‹ L'empire des tsars et les RussesChapitre 115 sur 255 · MUNICIPALITÉS · texte numérisé non relu

MUNICIPALITÉS

aient été ainsi restreinles, Ton ne saurait désirer que le droit de suflrage soit prémalurément étendu aux plua basses couches de la population urbaine. Ce n'est point que les villes russes recèlent un prolétariat révolutionnaire, ennemi de Tordre et de la société. En dépit de la propagande de quelques jeunes gens des deux sexes, il n'y a encore, dans le bas peuple russe, rien de redoutable de ce côté. Les défauts de la plèbe urbaine sont tout autres ; l'ignorance, le manque de cullure, l'inintelligence môme des premières conditions de la civilisation la rendent de longtemps incapable de prendre une part efQcace, ou même un vif intérêt, à l'administration municipale. Le menu peuple des villes n'a pas, comme le moujik des campagnes, l'habitude de traiter lui-môme les affaires communes. Sous ce rapport, il n'y a aucune assimilation possible entre le citadin des villes et le paysan du mir. La sphère étroite de la commune rurale permet à Tun ce que le vaste domaine de la municipalité urbaine interdit à l'autre, alors môme que tous deux ne seraient qu'un seul et même homme, ainsi qu'il arrive souvent en Russie ^

1. 11 ne faut point oublier en effet que, un bon nombre des habitants des villes russes n'étant que des paysans en résidence à la ville, beaucoup des citadins auxquels la loi municipale refuse le droit de suffrage (gardent un droit de vote, en même temps qu'un coin de terre, dans la commune rurale où le plus souvent ils ont laissé leur famille.

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