L'ÉMANCIPATION : LE RACHAT DES TERRES
gcincnts; dans ce cas seulement, le paysan ne pouvait compter sur l'assistance de l'État'.
Les avances faites par le gouvernement aux afTranchis lui doivent élie remboursées en quarante-neuf années à raison de 6 pour 100, inlérôt et amortissement compris. Les anticipations sont autorisées; mais naturellement elles sont peu fréquentes. C'est ainsi en 49 années, autrement dit en un demi-siècle, qu'avec l'aide du gouvernement le paysan pourra élre délinilivement libéré, et l'immense opération déHnitivement close '. C'est ainsi, dans le courâ du vingtième siècle seulement, que le paysan, afTranchi des redevances temporaires envers son ancien seigneur ou envers l'État, sera devenu libre propriétaire du champ qui lui a été concédé et pourra sentir tous les bienfaits de l'émancipation.
L'alTrancUissement des serfs, grâce au rachat des terres, aboutit ainsi à une vaste opération de crédit qui, entreprise au lendemain de la guerre de Crimée, ne manquait pas de hardiesse. Le gouvernement russe ne pouvait verser en espèces aux propriétaires le montant de la dette qu'il se chargeait d'acquitter vis à-vis d'eux, au nom du paysan. On créa, pour ces besoins, deux espèces de titres de rente garantis par l'tllat.les uns rapportant 5 pour 100, négociables à la Bourse, les autres rapportant 5 1/2 pour 100, nominatifs, assujettis, pour prévenir l'encombrement du marché, à de dil'lkiles formalités de transfert, et successivement convertis par tirage en obligations au porteur, amortissables dans le délai de trente-sept ans\ Je ne puis entrer