‹ L'empire des tsars et les RussesChapitre 166 sur 255 · MAGISTRATURE : RECRUTEMENT · texte numérisé non relu

MAGISTRATURE : RECRUTEMENT

aiijourd'hui une des prorossioos les plus recherchées de la jeunesse et surtout des jeunes gens de talent. Le Larreau est en Russie chose toute nouvelle, il date des lois de 1864, qui ont introduit la procédure orale. Naguère il n'existait rien de semblable à un avocat, on ne connaissait que d'ignorants chargés de pouvoir qui rédigeaient ou présentaient les mémoires des plaideurs et suivaient les procès devant les tribunaux. On les appelait siriaptchyK C'étaient, dit N. Tourguénef, d'obscurs et ignobles agents, aussi peu renommés pour leur moralité que pour leurs connaissances, parfois des aiTranchis» quelquefois môme des serfs*. Le royaume de Pologne et les trois provinces baltiques étaient seuls, dans tout l'empire» à posséder des avocats dignes de ce nom'.

Le barreau russe a été improvisé par les nouvelles institutions judiciaires. A la difTérence de la plupart des États d'Europe, le droit de plaider devant les tribunaux n'est pas encore le privilège d'une corporation d'avocats formés dans les écoles de droit. Toute personne d'une certaine moralité ou d'une certaine instruction peut être admise à plaider au civil comme au criminel. Cet arrangement était imposé par le défaut d'hommes de loi, le législateur n'étant pas maître de faire surgir soudainement tout un corps d'avocats. Ce pourrait, toutefois, n'être pas 1& une mesure transitoire. L'Élat, en effet, n'a peut-être pas les mêmes raisons d'exiger des garanties de capacité de l'avocat que du médecin. On comprend qu'à côté des avocats proprement dits, contrôlés par l'État et pour ainsi dire marqués du poinçon officiel, puissent plaider à l'occasion des hoounes n'ayant d'autre titre que la confiance de leurs

1. Siriaptehy, do Terbe slriapai, préparer à manger, faire la cuisine et, par aseimilalioD, brasser un procès.

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