CONCLUSION
ne le doit pas seulement à sa priorité, mais surtout à sa logique abstraite, à la nature spéculative de ses principes, qui lui ont donné un caractère d'universalité sans analogue dans rtiistoire, si bien que, en Russie ou ailleurs, les écoles qui aspirent à la dépasser en dérivent.
La primauté de la révolution est, du reste, un genre de pinmato trop cher et trop périlleux pour que nous le souhaitions à la Russie. Mieux vaut, pour elle, ne pas avoir d'ambitions aussi décevantes, marcher par des voies plus modestes et plus sûres, d'autant qu'en pareil cas le temps, en apparence gagné, est souvent bientôt reperdu, et la route la plus courte se trouve la plus longue.
Et maintenant, puisque nous sommes ramenés à la France et à l'Occident, je terminerai ce volume par un retour sur nous-mêmes. Si l'avenir de la Russie semble obscur, quel est le peuple de l'Europe dont l'horizon n'est pas couvert? Quel est celui qui voit, au loin, devant lui, et se croit sûr de son chemin? Nous vivons à une époque de transformation politique, religieuse, sociale, dont le dernier terme échappe aux yeux les plus perçants. Nul ne découvre encore la côte inconnue vers laquelle nous poussent les vents du large. A cet égard, Pétersbourg et Moscou appartiennent bien à l'Europe moderne. Ce n'est point la Russie seule qui traverse une crise, c'est toute notre civilisation chrétienne. Au rebours des préjugés opposés des nationaux et des étrangers, on pourrait dire qu'à regarder les choses de haut la Russie n'est ni beaucoup plus saine, ni beaucoup plus malade que la plupart des peuples du continent. A travers toutes ses difficultés, elle garde un avantage qui manque à d'autres. Dans celte marche incertaine vers un but indistinct et perdu dans le lointain, les peuples qui ont le plus de chances d'éviter les chutes semblent encore ceux qui peuvent donner carrière aux aspirations du présent sans briser avec toutes les traditions du passé. Or, il dépend de ses maîtres que la Russie soit de ce nombre
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GlAFiTRB I. — Anliqaité de la cominiine nisie. — C'est la seule instiliiUon vraiment nationale. — Le mode d'administration dérive du mode de propriété. ^ L'acte d'émancipation a aflranchi les conununés de paysans en laissant Tancien seigneur en dehors. — Commune fermée et à deux degrés : obcfUchestvo et volost. — En quoi la famille, la commune et TÉtat sont faits sur le môme type, en quoi ils différent. — La commune rurale et l'autocratie impériale 1
Chapitre il — Les fonctionnaires communaux. — La commune administrée par ses élus. ^ Gomment l'autonomie communale se concilie avee le régime autocratique. — Anciens de villages : le starost et le itarchine. — Précautions prises contre leur tyrannie. — Influence excessive du pii(»r ou greffier dans un milieu d'ordinaire illettré. — L'instruction affranchira les communes de ce nouveau joug 15
Chapitbb m. — Les assemblées de la commune et de la volo»t. ^ Dans les communautés de village, pas de conseil élu. Assemblée composée des chefii de famille. En quoi cette démocratie patriarcale diffère de nos démocraties individualistes. Qualités et défoiits de ces assemblées. Leur droit d'exclusion ou d'ostracisme. Absence de formalités et de votes réguliers. De l'habitude dans le mtr, comme dans l'ancien vetché, de prendre les résolutions à Tunanimilé. — Pouvoir du mir sur ses membres. Dépendance de l'individu dans ces communes autonomes •.•••.•.••••.. 34
GHAniBB nr. ^ Du despotisme de la commune. -> Difficultés et dangers du contrôle bureaucratique. — La réforme de Tadminislralion locale de l'empereur Alexandre III. — Paysans et noblesse territoriale. «- Les chefs de canton ruraux. — Mise en tutelle des communes. — Le êelf'novtmment du mit est-il une préparation à la liberté politique? 43