K09ANG-SI
Limites.
Rivières.
Le Kouang-si (grand pays de Touest) est compris entre le Kouang- toung, au sud et à Test, le You-nan et le Ton-king, à Touest, et la chaîne des Nang-ling qui le sépare, au nord, du Hou-nan et du Koueï-tchéou. Plus montueuse encore que le Kouang-toung, cette province est une des moins fertiles de TEmpire. Elle est arrosée par le Si-kiang qui la coupe, dans toute sa longueur, de Touest à Test, et les nombreux affluents de ce beau fleuve quidescendent tous des Nan-ling. Le Si-kiang met toutes les villes importantes du Kouang-si en communication avec Canton qui leur envoie du sel ou des articles de luxe, et reçoit, en échange, leurs produits, ainsi que les bois de charpente coupés sur les monts Nan-ling. Cette grande chaîne atteint, au nord-ouest du Kouang-si, la hauteur des neiges éternelles. Villes principales. Kouei-lin-fou (forêt de cassiers), située sur la rivière
des Cassiers, un des affluents du Si-kiang, dans la partie la plus accidentée de la province dont elle est la capitale. Entourée de montagnes incultes, mal construite et peu commerçante, elle présente, dit-on, un aspect fort misérable.
Vourtchéou-fou : 43 lieues sud de Koueï-ling, la ville la plus peuplée et la plus riche du Kouang-si. Située à la jonctibn du Si-kiang et de la rivière des Cassiers, et près de la frontière du Kouang-toung, Vou-tchéou est Tentrepôt naturel du commerce des deux provinces.
Les montagnes du Kouang-si sont habitées par des tribus à demi -indépendantes, gouvernées par des chefs héréditaires sous la surveillance de fonctionnaires chinois. On les croit originaires du pays de Laos.
Montagnards aborigènes.
VJ
La statistique officielle les divise en 24 arrondis- ^jiements, et les régions qu'ils occupent sont indiquées^ sur i^ cartes de l'empire ; mais on ne connaît exacte* ment' ni leur population, ni leur langage, ni leurs mœurs. II ne faut pas les confondre avec les Miao-tze, indigènes dont nous avons parlé au premier chapitre de cet ouvrage^ et qui résident dans les hautes chaînes des Nang-ling, sur lès frontières communes du Kouang-si et du Koueï-lchéou.
Le Kouang-si possède des mines d'or, d'argent et de mercure. Les plus riches sont exploitées sous le contrôle du gouvernement. Il est impossible d'évaluer, d'après les documents que nous avons entre les mains, l'importance de leur produit. On cultive dans les bassins du ' Si-kiang et de ses tributaires, particulièrement vers l'est de la province, le riz et l'arbre à casse. De beaux bois de construction et d'industrie croissent sur les montagnes.
12 départements, 66 arrondissements, 7,000,000 d'habitants, administrés par un gouverneur qui réside à Koueï-lin, et qui relève du vice-roi des deux Kouang.
ProditctioM etenUiixct.
Popalation et goavenieinfnt.
Coupée en tous sens par les hautes ramifications kouei - tcheou« des Nan-ling, possédant un sol rebelle à la culture, habitée par une population, rude, pauvre et turbulente, la province du Kouét-tchéou (noble région) s'étend entre le Hou-nan, à l'est ; le Se-tchouen, au nord ; le You-nan, à l'ouest; le Kouang-si, au sud. Ses principales rivières, dont aucune d'ailleurs n'est navigable, sont : le Si-kiang^ qui prend sa source près des frontières du You-nan, et baigne le sud -ouest du Koueïtchéou, et le Vou-kiang qui le traverse du sud-ouest au nord -est avant d'entrer dans le Sé-tchouen, où il rejoint le grand fleuve. — D'autres petits tributaires du Yang-tze arrosent le nord de la province. Kou^ang-fou: capitale du Koueï-tchéoU) dans une viUes priiidpaiet
9â L'EMPIRE DU MILIEU
région très^montueuse et au centre de la province. Gomme toutes les autres préfectures du Koueï-tchéou, Kouet'juang n'est guère qu'une ville de garnisoi^ Son enceinte fortifiée mesure à peine une lieue, c'est la plu4 petite de toutes les capitales de province. Mijo tze. Au sud du Koueï-tchéou et sur les pentes septentrio-»
nales des Nan-ling, s'élèvent plusieurs postes militaires destinés à contenir Thumeur belliqueuse des MiaO'tze. Nous avons déjà parlé^ dans le précédent chapitrCt da cette race singulière qui peuple les confins montagneux du Kouang-toung, du Hou-nan, du Kouang-si et du Koueï-tchéou. On n'a pu faire que des conjectures sur ses origines. Les géographes chinois la divisent en qua« rante-trois tribus, dont les unes ont reconnu la doraination impériale, tandis que les autres sont encoro insoumises, et ils ont minutieusement recueilli toutet les observations qui ont pu être faites sur leurs langues, leurs habitudes, leur mode de culture, leurs coutumes religieuses. Toutes ces notions sont malheureusement in* vraisemblables ou au moins confuses. On sait toutefois que lesMiao-tze ont des mœurs très-bizarres et très-diverses,qu'ils guerroientsouvententreeuXjCt qu'ils attaquent rarement les habitants de la plaine, mais qu'ils repous* sçint avec une féroce énergie les tentatives envahissantea de la civilisation chinoise. Ils font un petit commerce d'échange avec le bas pays. Les Fao-jei», qui forment une des quarante-trois tribus, habitent l'arrondissement de lA-pa. Ils portent les cheveux longs, ramassés en toutfea sur le sommet de la tête, et les habitants de Canton croient fermement qu'ils ont de petites queues comme les singes. En 1832, plusieurs tribus de Miao-tze pri-* rent les armes contre les autorités provinciales et for*^ mèrent entre elles une ligue guerrière qui défia en** suite, pendant plusieurs années, tous les efforta 4i| go^v^n«m€^MQhingiSvOn croit génér«toraent U grtnde
insurrection qui dévaste, depuis 1851, les plus belles provinces de l'empire, originaire des montagnes de Kouang-si.
Mines de plomb, de cuivre, de mercure et de fer ; prodoeUons. riz, froment, tabac, bois de charpente, musc. Beaucoup de chevaux et d'animaux domestiques.
Un peu plus de 5,000,000 d'habitants^ IG départe* Population ments et 52 arrondissements. Un gouverneur provincial *' «oo^era©""»*. résidant à Kouelyang et soumis à l'autorité supérieure du vice-roi du Youn-kotm.
Le Yùu-nan (pays situé au sud des montagnes nua* tou-man. geuses) a pour limites le Sé-tchouen au nord, le Koueïtchëou et le Kouang-si à Test, le Ton-king et le pays des Laos au sud, Tempire Birman à Touest. De nombreux plateaux formés par les chaînes puissantes des Youn- Limites ling et des Nan-ling, atteignant au nord la hauteur des ^' «o»fi8"ations. neiges perpétuelles, mais s abaissant en vastes ondulatiODS vers le sud ; de grandes et belles rivières coulant presque toutes dans la direction du sud-est, traversant parfois des gorges étroites et sauvages ; quelques vallées bien unies, larges, fertiles, occupées en parties par des lacs, tel est l'aspect topographique de la province. Ses principales rivières sont : le Yang-tzekiang qui, sous le Rivières. Qom de Kin-tcha-kiangy baigne Textrémité septentrionale . iu You-nan, avant d'entrer dans le Sé-tchouen; — le Nou-kiang ou Salouen ; — le Nanting ou Meinam ; — le Lan-tsan ou Meï-kong et le Sang-koï. Toutes ces rivières prennent naissance dans les Youn-ling, non loin des frontières du Thibet, et sont navigables jusqu'à une grande distance de leur embouchure. — Le Noukiang se jette dans le golfe de Martaban ; le Meï-nam dans le golfe de Siam, après avoir traversé, du nord au sud, le royaume du même nom ; le Meï-kong dans la mer de Chine près de Saï-gong^ après avoir arrosé lei
plus fertiles provinces de l'empire annamite; le Sang-koïi qui est formé par la réunion de trois affluents, dans le golfe de Ton-king. On croit que le Meï-nam et le Meïkong communiquent entre eux par un canal naturel. Les plus grands lacs de la province sont, à Test : le Sien et le Tchin, situés tous deux un peu au sud de sa capitale ; • le premier a 30 lieues de longueur sur 8 de large, le second est un peu moins étendu; et, au nord-ouest, près de Ta-li-fou^ le Our-haiy qui a plus de 40 lieues de longueur. Ce dernier est alimenté par le Yang-tze-kiang. Plusieurs tribus de Laos nomades, soumises de nom, indépendantes défait^ habitent le sud et l'ouest du Younan. Cette province entretient avec les Birmans, parplusieurs des tributaires de ÏIrraoïiady, avec les Annamites par le Meï-nam et le Mei-kong, ou par caravanes^ des relations commerciales très-actives et trèsimportantes. Le poste fortifié de Tsan-tah, situé à Teitrémitéoccidentale du You-nan, dans Tarrondissementde Tengyouéeil^ ville birmane deBamo, sur une des branches de rirraouady, sont les principaux centres de ce commerce qui porte sur la soie et les soieries, le thé, le cuivre, les tapis, Torpiment, le mercure, le vermillon, la droguerie, le coton brut, Tivoire, la cire, les cornes de rhinocéros, les pierres précieuses, les nids d'hirondelles, les plumes de faisans. On calcule que la valeur annuelle des objets .échangés ,ne monte pas à moins de 20 millions de francs.
Ile principale. You-nan-fou^ capitale de la province, un peu au nord du lac Tchin, résidence du vice-roi du Youn-Koueï, grande ville, centre commercial important.
Cultures productives, mais peu étendues ; grandes richesses minérales mal exploitées et fort peu connues. Très-âpre vers le nord de la province, le climat du Younan se rapproche beaucoup, vers le sud, de celui des Indes anglaises. Ses forêts et ses jungles sont peuplées
Cultures productions.
d'éléphants, de rhinocéros, de tigres, de tapirs, de sangliers et d'oiseaux au brillant plumage.
Les assertions toujours un peu naïves des géographes climat et des physiciens chinois, les remarques plus sérieuses ^* ^
, - CHINBPROPl
mais un peu vagues des voyageurs européens, nous permettent de supposer quen général le climat des dixhuit provinces est plus sain que celui des autres régions du globe occupant les mêmes latitudes, que les sécheresses, les inondations, les épidémies y sont moins fréquentes, que la température y est mieux réglée et plus en équilibre, les étés "étant moins ardents et les hivers moins glacés, qu'enfin les variations atmosphériques, • excepté peut-être sur les côtes, y sont décidément plus xares et surtout moins dangereuses parce qu'elles sont noins brusques. À Péking, il fait froid, pendant Thiver, €X>inme à-Stockholm ou à Boston et chaud, pendant l'été, cx>inme à Naples ou à Washington. Le printemps est liumide et orageux, l'automne doux, calme, serein ; la ^température varie entre 40 degrés centigrades au-dessus fSe zéro et 12 au-dessous. Les épidémies sont peu communes. La température de la Plaine qui comprend les provinces orientales de l'empire, est plus égale, plus âouce^ mais certainement moins salubre. Elle engendre dans les régions basses que baignent le grand fleuve et ses tributaires, particulièrement aux environs de Nan- Itîng, des maladies de peau fort graves, des fièvres paludéennes dangereuses et tenaces qui dégénèrent facilement en typhus.
Shang-haï, bâtie sur les rives plates et fangeuses
d*une grande rivière, sous la 31® latitude et à quelques
lieues seulement de la mer, soufifre de tous les inconvé-
nients de sa position ; chaleur lourde et particulièrement
accablante en été, brume froide et pénétrante en hiver,
fièvres intermittentes, phthisies pulmonaires^ rhuma**
tismes. La température y varie entre 37^ centigrades an dessus de zéro et 4^ 5/10® au dessous. Elle change quelquefois de 11 degrés en moins de quelques heures.
À Ning-po et dans les Tchou-san, le climat est plus salubre, le froid plus vif et la chaleur moins suffocante ; les variations, moins fréquentes, sont cependant aussi brusques ; il y tombe quelquefois de la neige.
L'air que respirent les habitants d'Amoy est, pendant Tété, l'automne et l'hiver, remarquablement pur. Les chaleurs y sont un peu moins fortes qu'à Ning-po, maïs de plus longue durée. La température est moins variable. Le retour de la mousson du sud-ouest y amène, pendant la saison du printemps, de fréquentes tempêtes.
Canton, Macao et Hong-kong, situés entre les 22* et 23* parallèles, jouissent d'un climat relativement tempéré. La chaleur ne dépasse guères 32 degrés à Macao et 34 à Canton ou à Hong-kong et le thermomètre y descend quelquefois à zéro. Une mince couche de glace recouvre, pendant les froides matinées d'hiver, la surface tranquille des bassins de Canton et on y a vu tomber un peu de neige en février 1835, à la grande stupeur des habitants. Rafraîchie, à Macao, pendant Tété par les brises de mer, l'atmosphère est sensiblement plus lourde à Canton et particulièrement suffocante à Hong-kong où le pic Victoria arrête le souffle bienfai-* sant de la mousson du sud -ouest. De fréquents orages, souvent très-prolongés, rarement redoutables, des pluies quelquefois torrentielles et qui engendrent, sous Faction puissante du soleil , des exhalaisons fiévreuses, des brumes chaudes, épaisses, et si humides qu'elles font germer, en une seule nuit, une épaisse moisissure, font du printemps, au sud de la Chine, une saison malsaine, désagréable et débilitante.
Habiter des maisons vastes et bien aérées, ne jamais s'exposer directement aux rayons du soleil, éviter
GÉOGRAPHIE iOS
dtéc lô plus grand soin les refroidissements et porter sur !â peau, même pendant l'été, des Tétements de fla«nelle, user, en tout temps, d'une alimentation légère et fortifiante, telles sont les règles d*hygiène dont l'observation suffit toujours pour protéger, pendant quelques années, la constitution des Européens contre les atteintes anémiques de ce climat brûlant. Toutefois, après un séjour prolongé dans les provinces méridionales de la Chine, leur santé s'altère visiblement. Les transpirations continuelles, les nuits sans sommeil usent progressivement la vigueur âe leurs organes, une molle et fade langueur s'impose à leur énergie et la domine, leur appétit disparaît, leurs muscles s'amaigrissent, leur tRiïg s'appauvrit, et leur visage, pâle d'abord, prend identôt une teinte bilieuse. La nature les invite, par d'é- VÎdents symptômes et des avertissements sévères, à rejoindre sans retard leur pays natal.
Les provinces du Kouang-si, du Kouang-tong et du Tou-nan sont réputées les plus insalubres de l'empire et le gouvernement chinois a coutume d'y interner, de temps immémorial, une certaine classe de malfaiteurs et de condamnés politiques. Les provinces centrales, au contraire, plus éloignées dés côtes ainsi que des hautes chaînes de Touest, et moins exposées, en conséquence, aux soudaines variations de l'atmosphère, passent, aux yeut des Chinois, pour jouir d*un climat sain et magnî* ^que.
C'est pendant l'automne et le printemps que soufflent, sur les côtes de Chine, les brises périodiques des parages indiens, appelées Moussons par les navigateurs *. Leur action ne se fait guère sentir au nord de la 35® parallèle. Celle du N.-E. commence en octobre et finit en février. Elle est la plus constante et aussi la plus
Effets produits
par le climat
sur
leseonstitation européennes.
Moussons.
i. Du lùùi arabei rnouiùn (saison).
104 L'ËMPIBE DU MILIEU
égale des deux. La mousson du sud-ouest commence vers le mois d'avril et l'atmosphère ne la produit pas sans de violents efforts. Pendant le mois de mars, une sorte de trêve a lieu entre les deux rivales. La nature est calme à la surface terrestre et l'on voit dislinc« tement deux couches de nuages se mouvoir, en sens divers, dans les régions supérieures. L'uiie plus haute et aussi plus légère descend, avec rapidité, vers le sud ; l'autre plus basse et plus épaisse, s'avance vers le nord avec une majestueuse lenteur, s'attache aux flancs des montagnes, ou reste parfois immobile et menaçante. C'est le moment des orages, des brouillards, des pluies torrentielles. Quand ces grandes luttes sont apaisées , le ciel devient pur, l'air plus respirable ; la mousson du sud-ouest souffle quelques jours régulière, fraîche et légère. Fréquemment interrompue, eu été, par des calmes ou des tempêtes, elle expire, vers la fin d'octobre, pour faire place, sans efforts, à la mousson du nord est.
Comme toutes les régions tropicales, les parages méryphons. ridionaux des mers de Chine sont visités quelquefois par des ouragans que les Chinois appellent simplement ta-foun (grand vent) * et qui produisent, chaque année, de lamentables désastres. Le typhon se déchaîne en général pendant les mois les plus chauds de l'année, il dure trente-six heures au plus; les phénomènes qui le précèdent et l'accompagnent sont à peu près invariables. Deux jours avant la tempête, l'atmosphère s'assombrit, il prend une teinte blafarde sans que le soleil cesse de briller; la chaleur devient lourde et suffocante; les animaux paraissent inquiets, la mer est parfaitement unie; le temps est calme, seulement quelques bouffées d'une brise chaude et folle, venant du nord, traversent l'air i^