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LA RELIGION DE LÉON TOLSTOÏ

nn nouvel apôtre de la même doctrine*. Le haut-procureur se plaint dans ses comptes rendus du prosélytisme de certains propriétaires^. Quand la vigilance du laï(|ue berger préposé à la garde des âmes russes éloignerait du bercail tous les loups déguisés en brebis, nombreuses resteraient les ouailles infectées d'une sorle de proteslanlisme inconscient. Lord Radstock ne fût pas venu édifier Tarislocralie pétersbourgeoise que révangélisme à demi mystique, à demi rationaliste, n'en eût guère élé moins fréquent chez les orthodoxes, du peuple ou du monde, qui allument une lampe au-dessus des saintes icônes'.

La parole de vie qu'appellent, des salons comme de Vizbay les affamés de justice et de vérité, est-ce à des éhangers de l'apporter à la Russie? N'est-ce pas plutôt à des fils de sa chair; et, entre tous, qui en semblait plus capable qu'un de ses grands écrivains, qu'un Dostoïevsky ou un Tolstoï, un de ces magiques évocateurs d'âmes qui ont su fondre en eux-mêmes l'homme du peuple et l'homme civilisé, et exprimer tous les troubles et les tourments de la pensée russe? La révélation attendue, Dostoïevsky et Tolstoï ont l'un et l'autre essayé de la proférer; et tous deux ont, à leur manière, annoncé le même message d'amour. La foi vive de Dostoïevsky s'est épanchée en une sorte de mysticisme apocalyptique et humanitaire d'une chaleur contagieuse, mais trop vague pour qu'on en puisse tirer un corps de doctrine. Il en est autreuient de Tolstoï.

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