‹ L'empire des Tsars au point actuel de la science J. H. Schnitzler Le territoire, tableau naturelChapitre 67 sur 359 · Qirrayaii'ii (espère de cornouilles?) nnd Zwergkirschen · texte numérisé non relu

Qirrayaii'ii (espère de cornouilles?) nnd Zwergkirschen

continue ainsi1 : «La région européenne du sud, la steppe, se distingue tout particulièrement par un caractère asiatique. Si l’on était disposé à prendre la Dvina pour frontière , sous le rapport de l’histoire naturelle, entre l’Europe et l’Asie, du côté du nord , il faudrait , au sud , compter comme appartenant à l'Asie, toute la steppe non cultivée jusqu’à la côte septentrionale de la mer Noire et jusqu’au delà de l'embouchure du Dniepr, dans la direction de l’ouest. Par l’ensemble de son caractère naturel , cette steppe est un élément étranger et presque hostile à tout le reste de l’Europe , et sa faune diffère plus de celle des pays adjacents que la faune des provinces oùraliques et du nord - ouest de la Sibérie ne diffère de celle de l’Europe septentrionale.»

Maintenant, qu’est -ce au fait que la steppe? mérite- 1- elle la qualification de désert, et en quoi diffère- 1 -elle de nos landes ou des landes du nord de l’Allemagne ?

Qu’elle ne puisse pas s’appeler un désert , cela résulte avec évidence de ce que M. de Brinken lui donne une population totale, en Europe, de 5,980,000 habitants, et que, suivant lui, la steppe de Poltava renferme jusqu’à 1520 habitants par mille carr. d’All., tandis que celle d’Orenbourg ne nourrit pas la douzième partie de celte proportion, mais, enfin, encore 37 habitants par mille carré.

En effet, loin d’être stériles, certaines parties de la steppe sont d’une extrême fertilité : le sable mouvant y est recouvert d’un gras terreau noir ; mais ce terreau est ou trop meuble ou trop peu épais pour que les grands végétaux ligneux puissent y prendre racine, et le sous-sol est imperméable. Dans d’autres parties, le sol, saturé de substances salines ou durci par une sécheresse continuelle, refuseaux plantes la nourriture dont elles ont besoin. Le caractère

t T. il , p. 3 1 fi.

ASPECT GÉNÉRAL

général de la steppe est le manque d’arbres , et, par conséquent, de bois. La végétation, toute herbacée, y est sans abris ; le reboisement semble impossible. Les mauvaises herbes y pullulent ; mais les bonnes , en revanche , forment d’excellents pâturages, et, couverte, sur dévastés étendues, de graminées touffues qui atteignent à la hauteur de cinq ou six pieds , la steppe ressemble à un immense champ de blé mouvant ou à une mer agitée par le roulis des vagues. Rien n’v survit à l’hiver : cette saison venue , tout a disparu sous un vaste linceuil de neige auquel rien ne se dérobe.

Le premier aspect de hauteurs comme celles des Alpes , dit le savant voyayeur allemand déjà souvent cité ', peut seul causer à l’homme cette impression de surprise que produit sur lui la steppe. Mais les deux effets sont d’une nature tout opposée. Tandis que la forme variée des sommets des montagnes couronnées de glace et la surface mobile de la mer exaltent et occupent à l’infini l’imagination , la première vue de la steppe agit sur nous d’une manière qui paralyse et pétrifie. L'n seul regard peut embrasser toute la plénitude ou plutôt toute l’indigence de cette vue, et involontairement on se hâte de la détourner de la continuelle répétition du même aspect, pour animer par un changement quelconque la raide monotonie de ce qu’on a sous les yeux.

«Toutefois, ajoute M. Blasius, plus l’œil se sera habitué à cette raide monotonie , plus l’esprit se détourne de celte indigence extérieure , plus aussi il sera frappé , sans le vouloir et rapidement , de toute modification qui se présente à la vue. Il ne se montre pas de tertre dans le lointain, il ne passe pas d’oiseau à tir d’aile, qu’ils n’attirent le regard avec une attention irrésistible. Avec l’uniformité s’accroît le besoin du chan-

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