COMMUNES : CONTROLE DE LEURS ACTES
En dehors du dangereux contrôle administratif, il y a celui de la société et des assemblées électives. Le gouvernement n'a pas hésité à y recourir et, si le pays n'en a pas bénéficié davanlage^ c'est peut-être autant la faute du pays que la sienne.
Jusqu'en 1874 c'étaient des hommes choisis par la noblesse locale et pris dans son sein auxquels, d'après le statut d'émancipation, était confîé le soin de contrôler la nouvelle administration des paysans. Ces magistrats, appe* lés arbitres ou mieux médiateurs de paix (mirovie posredniki)y avaient en même temps pour mission de présider à la grande liquidation du servage, de régler les diOérends des anciens serfs avec les anciens seigneurs ^ Les arbitres de paix n'ont pas également réussi dans cette double tâche. Au début, lorsqu'il s'agissait de metire à exécution la loi libératrice de 1862, l'élite de la noblesse s'était généreusement chargée de ces pénibles et délicates fonctions. Lorsque la grande bataille de l'émancipation leur sembla terminée et gagnée, lorsque les grandes questions de partage et de rachat des terres eurent généralement été réglées, les plus désintéressés ou les plus zélés de ces arbitres de paix donnèrent leur démission pour revenir à leurs anciennes occupations. Fort élevé durant les deux ou trois premières années, le niveau moral et intellectuel de ces magistrats improvisés baissa rapidement. La création des juges de paix, institués plus récemment, contribua encore à l'abaisser en rendant plus difBcile le recrutement de ces arbitres. La plupart de ceux qui restèrent ou entrèrent en place y cherchaient une position, un moyen d'existence, et cette position était trop modeste pour attirer les hommes capables. Bref, les arbitres de paix se virent peu à peu accusés par le public et par la presse d'incurie, d'illégalité, voire de vénalité, tout comme de simples tchinovniks. Assemblées provinciales et gouverneurs de pro-