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LA. FAMILLE : ACCROISSEMENT DES PARTAGES

bois coule relalivemenl peu de chose; tout Russe est charpentier, chaque paysan sait en quelques semaines s'élever une demeure. Aussi, depuis l'émancipation, le nombre des izbas a-t-il considérablement augmenté, en revanche elles sont fréquemment moins grandes et plus pauvres. L'accroissement des coui'S (dvor)ou des ménages isolés est évalué à 25 ou 30 pour 100 au moins'. Ce fractionnement (les familles, qui n'est qu'une conséquence indirecte de l'affranchissement, semble être une des principales causes du peu de résultats apparents de la liberté des paysans, du peu de progrès de la culture et du bien-ôlre dans nombre de provinces. Ces partages, aujourd'hui fréquents, ont deux sortes d'inconvénients, presque également graves pour l'agriculture et la prospérité du peuple. Le premier est, en séparant les parcelles, attribuées par la commune aux membres de la môme famille, d'amener un morcellement excessif du sol; le second est, en divisant à l'infini le capital d'exploitation, le bétail et le matériel agricole, de mettre les paysans hors d'état de tirer de la terre ce qu'ils pourraient lui faire rendre*. Si le mir fournit le sol, il n'avance point en effet les moyens de le mettre en valeur. De celte façon, les inconvénients, inhérents au régime de la communauté et au parlage des terres communales, sont encore aggravés par les partages de famille. Les paysans avouent eux-mômes que cette nouvelle mode de partages est d'ordinaire nuisible, mais la plupart cèdent à la mode. La décadence des mœurs patriarcales peut ainsi retarder indirectement lesprogrèsdu bien-être des paysans et môme de la production nationale. Chez ces paysans propriétaires, appauvris par des partages successifs, un grand nombre de ménages sont presque absolument dénués de bétail et

1. Dans certains gouvcrnenu-nts, ti-ls que celui de Tver, le nombre des cours ou des izbas aurait presque dout)lo en dix ans {Malerialy dlia izoutchén.ia sovrcmetiiuigo pologeniia zemlévUid^niia, etc. I" fasc, Pét., 1880).

2. On peut trouver d'intéressants calculs à ce sujet dans un livre russa imprimé à Stuttgard, Molodaïu Rossia, 1874, p. 6.i-6(j.

d'instruments de culture. Les dépositions de la grande enquête agricole sont à peu près unanimes pour déplorer co penchant des paysans à l'isolement*. Aussi a-t-on songé à porter remède à ces inconvénients en apportant des restrictions légales aux partages. La commission d'enquête demandait que les biens de la famille, et surtout son matériel agricole, ne fussent partagés avec les membres sortants que dans des conditions déterminées par la loi. Le ministère que regardent plus spécialement les affaires des paysans, le ministère des domaines, s'est plus d'une fois occupé de cette question. On a proposé, par exemple, do ne permettre les partages que s'il n'y avait point d'arriéré d'impôts, et si la séparation laissait à chaque lot de terre yne étendue suffisante pour l'exploitation. On a parlé do remettre aux parents ou au chef de famille le droit d'autoriser ou de refuser la division, au lieu de s'en rapporter comme aujourd'hui aux coutumes locales. Quel que soit l'intérêt de l'agriculture et du paysan lui-même, il est difficile d'user de telles restrictions sans attenter à la liberté rendue par l'émancipation au paysan, sans remettre l'individu sous le joug de la famille, de la commune ou de l'administration centrale*.

L Celte commission, réunie sur la proposition et sous la présidence du ministre des domaines, M. Valouief, était composée de hauts employés des ministères de l'intérieur, des domaines et des finances. Le principal objet de ses observations, dirigées à l'aide d'un vaste questionnairCj a été l'étude des clVets de la propriété collective. La commission a reçu et publié environ un millier do rapports ou dépositions édites, elle a entendu de vive voix plus de deux cents personnes, pour la plu[)art gouverneurs de province, maréchaux de la noblesse, membres des assemblées provinciales, etc. Par maliieur, au milieu de tous ces déposants, il y a fort pou de paysans ou de fonctionnaires ruraux, fort peu d'hommes participant dirrclcmenl h la propriété commune, ainsi soumise h ren(|uéte. Lu dépit di> la haute intelligence et do l'imparlialilé voulue des rapporteurs, celle absence des roprésenlanls nahuvls des communautés rurales affaiblit en partie les conclusions de la con)missiun.

2. D'après la loi do 18Sf>, les partages ne peuvent plus avoir lieu que du ronsentemenl du chef de famille, et ils doivent <^lrc approuvés par les deux tiers de» voix dos assemblées romnmnalcs. Kn outre, la réforme admiiiistralivc do 188U les a placés sou» le ronlrôlc des chefa ruraux, fi)nclionnair<s choi<*is parmi la noblesse terrilorialc.

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