaient le pays plat. Bordée au nord-ouest des hauteurs de Wenden et de Dorpat en Livonie, de celles de Zabeln, de Kandau et de Talsen dans la Kourlande ’, celte plaine va en montant, du côté du sud, en approchant des monts Karpathes, et aussi du côté du sud-est, dans le bassin du Dnièpr. On y remarque des accidents de terrains notables et variés, tels que la montagne de la Sainte -Croix {G or a Swietokryska *) dans le gouvernement de Badom , à laquelle on donne 000 mètres de hauteur; celles de Sainte-Catherine, de Khelm et de Nicko, toutes faisant partie du beau rameau des Karpathes, connu sous le nom de Lysa Gora, et par lequel sont accidentés les alentours de Kielcé, Opatow et Sandomir. Mais partout ailleurs
t. Voir Murchison, p. 526 et suiv. Voir aussi les ouvrages d’Agassir , de Brelitlingk et d'autres.
2. Voir La Riurie , la Pologne et la Finlande, p. 561 et 579.
3. Nous ne changeons rien i l'orthographe polonaise, parce qu'elle est trop ancieuuemcnt connue et qu'on se sert de caractères latins pour la reudre. Il n’en est pas de même du russe, qui a son alphabet particulier et qui varie , pour l'orihographe, selon que c'est un Allemand, un Français ou un Anglais qui a d'abord fait connaître IcsmoLs ou les noms eu question. Voir notre préface.
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elle offre, indépendamment des bords élevés des fleuves, à peine quelques rides de terrain. Le plateau d’Oschmiana (gouvernement de Vilna) s’élève pourtant jusqu’à environ .‘300 mètres, ce qui est presque la hauteur du Valdaï1; celui de Kréménetz ou d’Avratyne (en Volynie) est encore plus élevé, et là se trouve une hauteur dç plus de 400 mètres (1328 pieds anglais), la plus considérable entre la mer Noire et la mer Baltique*! Le reste est une plaine immense assez basse. Pour la caractériser, nous nous aidons d’un autre ouvrage de Malte- Brun, à la fois écrivain si habile et observateur si exact : «La Lithuanie, dit-il5, la Kourlande, les Bussies Blanche et Noire, la Polésie, la Podlaquie, presque toute la Grande-Pologne, la Poméranie, et même toute la Prusse, sont couvertes d’un sable profond qui occupe . les plaines et les hauteurs voisines des eaux courantes. Mais cette bande sablonneuse est comme parsemée de petits plateaux de terre glaiseuse ou marécageuse. Un plateau de glaise se montre en Samogitie ; un autre , plus montagneux et entrecoupé de lacs , forme cette partie de la Lithuanie qui touche au sud-çst de la Puisse ducale*. Le terrain de l’intérieur de la Kourlande est fort, gras et argileux. Là même nature de terrain, la même succession de plaines, de collines , de tourbières et de lacs sans nombre , la même variation du sable à l’argile , de l’argile à la glaise , régnent aussi en Poméranie, en Brandebourg, etc.»
Sur quelques points, et particulièrement le long du Niémen, le sable prend une telle étendue, que non- seulement il étouffe toute végétation, mais qu’il entrave aussi les communications. Par-ci par- là il se dresse en collines, telles que la montagne de laÆroix aux enyirons de Vilna (qu’il ne faut pas confondre
1. Voir les altitudes, d'après Eichwald, dans Possart, t. Il, p. 919.