‹ L'Empire des Tsars et le RussesChapitre 93 sur 283 · Condillac, Uisluii-e mudcruc, t. \ L · texte numérisé non relu

Condillac, Uisluii-e mudcruc, t. \ L

avec une mélancolie éloquente et passionnée ', ne se consolant pas d'avoir été IVuslrés des i)lus brillantes éjjocjues de la vie européenne, craignant que, laute d'avoir traversé les mêmes épreuves et d'avoir eu la même éducation, leur pairie ne puisse arriver à la même civilisation, et qu'un peuple sans passé ne soit un peuple sans avenir. D'autres plus nombreux s'en félicitent hardiment, se vantant d'être libres de loute tradition et de tout préjugé, d'ôlre dégagés de tous les liens d'un passé où, en dépit de ses révolutions, la vieille Europe reste malgré elle embarrassée '. Regardant tout legs des siècles écoulés comme une charge et une gène pour les générations présentes, ils font bon marché de l'héritage de leurs aïeux, et se réjouissent de n en avoir rien reçu qui vaille la peine d'être transmis à leurs enfants. Ils se plaisent à considérer leur pays comme un terrain libre, coainie une table rase sur laquelle la science et la raison sont maîtresses de construire de toutes pièces l'édilice de l'avenir. Ce point de vue, cher au radicalisme russe, est celui de la plupart des révolutionnaires. En cela, je dois le dire, ils ne font guère en réalité que s'approprier les vues ou imiter les exemples du pouvoir qui, depuis Pierre le Grand, a le premier enseigné à ses sujets à faire litière de 1 histoire et uu passé national. Dans un Etat qui a célébré en 1869 aon dixième centenaire, une telle opinion ne saurait être prise à la lettre. Beaucoup des Russes (jui l'émettent se scandaliseraient justement d'en êlro crus sur parole. Si un passé de mille ans n'a laissé sur le sol national (|uc des décombres inutiles

1. « Nous u'apparlenons à aucune des graiiilcs l'uinilies du peuples de l'Orient ou de l'Oecidenl ; nous u'uvoii» les iruJiUoiis ni de l'uu lu de 1 uiilre... Nous \ivunii puur ainsi oire en dcliois du leuips, el lu cullure du l'cspùue huniuine nu nous a pis loucliùs, » clc. I.eilres de Tcliuadael', 1836. l'our cen leilieii, édiles i.n Tiunçais, Tciiuaduci fui uritcielleaienl dk'laré luu. (Vu^cz Uerzeii, Idài l'cvulationituircii, cl l'^piQ, KUaralilCfUlilii UlcfalQurnylih riPi'uU. I'elvr«ii., 18o'J.)

2. Uunb »>oii Afjulo'jicd'iin fou écrite poslérieurcmcnt.Tilinadaef, rovcnanl •ur lu soud)re pe»siniisiiie de ses lullres, ï'csl lui-iiiOine en paiiio lallié à cfllU opiuiun.

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