‹ L'empire des Tsars au point actuel de la science J. H. Schnitzler Le territoire, tableau naturelChapitre 96 sur 359 · Édition de M. G. Lconhard, p · texte numérisé non relu

Édition de M. G. Lconhard, p

aspect général; orographie. 189

considérable, car le voyageur a déjà atteint une hauteur notable avant d’avoir touché seulement à la chaîne. Ceux qui ne la franchissent que par la route de Catherinebourg, et avec la hâte habituelle des voyageurs russes, pourraient, à quelques égards, avoir des doutes sur l’existence de véritables montagnes, car la chaussée passe le point de partage des eaux là où il est le plus bas, et où les contours, fort arrondis , ne sont pas très-sensibles à la vue. On peut dire la même chose de la crête centrale entre Rlagodat et Zérébriansk, ainsi que du passage de Kalchkanar sous le parallèle de Verkhotourié * que nous avons franchi ; seulement des masses de rochers hardies et pointues leur prêtent parci par-là quelque variété. Mais il faut dire que certaines localités du côté sibérien donneraient sans doute au lecteur de tout autres idées de la chaîne1 2. Quand on vient du côté de l’Europe, on s’approche insensiblement des ondulations de la partie moyenne, tandis que, sur le bas plateau sibérien , on peut voir fréquemment des murs perpendiculaires à pic et dentelés qui s’élèvent au milieu des forêts.»

Cependant, que l’on ne croie pas que l’Oural manque de sommets élevés: la plupart se trouvent dans la chaîne centrale ou vers le nord. Le plus haut de tous parait être le Kontchakofskoï-Kamen , auquel M. de Humboldt donne 750 à 800 toises, M. Murchison et M. G. Rose 844, et M. dcHelmersen 880 : disons, eu nombre rond, qu’il a 1,700 mètres. C’est plus haut que la Selmeekoppe des Sudètes. Les habitants çirconvoisins regardent le Dcnischkine - Kamen, qui n’est pas loin du Konlcbakofskoï, comme étant encore plus élevé, ce que nous n’oserions cependant pas affirmer. Après eux,

1 . Plus au nord. Le passage de Kalchkanar est trés-pittoresque. D'autres passages sont plus au sud, voir Murchison, p. 366; Humboldt, Asie centrait , t. t . p. 447; Millier, t. 1, p. 143.

2. Sur tes différence^ entre les deux côtés , voir aussi Erman, t. I, p. 439.

paraît venir le Pavdinskoî-Kamcn, à qui M. de Helmersen n’assigne pourtant que 452 toises ou environ 900 mètres * , et ensuite peut-être le Katchkanar qui serait à peu près de la même hauteur. Tous les trois sont à l’est de la crête principale, à peu de distance de Verkholourié. Le Taganaï , l’iremel, le Iaman-taou, au contraire, sont à l’ouest de celte crête, plus vers le sud; mais ils ne sont pas moins élevés*. La Bolchaïa Gora (Grande Montagne), qui a environ 760 mètres, est encore dans la partie nord, au sud-est de Bilimbaïefsk. On peut citer encore le Sougomak’, le Soukhoï- Kamen (Pierre sèche), le Kosvinskoï-Kamen, etc.

Aucune de ces montagnes n’atteint la limite des neiges perpétuelles*. «Tous ces sommets, dit M. de Humboldt, malgré leur hauteur considérable, restent dépourvus de neige en été. Nous les vîmes vers la fin de juin , et aucune trace de neige ne paraissait au loin. a M. Murchison remarque, de son côté, qu’il n’y a pas de glacier dans l’Oural.

A plusieurs reprises nous avons parlé d’une crête principale, qui est l’Oural -taou proprement dit, formant le partage des eaux entre l’Europe et l’Asie, entre le bassin du Volga

1 . C'est donc par cireur que M. Muller { Per Vgrische VoUittlainm , t. I, p. 79 ) parle de 6,400 pieds de Paris au-dessus du niveau de la mer. Nous avons reproduit ce chiffre dans l'ouvrage La Russie, la Pologne et la Finlande, p. G50.

2. D'après MM. Hoffmann et de Helmersen, l’iremel aurait 4,500 pieds de hauteur, et le Taganal 3,340. M. G. Rose et scs compagnons ont fait l'ascension de ce dernier. Voir Lteise , etc. , t. Il, p. 108 et suiv.

3. Sur le Sougomak, près des usines de Kischtym, voir Pallas, l. II, p. 172.

4. En France, cette limite est .1 la hauteur de 2,550 nielles au-dessus du niveau de la mer; niais cela varie selon la latitude et la longitude. Nous avons vu plus haut (p. 174) qu'en Norvège elle est déjà J 1,000 mètres. Au Caucase, elle est de 500 à 600 mètres plus élevée qu'ailleurs par la même latitude : sur l'Elbrouz, la limite des neiges commence seulement à la hauteur de 3,300 mètres. Voir sur cette matière, Malle-Hrun, Précis, lreédit.,p. 49; Humboldt. Fragments de géologie et de climatologie asiatique* . t. II, p. 367; et Ch. Rltter, Géographie t. X, p. 500. Voir encore plus loin, p. 210, 211 et 215.

ASPECT GÉNÉRAL ; OROGRAPFIIE.

cl celui de l’Irtysch, ou plutôt de l’Obi. Là où la chaîne est trifurquée, cette crête, qui ne renferme pas les plus hautes sommités et ne forme pas la ligne de faîtes, se trouve au milieu. MM. de llumboldt et Murchison en parlent et en affirment la continuité1. Le dernier assure* qu’à Klénofsk on en a sous les yeux le curieux panorama. Le premier nous dit à ce même sujet* : «Ayant eu occasion de voir l’Oural depuis Orsk et Gouberlinsk jusqu’aux riches mines de Bogoslofsk*, je puis dire que c’est dans ce dernier endroit seulement que l’on jouit de l’aspect imposant de montagnes alpines.}

Prenant ce même auteur, ainsi que M. Gustave Rose et M. F.-H. Müller, pour guide, nous envisagerons maintenant séparément les différentes parties de la chaîne*.

Quand on la divise simplement en Oural septentrional et Oural méridional, comme fait M. Murchison, on prend pour limite le parallèle sous lequel se trouvent aussi les confins des gouvernements de Perm et d’Orenbourg , savoir à peu près le 56°. «Au sud de cette limite, dit le géologue britannique*, la végétation devient plus riche; entre de puissantes élévations, de belles rivières murmurent dans des vallées transversales ; les hauteurs prennent manifestement

1. Le premier, t. I, p. -135, 440 et 470; le second, p. 363. M. Millier s’en occupe, t. I, p. lis.

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