‹ L'empire des tsars et les RussesChapitre 42 sur 255 · MINISTRES : DÉFAUT D'UNITÉ GOUVERNEMENTALE · texte numérisé non relu

MINISTRES : DÉFAUT D'UNITÉ GOUVERNEMENTALE

les plus en vue^ et lui confier la mission de former un ministère en lui laissant carte blanche, sauf au tsar, si l'expérience ne semblait pas en bonne voie, à remettre bientôt le pouvoir à un autre personnage. De cette manière, me disait mon interlocuteur, le pays serait sûr d'avoir un gouvernement homogène, et Tempereur, cessant d'avoir la responsabilité de tous les actes du gouvernement, ne verrait plus retomber sur lui toutes les fautes de ses agents. Les nfiinistres resteraient face à face avec la nation, les mécontents et les révolutionnaires n'auraient plus de raison de s'en prendre au souverain. L'idée est ingénieuse, et, sur toutes les panacées proposées, elle a l'avantage de se prêter à divers systèmes de gouvernement et aux tendances les plus différentes. En réalité cependant, un tel procédé implique toujours une demi-abdication de Taulocratie, une espèce de conslitutionnalisme latent. Aussi estil douteux que le tsar s'y résigne. L'empereur Alexandre III a bien essayé de donner au gouvernement plus de cohésion ; il ne s'est pas écarté de la tradition impériale, et la Russie autocratique n'a eu ni cabinet ni premier minisire. Ce que n'a pas fait Fempercur Alexandre III, l'empereur Nicolas 11 ne semble pas plus enclin à le tenter.

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