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LA FAMILLE : PARTAGES ET SORTIES

proprement dits, efTeclués entre tous les ayants droit, cl la sortie d'un des membres de la famille. Il y a sortie, départ [oikhod] et non partage [razdel), lorscju'un des membres de la famille, un fils, par exemple, abandonne la maison du vivant de son père pour aller vivre ailleurs à son propre compte. Dans ce cas, le père est libre de ne rien lui donner, de le laisser partir « avec la croix seule » (s odnim krestom), comme dit le peuple. Si la sortie d'un des fils mariés a lieu du consentement du père, le lilsau contraire reçoit une porlion de rbérilagc ou de l'avoir paternel; mais c'est le père, eu qualité de chef de famille, qui déter< mine l'importance de cette part '. 11 y a même sortie et non partage^ dans une famille gouvernée par le frère aîné, lorsqu'un des cadets non mariés veut s'établir au dehors. S'agit-il au contraire d'un frère marié, c'est-à-dire d'un homme en possession de ses droits, suivant les notions populaires, il y a nécessairement partage. Les partages proprement dits n'ont ainsi lieu que dans les maisons privées de leur chef naturel et composées de plusieurs ménages collatéraux, là où il y a plusieurs ayants droit à l'avoir delà famille, plusieurs copropriétaires possédant des titres égaux au bien commun, par exemple, des frères mariés et ayant perdu leur père. Dans ce cas, les biens, meubles ou immeubles, sont divisés en parts égales que souvent on tire au sort, tout comme dans le mir les lots de terres communales. Les petits-fils mariés ont d'ordinaire droit au partage si leur père est mort, car le droit des enfants ne peut habituellement s'exercer qu'après la mort du père.

On voit quel rôle prédominant de pareilles coutumes accordent au père et à l'autorité paternelle, et aussi quelle est, dans ces mœurs rurales, l'importance du mariage qui tient lieu de majorité. Dans la famille, le

1 . Dans la langue populaire, parmi les paysans de Samara au moins, cela, suivant .M. Malvéief, s'appelle vijdi'l ou otd'-Ly sciou que ie lils sorlaat rccoil ou non une part entière de l'avoir de la raiuillc.

mariage est en quelque sorte la première condition du droit de succession ou mieux du droit de propriété ; dans la commune, nous verrons bientôt de même que le mariage est d'ordinaire la première condition de la jouissance des terres communales. La raison de cette singulière coutume est que, dans la famille comme dans la commune, il n'y a d'ouvrier complet que Ihomme marié, celui qui avec ses bras offre à la communauté les bras de sa femme.

A certains égards, on pourrait dire que dans la famille du paysan, dans la grande famille patriarcale du moins, il n'existe pas de succession, qu'il y a seulement dissolution ou liquidation d'une société, chaque associé en pleine jouissance de ses droits ayant un titre égal à une portion de l'actif social. Si la parenté est une des conditions de l'hérédité, le sang ne donne pas seul droit à l'héritage ; il faut de plus l'association au chef de famille et le travail au profit de la communauté. Le terme de succession restet-il applicable à la vie populaire, c'est en ce sens que la mort du père donne aux fils mariés le droit de réclamer une part de l'avoir de la famille.

Il suit de là, selon la remarque de M. Malvéief, que le testament et les legs ne sont possibles que dans la famille étroite, où, au lieu de plusieurs associés ayant sur la maison un droit égal, il n'y a qu'un représentant des droils de famille. Dans ce cas, le père ou la mère, si celte dernière, étant veuve, était reconnue comme chef de maison, peuvent en mourant faire des legs. Ces legs ou testaments spirituels {doulcliovni/ia zavèc}itclianiia)f so\i formulés par écrit, soit déclarés verbalement devant témoins, sont le plus souvent admis par la commune et par les tribunaux des paysans, d'autant plus que le ponpl(> allachc une sorle de respect religieux aux dernières volonlés d'un mourant, et regarde môme comme un péché de s'y opposer*. Le nombre do

I. M. .MatVficl, /(ijiiiilii liiiji. Hmissk Gt'-oijr. Olirlilrlirsli'd : scct. t'llino{,'r., ClUS ic texte d'un de CCS kg» H()iiilucls p. 31 cl 44. M. Tcliotil)iii>ki {Troudj

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