LES MISSIONS RUSSES
d'Europe ou d'Asie, ont été amenés au baptême par force ou par ruse. Les conversions improvisées, par aoul ou par trihu, ne sont pas entièrement passées de mode. En voici un exemple emprunté aux rapports de M Pobédonoslsef. Celait sous Alexandre III, à la mission du Transbaïkal. Les missionnaires cherchent, d'habitude, à gagner les chefs pour entraîner les tribus païennes. Un indigène sibérien , ce le prince Gantimourof », avait enjoint aux Orotchènes habitant ses terres de se réunir au bord de la rivière Samter pour être vaccinés. Là, un missionnaire, qui accompagnait le prince, leur fit une conférence sur Tulilité de la vaccine en terminant parle conseil de purifier leurs âmes dans les eaux du baptême. Le prince Gantimourof appuya de ses paroles la double prédicalion de Tapôtre de la vaccine et de l'orthodoxie; et trente Orotchènes furent, séance tenante, vaccinés, puis ce baptisés dans les tranquilles ondes du Samter^ ». Cette manière de sauver à la fois Tâme et le corps donne à ces conversions sommaires, renouvelées de Vladimir ou de Charlemagne, quelque chose de bien moderne. Souvent on distribue des cadeaux aux nouveaux baptisés, ce qui fait que, à Tinstar des Saxons de Charlemagne, cerlains prosélytes se font baptiser plusieurs fois. Après cela, on ne saurait être surpris de voir ces soi-disant chrétiens retourner à Tislam ou au lamaïsme. Chez beaucoup règne le paganisme sous sa forme la plus grossière, le chamanisme : les chamans mêmes sont souvent baptisés.
Le clergé a compris que, pour faire des chrétiens, il ne suffisait pas de l'eau du baptême. Pour allacher à l'Église les allogènes d'Europe ou d'Asie, le Saint-Synode a, depuis 1883, autorisé dans l'office l'emploi des langues indigènes concurremment avec le slavon. La liturgie grecque est ainsi célébrée en tatar, en tchou vache, en tchérémisse, en mordve, en votiake, enbouriate, en yakoute, en toungouze,